#44 – Mathieu Nebra : Comment trouver ce qu’on aime

 

Écouter sur Apple Podcasts/iTunes

En 2007, j’avais un groupe de musique et j’étais sûr qu’il nous fallait un site internet.

Problème : je ne savais pas faire de sites. J’avais eu mon premier PC à 14 ans et je savais faire 2 choses : aller sur MSN Messenger et ranger les albums de musique dans l’ordre. J’avais tapé « comment faire un site internet » sur Google et j’étais arrivé sur…Le Site du Zéro.

Site du Zéro V3

Le Site du Zéro en 2007

Mathieu Nebra avait créé ce site en 1999.

Il avait 13 ans. Pour apprendre à coder, il avait du se farcir des manuels écrits par les professionnels pour les professionnels, des manuels d’adultes. Le Site Du Zéro, c’était la version digeste de cet apprentissage.

J’arrivais sans à priori. Personne autour de moi ne parlait de sites internets. Ce n’était pas le délire du canton de La Rochette d’aller fouiller les codes source. Tant mieux, car mon projet de carrière le plus sérieux était alors d’arrêter les cours, d’acheter un van et de partir en tournée avec un ami. Tout ce qui se rapprochait de l’enseignement m’ennuyait et je m’étais déclaré incapable de travailler sérieusement.

Pourtant, le Site Du Zéro m’avait plu. 

C’était simple, drôle et concret. Tout le contraire du lycée. On pouvait arrêter et reprendre quand on voulait. Les profs n’avaient pas l’air de nous parler depuis une tour d’ivoire, ils étaient comme nous et se souvenaient qu’eux aussi avaient été débutants.

Après quelques jours de labeur, j’avais codé mon premier site !

C’était un site tout naze avec quelques balises HTML, trois liens dans un menu et un [background:black] des familles, mais c’était mon premier site internet. C’était aussi la première fois que je construisais un outil de mes propres mains (le classeur en PVC du cours de techno ne compte pas). J’avais bossé comme un dingue sans m’en rendre compte, apprenant des concepts bien plus complexes que les équations de chimie qui à l’époque me donnaient tant de mal.

Le site du zéro, ça marchait !

10 ans plus tard, le Site du Zéro est devenu OpenClassrooms et forme des millions d’élèves au développement, au marketing et à la gestion de projets. Et 10 ans plus tard, j’ai rencontré celui dont j’avais suivi le cours dans ma chambre.

Je me suis dit qu’il avait de la chance d’avoir trouvé si tôt une passion. Je voulais savoir comment il aide les gens à trouver ce qu’ils aiment.

Dans l’épisode précédent, Sophie Marie Larrouy conseillait de toujours écrire en pensant à quelqu’un. En entendant ça, je m’étais rendu compte que je mène souvent mes interviews avec une personne en tête. Ça m’aide à poser des questions dont je veux connaitre la réponse.

J’ai fait cette interview en pensant à une amie. 

Elle sort de la plus grande école de commerce, a fait des stages dans des entreprises prestigieuses et s’apprête à retourner en cabinet de conseil pour y débuter sa carrière.

Sauf qu’elle déteste le conseil. Mais comme elle ne sait pas ce qui l’intéresse, aller en conseil lui semble la stratégie la moins risquée.

Je ne sais pas. J’ai 25 ans, je ne connais pas grand chose à la vie et il se peut qu’elle ait raison. Mais je crois Mathieu Nebra quand il dit que « tant que tu fais un truc que t’aimes pas, tu ne peux pas découvrir ce que tu aimes ».

On se croît tous sur une piste de course.

À gauche, il y a nos potes qui prennent des jobs, qui gagnent des salaires. Quand on les voit en soirée, ils nous disent que tout va bien. C’est peut-être vrai, mais on ne sait pas. On ne peut pas juger de l’extérieur. À droite il y a notre famille qui aimerait qu’on l’angoisse le moins possible en acceptant le pack « sérénité » : un bon job, un appartement et des repas de famille.

Prendre le temps maintenant, c’est une stratégie aussi bonne qu’une autre. On n’aura jamais aussi peu d’obligations qu’entre 20 et 30 ans. On peut aller vivre dans le pays de nos rêves, lancer une boîte s’il le faut ou même lancer un podcast. Je crois que ça n’aura aucune conséquence sur la suite.

On peut aussi ne rien faire, rester assis sur le canapé et regarder le temps passer pour voir que ça ne change rien.

« Oui mais il faut bien gagner sa vie ».

Oui. Mais il existe des millions de façons différentes de la gagner. Il y a des jobs qui enferment plus que d’autres. Ceux qui demandent l’intégralité de ton temps et de ton cerveau, par exemple. Sans temps libre, comment explorer ?

Dans son livre, SML écrit que « quand on travaille, on travaille à son bonheur, et si ça doit être une souffrance, c’est qu’on s’est trompé de bonheur ».

Ce n’est pas grave de se tromper de bonheur.

On peut en changer autant qu’on veut, surtout quand on est jeune. Je ne connais rien, mais j’ai appris d’expérience que quand tu as mal au ventre en pensant à la suite,  c’est que tu te trompes de bonheur.

On a un peu être trop pris la vie comme une fiche Bristol. On essaie de cocher toutes les cases, si possible avant les autres.

Mais peut-être qu’on peut la prendre un peu plus plus comme le Site du Zéro, sans pression. On est là pour apprendre et s’amuser un maximum. Si on rate le test, on recommence et si on n’aime pas, on change.

On explore.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 Les origines de son envie d’apprendre et du site du Zéro
  • 12:00 Comment trouver ce qu’on aime
  • 29:00 Devenir l’entrepreneur de sa propre vie
  • 36:00 Rendre l’éducation accessible à tous
  • 49:00 Mathieu Nebra : son mode de vie, ses techniques de productivité et les questions de la fin

Références :

Ce sont des liens Amazon Partenaires. Ce qui veut dire que si vous achetez avec ces liens, vous soutenez Nouvelle École ❤️

Comme je suis sympa, les liens pointent vers les versions françaises des livres tant que possible.

Les outils :

Pour suivre l’invité :


J’ai aussi commencé un Tipeee, où vous pouvez me soutenir financièrement si le coeur vous en dit.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *