#46 – Alexandre Dana : Comment lancer son projet et réussir

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« Pourquoi fais-tu ce projet ? »

C’est la question qu’Alexandre Dana pose aux entrepreneurs qui passent par LiveMentor.

Il pourrait leur demander « comment comptes tu le faire ? » ou « quelle est la taille de ton marché ? », mais ces questions sont pour plus tard.

J’aurais aimé rencontrer Alexandre il y a quelques années.

Je n’avais aucune idée de pourquoi je faisais les choses. Ce n’était même pas une question. J’avais tout un tas de raisons préfabriquées :

  • « Je veux réussir ».
  • « Je ne veux pas me fermer de portes ».
  • « Je veux avoir un impact ».

Il y a toujours une bonne raison et une vraie raison. Les vraies raisons :

Je voulais faire HEC car il n’y avait rien au dessus. On serait obligé de me dire bravo.

Je voulais être entrepreneur pour faire partie des nouvelles idoles, atteindre mon rêves de rock star. Je vendrais une startup 200 Millions et on serait obligé de m’aimer.

Mais il y a toujours trop de gens à impressionner. Et on n’en fait jamais assez. Aux Etats-Unis, HEC ne voulait rien dire. Comme entrepreneur, il y avait toujours un projet qui fonctionnait mieux que le mien et d’autres personnes en première page de Maddyness.

Quand j’en ai eu marre d’avoir mal au ventre, j’ai fait une pause.

J’ai essayé de me demander ce que j’aimais faire. Pas ce que je voulais être, mais ce que j’aimais faire chaque jour.

  • écrire
  • Nouvelle École
  • lire

J’allais faire beaucoup plus de ça et beaucoup moins du reste. Si on m’avait demandé pourquoi, j’aurais répondu que j’aimais ça. Que je me sentais bien en faisants ces choses là, même si personne n’y faisait attention.

Et c’est l’intérêt de se demander pourquoi on fait les choses : trouver ce qui nous aide à nous sentir bien. Chaque fois que je me sens bien, c’est une petite victoire sur la vie.

Mais c’est un processus qui prend du temps.

Alexandre aussi est passé par là.

« J’ai mis du temps à trouver ce que j’aimais vraiment faire ».

Il n’y a pas de réponse définitive. Après 10 ans à donner des cours et 5 ans de LiveMentor, il a décidé de complètement changer son entreprise. Il ne se retrouvait plus dans les formations données.

J’oublie souvent pourquoi je fais les choses. Je retombe dans mes travers. Je voudrais inviter des stars, peu importe si ça améliore l’émission. Je voudrais plus d’écoutes, plus de followers, plus d’accolades.

Et je finis par avoir mal au ventre, encore.

Mais je commence à connaître. Quand je ressens ce signal, j’arrête de travailler. J’appelle ceux qui me connaissent et m’empêchent de fumer du crack. Je ne les remercie jamais assez d’avoir accepté la double casquette ami/psychologue que je leur impose.

Je m’arrête, le temps de me demander pourquoi.

Rien de tout cela n’a d’importance. Autant prendre le temps.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 06:00 Pourquoi et comment il a complètement transformé LiveMentor

  • 25:00 Pourquoi il veut aider chaque personne à créer et développer son projet

  • 36:00 Démystifier l’entrepreneuriat

  • 41:00 : L’éducation à la carte : Comment il aide les porteurs de projet

  • 57:00 Cas Pratique : Comment lancer son projet (salon de coiffure)

  • 1:15:00 Arrêter de s’inventer des problèmes (fumer du crack) quand on entreprend
  • 1:22:00 Les questions de la fin

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Si cet épisode vous a plu, vous aimerez celui avec Mathieu Nebra.

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#45 – Lauren Bastide fait parler la Poudre

« Rien à foutre de ce qu’on pense de moi »

Je suis un peu jaloux de Lauren Bastide. Je n’en ai pas encore rien à foutre de ce qu’on pense de moi.

Quelqu’un a écrit que je suis un ado dépressif qui se lamente. Ça m’a donné envie de fumer des clopes en écoutant Radiohead.

