#45 – Lauren Bastide fait parler la Poudre

« Rien à foutre de ce qu’on pense de moi »

Je suis un peu jaloux de Lauren Bastide. Je n’en ai pas encore rien à foutre de ce qu’on pense de moi.

Quelqu’un a écrit que je suis un ado dépressif qui se lamente. Ça m’a donné envie de fumer des clopes en écoutant Radiohead.

C’est sans doute bon signe. De plus en plus de gens écoutent et quand personne ne critique, c’est que tout le monde s’en fout. Mais je persiste à croire qu’il serait plus simple que vous m’aimiez tous sans conditions.

Comme je doute que ce soit au programme, je vais m’inspirer de Lauren Bastide.

Peut-être qu’elle n’a plus le temps de faire attention à la négativité. En un an, elle a créé le studio Nouvelles Écoutes qui produit 6 émissions dont La Poudre, qu’elle anime. Nouvelles Écoutes c’est plus de 1,5 millions d’écoutes et pour des podcasts, c’est beaucoup.

Peut-être aussi que la gestion des critiques est un muscle qui se travaille. Avant de créer Nouvelles Écoutes, Lauren a passé 10 ans dans les médias. D’abord au Elle, puis au Grand Journal, l’émission que tout le monde adore détester. Je ne crois pas avoir regardé cette émission une seule fois sans dire du mal de tous ceux qui passaient à l’écran. La télé réveille mes bas instincts.

Toujours est-il qu’en 10 ans de grands médias, Lauren a du recevoir assez de négativité pour me donner envie de retourner habiter dans un village.

Mais pas elle. Ça lui a donné envie de lancer sa propre émission. Avec ses invités, ses questions et ses convictions. Et La Poudre cartonne.

J’ai lu que quoi que tu fasse, il y a toujours un tiers de gens qui aime, un tiers qui s’en fout et un tiers qui déteste. Alors comme personne ne change jamais d’avis, autant se concentrer sur ceux qui aiment.

Quant aux critiques, celles qui font mal sont celles qui touchent juste. En cela, elles sont une excellente piqure de rappel. Vouloir plaire à tout le monde est une idée stupide qui n’a aucune chance de se réaliser et te transforme en clown triste.

Faire la paix avec les côtés qu’on voudrait gommer, voilà un chantier intéressant. Ça donne l’aplomb nécessaire pour créer des choses différentes.

Et quand les critiques arrivent, tu peux leur répondre que « rien à foutre » ou que « si tu kiffes pas, t’écoutes pas ».

Ce sur quoi Lauren Bastide et Booba sont d’accord.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 03:00 Les origines de La Poudre et son désamour progressif pour les médias traditionnels.
  • 19:00 « Je servais à rien » : Pourquoi elle voulait être journaliste et pourquoi elle a déchanté.
  • 27:00 Comment elle est devenue femme. Pourquoi elle déconstruit.
  • 35:00 Comment elle travaille. Ses techniques d’interview. Comment elle a pensé La Poudre.
  • 49:00 Les questions de la fin.

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Livres cités :

Si cet épisode vous a plu, vous aimerez celui avec Charlotte Pudlowski.

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1 réponse
  1. AC
    AC dit :

    J’ai beaucoup aimé la sérénité qui se dégage de la voix de Lauren alors que ses propos abordent des sujets graves, implacablement. Et aussi ce qu’elle ébauche sur le rôle de la lecture, page à page, petit à petit joue en effet un rôle important dans la construction de la part féministe d’une personnalité…. Ca m’a donné envie de questionner ma mère pour qu’elle enrichisse ma « bébé » bibliothèque féministe. De mon coté, les livres qui ont compté : « Femmes qui courent avec les loups » – Clarissa Pinkola Estés et « Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe » de Chimamanda Ngozi Adichie

    Et, merci à toi pour la qualité de ces podcasts et le format qui tu as choisis. On se laisse porter par la conversation bienveillante sans être complaisante, un plaisir.

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