8 livres qui m’ont beaucoup aidé (et un bonus)

 “Tu lis les 50 premières pages et si tu n’aimes pas tu arrêtes.”

Mon père m’avait forcé à lire l’île aux trésors. Je n’aimais pas essayer de nouvelles choses. “Et si c’est nul ?”.

Et puis, bien sûr, je n’avais pas vu passer les pages. J’avais dévoré ce roman. Le premier d’une longue série.

Au lycée, j’avais arrêté de lire. On nous obligeait à décortiquer des bouquins poussiéreux. Allitération en t, assonance en a, quel génie ce Rimbaud et quelle maturité (comme Mbappé).

Je m’y suis remis tard. J’étais à San Francisco, je paniquais et je voulais être entrepreneur vite, devenir riche et écrire des posts Médium. Un de ces objectifs a depuis été accompli.

Il y avait un cours du YCombinator en podcast : “How to start a startup”. Premier podcast, première Binge audio depuis le Donjon de Naheulbeuk. Ils conseillaient des livres au début du cours et j’étais soucieux de bien faire alors je les avais tous achetés sur Amazon : The Facebook Effect, Never Eat Alone, The Lean Startup et Crucial Conversations si ma mémoire est bonne.

J’avais dévoré ces bouquins en 3 jours, halluciné. J’avais plus appris qu’en 3 ans d’études. Des gens brillants gardaient les 5% les plus importants de leur vie et faisaient l’effort de me les présenter de manière digeste. Chaque livre était une vie en plus d’emmagasinée. Avec un bon rythme je pourrais en vivre une bonne cinquantaine par an.

Alors je m’étais remis à lire. Deux heures par jours. Depuis 2015 j’ai du lire à peu près 150 livres et écouter une vingtaine de livre audio. Dans ces 150 bouquins beaucoup étaient médiocres. Quand un livre est nul, j’arrête après les 100 premières pages. Ca ne sert à rien de finir un livre pour dire qu’on l’a fini. Il y a tellement de bouquins. Je le pose et j’en prends un autre.

Ici, je vous donne 8 livres qui m’ont beaucoup marqué au moment de la lecture.

Ce ne sont pas nécessairement les meilleurs, l’impact d’un livre doit autant à son timing qu’à son contenu. Cette liste est subjective, non-exhaustive et non ordonnée :

1 — Never Eat Alone (Keith Ferrazzi)

“Success in any field, but especially in business is about working with people, not against them.”

Ou “Comment se faire un réseau”. Un livre sur les relations sociales. Comment en créer de nouvelles, comment les maintenir, comment les faire fructifier.

Ne pas compter les points lorsqu’on rend des services, apporter de la valeur aux gens qu’on souhaite rencontrer. Ne jamais hésiter à demander de l’aide et surtout donner, donner, donner.

Un livre pour ceux qui sont à un coup de fil d’avancer dans leur vie.

Après avoir lu ça, je ne me suis plus jamais inquiété de ma capacité à trouver du travail.

(Dans la même veine, vous pouvez ajouter “How to win friends and influence people”, la base de la base)

2 — Choose Yourself (James Altucher)

“No matter who you are, no matter what you do, no matter who your audience is: 30 percent will love it, 30 percent will hate it, and 30 percent won’t care. Stick with the people who love you and don’t spend a single second on the rest. Life will be better that way.”

Choose Yourself, c’est le livre qui m’a fait comprendre que rien ne sera jamais acquis et que c’est tant mieux.

Dans ce bouquin, il explique pourquoi tout le monde doit devenir un peu entrepreneur et se réinventer. Les carrières à vie sont terminées, les industries sont mises sens dessus-dessous et toutes les cartes sont rebattues.

On n’a plus besoin de demander l’autorisation. On peut écrire un livre dans sa chambre, l’auto-publier sur Amazon et en faire un best seller. On peut faire des vidéos sur Youtube et devenir millionnaire.

Il y décrit aussi son mode de vie, sa “daily practice” : écrire des idées tous les jours, être créatif, être sain et tout un tas de choses dont je m’étais beaucoup inspiré.

La thèse principale du livre : si vous ne choisissez pas votre vie, quelqu’un la choisira pour vous.

3 — The Power of Now (Eckhart Tolle)

“Time isn’t precious at all, because it is an illusion. What you perceive as precious is not time but the one point that is out of time: the Now. That is precious indeed. ”

J’étais en dépression et je marchais dans les rues de Paris. Je m’arrêtais pour donner de l’argent au SDF en chaise roulante à côté de l’Opéra. Il disait toujours “Ah, un généreux”. Je me sentais bien pendant 10 minutes. “C’est vrai que je suis généreux !”