C’est sans doute bon signe. De plus en plus de gens écoutent et quand personne ne critique, c’est que tout le monde s’en fout. Mais je persiste à croire qu’il serait plus simple que vous m’aimiez tous sans conditions.

Comme je doute que ce soit au programme, je vais m’inspirer de Lauren Bastide.

Peut-être qu’elle n’a plus le temps de faire attention à la négativité. En un an, elle a créé le studio Nouvelles Écoutes qui produit 6 émissions dont La Poudre, qu’elle anime. Nouvelles Écoutes c’est plus de 1,5 millions d’écoutes et pour des podcasts, c’est beaucoup.

Peut-être aussi que la gestion des critiques est un muscle qui se travaille. Avant de créer Nouvelles Écoutes, Lauren a passé 10 ans dans les médias. D’abord au Elle, puis au Grand Journal, l’émission que tout le monde adore détester. Je ne crois pas avoir regardé cette émission une seule fois sans dire du mal de tous ceux qui passaient à l’écran. La télé réveille mes bas instincts.

Toujours est-il qu’en 10 ans de grands médias, Lauren a du recevoir assez de négativité pour me donner envie de retourner habiter dans un village.

Mais pas elle. Ça lui a donné envie de lancer sa propre émission. Avec ses invités, ses questions et ses convictions. Et La Poudre cartonne.

J’ai lu que quoi que tu fasse, il y a toujours un tiers de gens qui aime, un tiers qui s’en fout et un tiers qui déteste. Alors comme personne ne change jamais d’avis, autant se concentrer sur ceux qui aiment.

Quant aux critiques, celles qui font mal sont celles qui touchent juste. En cela, elles sont une excellente piqure de rappel. Vouloir plaire à tout le monde est une idée stupide qui n’a aucune chance de se réaliser et te transforme en clown triste.

Faire la paix avec les côtés qu’on voudrait gommer, voilà un chantier intéressant. Ça donne l’aplomb nécessaire pour créer des choses différentes.

Et quand les critiques arrivent, tu peux leur répondre que « rien à foutre » ou que « si tu kiffes pas, t’écoutes pas ».

Ce sur quoi Lauren Bastide et Booba sont d’accord.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 03:00 Les origines de La Poudre et son désamour progressif pour les médias traditionnels.
  • 19:00 « Je servais à rien » : Pourquoi elle voulait être journaliste et pourquoi elle a déchanté.
  • 27:00 Comment elle est devenue femme. Pourquoi elle déconstruit.
  • 35:00 Comment elle travaille. Ses techniques d’interview. Comment elle a pensé La Poudre.
  • 49:00 Les questions de la fin.

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#44 – Mathieu Nebra : Comment trouver ce qu’on aime

 

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En 2007, j’avais un groupe de musique et j’étais sûr qu’il nous fallait un site internet.

Problème : je ne savais pas faire de sites. J’avais eu mon premier PC à 14 ans et je savais faire 2 choses : aller sur MSN Messenger et ranger les albums de musique dans l’ordre. J’avais tapé « comment faire un site internet » sur Google et j’étais arrivé sur…Le Site du Zéro.

Site du Zéro V3

Le Site du Zéro en 2007

Mathieu Nebra avait créé ce site en 1999.

Il avait 13 ans. Pour apprendre à coder, il avait du se farcir des manuels écrits par les professionnels pour les professionnels, des manuels d’adultes. Le Site Du Zéro, c’était la version digeste de cet apprentissage.

J’arrivais sans à priori. Personne autour de moi ne parlait de sites internets. Ce n’était pas le délire du canton de La Rochette d’aller fouiller les codes source. Tant mieux, car mon projet de carrière le plus sérieux était alors d’arrêter les cours, d’acheter un van et de partir en tournée avec un ami. Tout ce qui se rapprochait de l’enseignement m’ennuyait et je m’étais déclaré incapable de travailler sérieusement.

Pourtant, le Site Du Zéro m’avait plu. 

C’était simple, drôle et concret. Tout le contraire du lycée. On pouvait arrêter et reprendre quand on voulait. Les profs n’avaient pas l’air de nous parler depuis une tour d’ivoire, ils étaient comme nous et se souvenaient qu’eux aussi avaient été débutants.

Après quelques jours de labeur, j’avais codé mon premier site !

C’était un site tout naze avec quelques balises HTML, trois liens dans un menu et un [background:black] des familles, mais c’était mon premier site internet. C’était aussi la première fois que je construisais un outil de mes propres mains (le classeur en PVC du cours de techno ne compte pas). J’avais bossé comme un dingue sans m’en rendre compte, apprenant des concepts bien plus complexes que les équations de chimie qui à l’époque me donnaient tant de mal.

Le site du zéro, ça marchait !

10 ans plus tard, le Site du Zéro est devenu OpenClassrooms et forme des millions d’élèves au développement, au marketing et à la gestion de projets. Et 10 ans plus tard, j’ai rencontré celui dont j’avais suivi le cours dans ma chambre.

Je me suis dit qu’il avait de la chance d’avoir trouvé si tôt une passion. Je voulais savoir comment il aide les gens à trouver ce qu’ils aiment.

Dans l’épisode précédent, Sophie Marie Larrouy conseillait de toujours écrire en pensant à quelqu’un. En entendant ça, je m’étais rendu compte que je mène souvent mes interviews avec une personne en tête. Ça m’aide à poser des questions dont je veux connaitre la réponse.

J’ai fait cette interview en pensant à une amie. 

Elle sort de la plus grande école de commerce, a fait des stages dans des entreprises prestigieuses et s’apprête à retourner en cabinet de conseil pour y débuter sa carrière.

Sauf qu’elle déteste le conseil. Mais comme elle ne sait pas ce qui l’intéresse, aller en conseil lui semble la stratégie la moins risquée.

Je ne sais pas. J’ai 25 ans, je ne connais pas grand chose à la vie et il se peut qu’elle ait raison. Mais je crois Mathieu Nebra quand il dit que « tant que tu fais un truc que t’aimes pas, tu ne peux pas découvrir ce que tu aimes ».

On se croît tous sur une piste de course.

À gauche, il y a nos potes qui prennent des jobs, qui gagnent des salaires. Quand on les voit en soirée, ils nous disent que tout va bien. C’est peut-être vrai, mais on ne sait pas. On ne peut pas juger de l’extérieur. À droite il y a notre famille qui aimerait qu’on l’angoisse le moins possible en acceptant le pack « sérénité » : un bon job, un appartement et des repas de famille.

Prendre le temps maintenant, c’est une stratégie aussi bonne qu’une autre. On n’aura jamais aussi peu d’obligations qu’entre 20 et 30 ans. On peut aller vivre dans le pays de nos rêves, lancer une boîte s’il le faut ou même lancer un podcast. Je crois que ça n’aura aucune conséquence sur la suite.

On peut aussi ne rien faire, rester assis sur le canapé et regarder le temps passer pour voir que ça ne change rien.

« Oui mais il faut bien gagner sa vie ».

Oui. Mais il existe des millions de façons différentes de la gagner. Il y a des jobs qui enferment plus que d’autres. Ceux qui demandent l’intégralité de ton temps et de ton cerveau, par exemple. Sans temps libre, comment explorer ?

Dans son livre, SML écrit que « quand on travaille, on travaille à son bonheur, et si ça doit être une souffrance, c’est qu’on s’est trompé de bonheur ».

Ce n’est pas grave de se tromper de bonheur.

On peut en changer autant qu’on veut, surtout quand on est jeune. Je ne connais rien, mais j’ai appris d’expérience que quand tu as mal au ventre en pensant à la suite,  c’est que tu te trompes de bonheur.

On a un peu être trop pris la vie comme une fiche Bristol. On essaie de cocher toutes les cases, si possible avant les autres.

Mais peut-être qu’on peut la prendre un peu plus plus comme le Site du Zéro, sans pression. On est là pour apprendre et s’amuser un maximum. Si on rate le test, on recommence et si on n’aime pas, on change.