Et puis, le mal de ventre revenait. Un mal-être que je ne comprenais pas. Tout allait bien dans ma vie mais je ne m’étais jamais senti aussi mal.

The Power Of Now, c’est un livre sur la fin de la souffrance. Réaliser que toutes les souffrances sont des constructions de l’esprit qu’on s’inflige. En sortir.

Ce livre m’avait fait le même effet que ma première prise de LSD. Une fenêtre s’était ouverte sur un nouveau monde et il y avait plein de manières de voir la vie.

Depuis, je le relis/réécoute tous les 6 mois histoire de décompresser. Ça me calme et puis j’oublie alors je recommence tout à zéro. Ce livre ne changera pas votre vie, mais il peut vous aider à la changer.

4 — Purple Cow (Seth Godin)

“In your career, even more than for a brand, being safe is risky. The path to lifetime job security is to be remarkable.”

Quoi de plus ennuyeux qu’une vache blanche ? Il y en a partout. Une vache violette en revanche, ce serait intéressant. Ce serait remarquable.

Purple Cow est un des livres phares de Seth Godin. La thèse : on se doit d’être remarquable. 

Pourquoi être remarquable ?

  • Parce qu’on peut.
  • Parce que l’inverse veut dire être ennuyeux.
  • Parce que prendre des risques est la stratégie la moins risquée.

Je me souviens d’avoir lu ça et de m’être dit “Je ne ferai plus jamais de choses médiocres”.

Raté, évidemment. Mais l’important est l’idée.

Les 3 dernières phrases du livre :

Safe is risky.
Design rules now.
Don’t be boring.

5 — The War Of Art (Steven Pressfield)

“If you find yourself asking yourself (and your friends), “Am I really a writer? Am I really an artist?” chances are you are. The counterfeit innovator is wildly self-confident. The real one is scared to death.”

Un livre sur la Résistance.

Pas celle qui a eu lieu dans ce pays il y a 70 ans et à laquelle tout le monde a participé. Je parle de celle que tous ceux qui rêvent d’entreprendre des projets d’envergure connaissent.

C’est un livre pour tous les écrivains qui n’écrivent pas, les peintres qui ne peignent pas, les entrepreneurs qui ne lancent jamais d’entreprise.

Autant vous dire que ça m’a parlé.

La Résistance, c’est la force qui nous empêche de devenir ce qu’on devrait être (😉). Elle prend diverses formes (alcool, drogues, sexe, nourriture, drama) et mène toujours aux mêmes résultats : procrastination et évitement.

Steven Pressfield explique comment vaincre la Résistance en passant d’amateur à pro. Je ne vous spoile pas, c’est court, fort et radical.

Tous les livres devraient être radicaux. Mais c’est un autre sujet.

6 — On Writing Well (William Zinsser)

“Writing is an act of ego, and you might as well admit it.”

On Writing Well c’est un livre pour devenir 100% meilleur en écriture en 1 jour. Ca se lit super vite, c’est concret et applicable en plus d’être très drôle et…wait for it… bien écrit !

Sans doute le livre que j’ai le plus recommandé. Un bijou.

7 — Secrets of Closing the Sale (Zig Ziglar- Audio)

“The fear of loss is greater than the desire for gain.”

On essayait de signer notre premier gros client et j’avais peur. Je n’avais jamais vendu quoi que ce soit. Enfin…un mois plus tôt je m’étais vendu 10 euros pour un travail de 3 semaines. Pas exactement le genre de commercial que les entreprises s’arrachent.

Je ne savais rien : ni à quoi ressemblait un contrat, ni combien d’argent je pouvais demander, ni ce qu’on devait dire pour les convaincre. J’avais noté ce livre audio parmi ceux qui avaient le plus influencé Seth Godin et je l’avais écouté en arpentant les rues de Paris.

Zig, c’est le grand-père de tous les américains. Le salesman qui vend des voitures ou se trimballe de porte à porte avec des brosses à dents.

C’est un cours d’empathie de deux heures. Efficace, divertissant et intemporel. Je l’avais écouté 2 ou 3 fois à la suite. Et devinez quoi ? On avait signé le contrat.

8 — L’insoutenable légèreté de l’être (Kundera)

Aimer, c’est renoncer à la force.

Seul roman de la liste. J’ai peu lu de fiction ces dernières années. Mais ce livre est spécial.

C’est un livre sur la vie et sur toutes ces petites choses qu’on ressent sans arriver à les décrire. Kundera y arrive et c’est pour ça qu’il vend des livres !

Je ne sais pas quoi vous dire sur ce livre à part : “lisez le”.Je l’ai offert à FloBer dans l’épisode 28.