On explore.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 Les origines de son envie d’apprendre et du site du Zéro
  • 12:00 Comment trouver ce qu’on aime
  • 29:00 Devenir l’entrepreneur de sa propre vie
  • 36:00 Rendre l’éducation accessible à tous
  • 49:00 Mathieu Nebra : son mode de vie, ses techniques de productivité et les questions de la fin

Références :

Ce sont des liens Amazon Partenaires. Ce qui veut dire que si vous achetez avec ces liens, vous soutenez Nouvelle École ❤️

Comme je suis sympa, les liens pointent vers les versions françaises des livres tant que possible.

Les outils :

Pour suivre l’invité :


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#43 – Sophie Marie Larrouy : Prends-toi au sérieux !

Sophie Marie Larrouy est auteure et comédienne.

Elle vient de publier son premier roman : « L’Art de la Guerre 2 ». J’ai adoré. C’est son autobiographie, un manuel de survie pour les sensibles qui m’a rappelé mon parcours. J’ai eu envie de l’offrir à ma petite soeur pour quelle ne s’inquiète pas autant que moi à son âge.

« Ça fait du bien de faire quelque chose qui marche ».

Ce livre est son premier succès commercial.

Elle n’en est pas à son premier fait d’arme. Depuis son arrivée à Paris, elle a produit des tonnes de choses (un one woman show, plusieurs livres, un podcast, …). Tellement que j’ai du reporter notre premier RDV, effrayé par la quantité de choses qu’il me fallait découvrir.

Je lui demande comment elle explique ce succès.

« C’est la première fois que je fais quelque chose au premier degré.» Pour la première fois, elle ne s’est pas retranchée derrière l’autodérision. Elle s’est prise au sérieux.

Ça me rappelle que les choses auxquelles je ne croyais pas avaient peu de chances d’aboutir. Ça me rappelle une anecdote sur Kanye West :

Touré (un écrivain) vient interviewer Kanye. Il entre chez le rappeur. À l’intérieur de la maison, au milieu du salon, il y a un gigantesque poster de Kanye West.

Touré lui demande « Kanye, pourquoi as-tu un grand poster de TOI dans le salon ? ». Et Kanye lui répond :

« Je dois m’applaudir avant que les autres ne puissent le faire. »

Se retrouver dans l’épisode :

02:00 La survie
09:00 Pourquoi faire les choses au premier degré
18:00 Conseils d’écriture
22:00 S’en sortir quand on vient du monde des sensibles
30:00 Comment elle s’en est sortie : faire la paix avec le cafard
47:00 Arrivée de Kemar
49:00 Les questions de la fin

Références :

Par la même auteure :

Pour aller plus loin :


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#42 – François Samuelson : Transformer l’encre en or

« Intertalent, pas Interflora ».

C’est tout moi, ça. Je prépare une interview pendant 2 jours et je me vautre dès la première phrase. Mais bon, il le prend bien.

François Samuelson est le premier agent littéraire français.

Il représente des auteurs stars comme Michel Houellebecq, Virginie Despentes ou encore Pierre Assouline. Avec le temps, il a étendu l’activité d’Intertalent au cinéma : Juliette Binoche, Michael Haneke, la liste est trop longue pour tous vous les citer.

Je voulais décortiquer son succès.

« Il n’y avait rien de prémédité ».

Il me dit que c’est le hasard qui l’a emmené là. Je ne suis pas fan du hasard, on ne peut pas le répliquer. Surtout, je crois que le hasard se provoque.

À New-York, dans les années 80, il constate l’absence d’ouvrages français traduits en anglais. Il veut fonder une agence pour représenter les auteurs francophones aux États-Unis. On lui dit que c’est stupide, que le roman est mort. 30 ans après, le Bureau du Livre Français existe encore à New-York.

30 ans après, le palmarès des artistes qu’il représente est long comme le bras : un Oscar, un Prix Goncourt, un Prix Renaudot et une Palme d’Or à Cannes.

Entre autres.

SE RETROUVER DANS L’EPISODE :

01:00 : L’agent des stars. Comment il a créé son métier passion.
15:00 Courageux mais pas suicidaire : sa philosophie et comment il aborde son métier
31:00 Conseils à ceux qui se lancent : pourquoi il ne faut pas bluffer
41:00 Rien de prémédité : la part du hasard dans son succès
51:00 Dur ou lucide ? Les questions de la fin.

Références :


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#BONUS3 – Guillaume Boutin : Time Capsule

[LONGUE INTRO DE MOI], l’épisode commence à 13 minutes et 30 secondes.

Guillaume Boutin est le cofondateur et CEO de Sens Critique, le réseau social de la culture.

Avant cela, il avait co-créé puis vendu Gamekult (les vrais se souviennent de Gamekult).

Nous avions réalisé cet épisode en Facebook Live il y a maintenant un an. Oui, à l’époque je faisais des Facebook live devant 20 personnes. Ah, le bon vieux temps !

Je saisis cette opportunité de le sortir en audio. J’aime bien cette discussion. (Guillaume me fait savoir que les chiffres ne sont plus à jour ! Ils ont dépassé les 800K membres et vont finir l’année à 5M de visiteurs uniques mensuels !)

Je me suis offert le luxe de vous faire une introduction de 13 minutes, qui explique un peu pourquoi il n’y a pas de « nouvel » épisode cette semaine. J’ai eu besoin de respirer, pour mieux repartir. Je parle de la nécessité de regarder le chemin parcouru. J’espère que ça vous plaira.

SE RETROUVER DANS L’EPISODE :

13:30 : C’est quoi Sens Critique et démonstration de son utilité (en live !)
26:00 Le manque de pertinence des relais culture traditionnels
33:00 Un produit pour les utilisateurs, par les utilisateurs
49:00 Comment lancer son Sens Critique
57:00 Questions perso : la vente de Gamekult, ce qu’il ferait s’il était riche, etc.

Bonne écoute les amis !

Références :

Si vous avez aimé :

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EP 41 – Jean-Charles Samuelian : Comment faire des choses impossibles

À 13 ans, je découvrais le skate, l’amour et sum 41. Après les cours je lisais des albums de XIII, tuais des innocents dans Vice City et mangeais des tartines de Nutella.

À 13 ans, Jean Charles Samuelian codait des sites internet et les vendait.

Après les cours il écrivait des business plans. 10 ans d’entrepreneuriat d’avance sur moi. Et ça se voit.

Il me rappelle les entrepreneurs dont je lis la biographies en anglais. Ceux qui ont déjà beaucoup entrepris et que seuls les problèmes complexes intéressent : les industries lourdes, les industries lentes. Révolutionner les sièges d’avions ou transformer le système de santé.

Pour lui, aucun problème n’est impossible à résoudre. Il suffit de le découper en petits morceaux, de les prendre un à un et de toujours s’assurer qu’on part de la base. Osciller en permanence entre une vision grandiose et une exécution chirurgicale.

Une fois qu’il a décidé du problème à résoudre, il avance vite. 8 mois pour obtenir un agrément d’assureur, chose qui n’était pas arrivée depuis 1986 et que beaucoup pensaient impossible. Pas lui.

Il avance vite car il n’accepte rien.

Il ne reste jamais bloqué. Sa première startup fabriquait des sièges d’avion. Il fallait tester les pièces mais les fournisseurs étaient trop lents. Alors Jean-Charles et ses associés ont acheté un four et fabriqué les pièces eux-mêmes : 400 pièces par semaine. Une attitude qui fait la différence.

« On y serait encore »

On parle de startups, mais ce sont des préceptes qu’on peut appliquer tous les jours : ne rien accepter, avancer vite et ne jamais rester bloqué.