Tout y est, il n’y a rien à ajouter. Un tableau si parfait que j’en ai laissé couler quelques larmes.

Bonus — Tools of Titans (Tim Ferris)

“The world is changed by your example, not by your opinion.”

Bonus car ce n’est pas vraiment un livre, mais il y a plus de bonnes idées dans ces 1000 pages que dans tout ce que j’ai lu en 25 ans.

Qu’on aime Tim Ferris ou pas, peu importe ! Ce n’est pas un livre sur lui mais sur les personnalités hallucinantes qu’il a ramenées dans son podcast. Une avalanche de bullet points bien organisés et la dose d’inspiration de toute une vie.

La recette d’une matinée réussie : un ou deux chapitres de Tools of Titans et une tasse de café OKLM.


C’est la fin de cette première liste ! Merci d’avoir lu.

N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez des bouquin si vous les avez lus ou à en suggérer de nouveaux. Si ça vous intéresse, je peux faire des listes thématiques (startup, écriture, productivité, marketing, Tintin et Milou, etc.)

Si vous cherchez un podcast génial où on parle, entre autres, de bouquins, c’est par ici.

 

Comment ma mère m’a appris la vie

On était toujours en retard.

On courait vers la voiture et il faisait froid. Ma mère démarrait, faisait marche arrière et descendait le chemin derrière la maison. On fonçait dans la nuit.

Les flocons de neige sur le pare-brise me faisaient penser au passage en hyper-espace, dans Star Wars. On ne voyait rien. Un go-fast à l’aveugle à travers les virages. Une Xantia cabossée pour Faucon Millenium.

Elle me déposait toujours « juste en retard ». Jamais trop pour rater le départ du car vers la station de ski, mais assez pour que la soute soit pleine à craquer, que les autres parents nous regardent de haut et que les bonnes places (au fond) soient déjà prises.

On faisait tout mal.

Le repas des autres était bien organisé. Un Tupperware à la bonne taille, des sandwichs coupés en triangle, kiri jambon pour ne pas en mettre partout. Dans un coin du Tupperware, un dessert soigneusement emballé. Dans l’autre, un jus de fruit pour combattre la soif.

Un travail de pros.

Moi, je piochais un gros morceau d’aluminium dans mon sac plastique Super U. J’essayais de l’enlever délicatement puis finissais par le déchirer n’importe comment. C’était le sandwich ‘restes du frigo’, avec tout ce qu’on avait trouvé avant de partir. Ca tombait en morceaux à la moindre bouchée. Je n’avais aucun endroit où ranger les restes (j’avais déchiré l’aluminium) et ça se finissait avec les cornichons au fond de mon sac. Pour lutter contre la soif, je mangeais de la neige.

Quand on descendait de la station, les parents qui coupaient le pain de mie en triangles isocèles étaient là depuis longtemps. Ils accueillaient leurs gosses dans un Kangoo chauffé avec l’assurance de ceux qui gèrent.

Ma mère n’était pas là. Elle arrivait juste en retard, un CD de Radiohead à fond dans la voiture. J’ouvrais la porte pour lui gueuler dessus. Pourquoi est-ce qu’on ne pouvait pas être comme les autres ?

Je la voyais comme une amateure qui ne contrôlait rien. Et je lui en voulais.

Ce matin je ne me suis pas réveillé.

Je devais me coucher tôt mais des gens m’ont appelé. Je suis en retard. Je n’ai pas fini ce que je devais faire hier. Ni ce que je devais faire avant-hier.

J’ai ouvert Facebook et tout a l’air de fonctionner parfaitement pour les autres. J’ai l’impression d’être le seul à ne pas sauver le monde. Alors quand je suis fier de quelque chose, je le partage. Le reste je le garde pour moi.

Rien n’a changé. Et je m’en veux d’avoir été si dur par le passé.

J’avais tort de comparer mon intérieur à l’extérieur des autres. Encore aujourd’hui, j’oublie trop facilement le mal que tout le monde se donne pour avoir l’air bien.

Ma mère élevait 3 enfants, seule, au milieu de nulle part. Elle n’avait pas le temps de faire semblant. Le chaos que j’observais de près, c’était la vie.

C’était tous les jours.

C’était sans excuses.

Et forcément, c’était imparfait.

Quand je m’en veux de ne pas tout bien faire, j’essaie de me souvenir de la meilleure chose que ma mère m’ait apprise.

La vie ce n’est pas un Tupperware à la bonne taille rempli de sandwichs en triangles isocèles. Ca ressemble plus aux trajets du matin pour aller au ski. Il fait nuit, il neige et on ne voit pas plus loin que les phares.

Mais on peut faire toute la route comme ça.

 

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