C’est comme ça qu’on fait des choses impossibles.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 – Présentations, son parcours et Alan
  • 05:00 Comment attaquer des problèmes complexes : conseils pour entrepreneurs ambitieux.
  • 34:00 L’importance de trouver du sens, son départ d’Expliseat
  • 38:00 Apprendre à convaincre
  • 46:00 Accepter ses limites
  • 55:00 Son mode de vie, ses tactiques, ses routines
  • 1:01:00 Ce qu’il aimerait changer dans le monde + les questions de la fin

Références :

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EP 40 – Charlotte Pudlowski : Comment un podcast peut changer votre vie

« J’avais l’impression de prendre trop de place. »

Le collège, c’était compliqué.

Il fallait faire semblant. Tout le monde voulait être dans la norme mais personne ne savait la définir. On courait tous derrière un concept vague, en mouvement, pour ne pas se faire remarquer.

On portait des masques. Personne n’avait peur, personne n’était amoureux et personne n’avait de problèmes. Personne non plus n’était sûr d’avoir des amis. On pouvait être trahi à tout moment pour une bonne blague. J’excellais dans l’art de faire rire des gens aux dépens d’autres.

Faire partie des losers, c’était la mort. Ils étaient seuls car hors de la norme. On avait le droit, presque le devoir, de se moquer d’eux. Un peu tous les jours. Assez pour les endommager à tout jamais.

J’aurais fait n’importe quoi pour être accepté alors j’ai joué mon rôle. J’ai ri quand on se moquait des autres et retenu mes larmes quand c’était pour moi. C’était le jeu.

Je suis soulagé d’avoir grandi.

Je ne connais personne qui soit sorti indemne de l’adolescence. Tout le monde panse ses plaies.

Le problème est que les masques ne disparaissent pas après le collège. On continue à prétendre que tout va bien et on peut passer sa vie comme ça. Je m’en suis rendu compte quand je passais mes journées à sourire et mes nuits à pleurer.

J’essaie de ne plus faire semblant.

Je ne veux plus participer à l’avertissement collectif envers ceux qui ne se sentent pas dans la norme : « vous n’êtes pas bien, vous devez changer ». J’aimerais envoyer le signal contraire.

Je n’arrive pas toujours à dire la vérité. Il y a des choses que j’ai peur de révéler, le collégien n’est pas si loin.

Mais il y a une différence : je peux choisir ce que je fais, ce que je dis et avec qui je passe mon temps. Un luxe auquel les adolescents n’ont pas accès. Je peux choisir d’inviter ceux qui montrent les choses comme elles sont : sans filtre Instagram.

Ils contribuent à rétablir le bon signal : la norme, c’est les plaies.

SE RETROUVER DANS L’EPISODE :

  • 01:00 Sa volonté de comprendre le monde, sa carrière de journaliste
  • 19:00 Son complexe de légitimité, le fait d’être une femme
  • 33:00 Le féminisme comme un soulagement
  • 40:00 Son départ de Slate.fr, son changement de vie
  • 46:00 Transfert, moi qui m’emballe et son entrée dans l’entrepreneuriat
  • 
1:05:00 Les questions de la fin

Références :

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EP 39 – Abdel Raouf Dafri : Manger de la viande enragée

Abdel Raouf Dafri est scénariste pour le cinéma et la télévision.

Il a écrit, entre autres, le film « Un Prophète » (réalisé par Jacques Audiard et récompensé aux Césars), les deux biopics sur Jacques Mesrine ainsi que les saisons 2, 3 et 4 de Braquo.

C’est un de mes épisodes favoris. Mais c’est aussi un épisode au contenu quelque peu explicite. En toute franchise, je me suis inquiété du fait que des noms soient cités. Je me suis demandé si ça pouvait me retomber dessus.

J’avais trois options :
1. Sortir l’épisode tel quel.
2. Enlever les parties concernées et sortir un épisode monté.
3. Ne pas sortir l’épisode.

L’option 2 n’est pas envisageable. Ce serait trahir l’émission, en plus de trahir l’invité à qui j’ai promis une interview sans questions pièges et sans montage.

Si je prends l’option 3 et que je ne sors pas cet épisode par peur des réactions, je trace une ligne dans le sable pour les prochains. Qu’est-ce qui sera acceptable, qu’est-ce qui ne le sera pas ? Dans deux mois je me retrouve avec une émission de télé, sans intérêt.

Je sors donc cette discussion sans montage. J’aimerais savoir ce que vous auriez fait à ma place. Dites-le moi dans les commentaires, sur twitter, où par email !

Et surtout, accrochez vos ceintures et bonne écoute !

CE DONT ON PARLE :

00:00 Pourquoi il faut être patient
11:00 Les problèmes de l’industrie du cinéma
20:00 Le métier de scénariste, comment il a écrit un prophète et ses conseils à ceux qui débutent
31:00 Comment raconter une bonne histoire
38:00 Comment gérer la critique
42:00 Un prophète – Comment sortir du lot.
01:02:00 La fragilité du succès.
01:08:00 Les questions de la fin

Références :

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EP 38 – Jack Parker : « Ouvre ta gueule ! »

« La Mooncup : Plus propre, plus efficace, plus écolo ».

C’était un autocollant sur le mur des toilettes. Au dessus du slogan, le dessin d’une planète Terre sur laquelle, enfin, tout allait bien. La Mooncup avait l’air sympa.

Je voyais cet autocollant plusieurs fois par jour, mais je n’avais jamais compris de quoi ça parlait. Je n’avais jamais demandé. À vrai dire,  je préférais ne pas savoir.

Et puis un jour, un pote avait vu l’autocollant. Lui savait. J’avais eu droit à une avalanche de vannes mélangeant ma mère, le vagin et les coupes en plastique. J’avais fait mine de bien le prendre, mais ça ne m’avait pas fait marrer.

Je n’aimais plus la Mooncup et je me demandais quelle cruauté pouvait pousser ma mère à vouloir tout faire si différemment.

On ne parlait pas des règles chez moi, on n’avait pas beaucoup de raisons de le faire.

Au collège, on en parlait surtout pour se foutre de la gueule des filles ou expliquer leur mauvaise humeur. De toute façon les filles, on n’y comprenait rien et on avait tous trop besoin d’être des mecs pour faire un pas vers elles. Au collège, les gentils ne survivent pas.

Dans mes relations amoureuses, je n’entendais parler des règles que pour désigner les dates limites du sexe sans risque pour la literie. Je ne crois pas avoir posé beaucoup de questions.

C’est sûrement pour toutes ces raisons que suis mal à l’aise, à 25 ans, quand je lis le livre de Jack Parker.

Les règles à toutes les pages. Le sang à toutes les pages. J’ai l’impression de lire un truc que je ne devrais pas lire, comme une atteinte à la pudeur. Je sens mon ventre me dire que c’est interdit.

Il y a quelques années, j’aurais mal interprété ce signal. J’aurais refermé le bouquin. Il ne faut pas se faire de mal après tout.

Mais aujourd’hui, je le vois comme une opportunité de déconstruire mes barrières mentales.  De questionner les millénaires de construction morale qui me font penser dans un sens et dont je ne suis même pas conscient.

Alors je prends chaque signal comme une chance de bouger la réflexion de mon ventre vers mon cerveau. Pourquoi ne pourrait-on pas parler de telle ou telle chose ? J’essaye d’attraper mon formatage au vol, avant qu’il ne me fasse dire n’importe quoi. Être con, c’est le mode automatique. Le reste demande un effort.

Avec de la patience, de la bonne volonté et si je continue à demander pourquoi, j’arriverai peut-être à ne plus avoir aucune opinion. Alors je pourrai reconstruire.

Et cette fois c’est moi qui choisirai les pierres.

Ce dont on parle :

  • 01:00 Comment elle est passée de misogyne à féministe
  • 11:00 – Peut-on rire de tout ? L’importance d’écouter et de réfléchir
  • 24:00 – L’importance vitale de l’éducation, l’exemple de sa maman
  • 31:00 – Les règles, un formidable cheval de troie
  • 41:00 – Le paradoxe de la mère et de la putain
  • 51:00 – Dire la vérité pour se protéger et pour aider
  • 58:00 Les questions de la fin

Références :

Si vous avez aimé :

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