#51 – Michel Lévy-Provençal : Comment trouver du sens

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Comment trouver du sens ?

Je ne peux pas répondre à cette question. C’est ce que j’aimerais dire aux personnes qui me demandent des conseils sur Instagram.

Mais j’ai un hack dans la vie : je peux trouver les gens qui m’inspirent, prétexter une interview et leur poser toutes mes questions. Alors je suis allé voir Michel Lévy-Provençal, le fondateur de TEDxParis et de L’Échappée Volée, celui qui s’entoure des cerveaux les plus innovants à la recherche de sens. Voici ce qu’il m’a dit :

1. Il faut être curieux

J’ai peur d’être largué. Je me suis trop moqué de ceux qui pensaient tout savoir mais ne savaient rien et je sens que le karma va me faire payer le prix de mon arrogance. Il m’arrive d’ouvrir une page web et de ne rien comprendre et je me dis : « Déjà ? ».

Pour éviter ça, Michel Lévy-Provençal reste curieux. Il lit « quatre à cinq heure par jour », 50 livres par an sans compter tout le reste. Moi qui pensais lire beaucoup.

C’est aussi ce que j’aime avec Nouvelle École. Je rencontre des gens qui font passer ma discipline actuelle pour une partie de Candy Crush. Ma marge de progression me force à reste humble. Plus j’en sais, moins j’en sais. C’est ce qui est excitant.

2. Il faut essayer

Dans le monde des startups, j’ai entendu qu’il fallait échouer beaucoup et vite. Je me demande si les gens qui disent ça ont déjà échoué.

Moi je n’ai pas envie d’échouer. En grandissant, j’ai vu des gens vivre avec le sentiment d’échec. Ils n’avaient pas d’argent, pas d’amis et pas de perspectives. Ils n’avaient pas envie d’en parler à la légère, en lisant un PowerPoint devant des étudiants d’école de commerce.

Je crois que ce que les entrepreneurs veulent dire, c’est qu’il faut essayer. Je suis d’accord avec ça. La meilleure manière de ne pas échouer me semble d’essayer sans arrêt, d' »itérer » comme on dit. Accumuler les petits ratés pour éviter les gros échecs.

Et quand j’observe le parcours de Michel Lévy-provençal, je vois quelqu’un qui a toujours essayé. Certains essais ont réussi et d’autres ont raté. Mais j’ai l’impression que plus il essaie, plus il réussit.

3. Il faut s’accepter

Je lui ai demandé s’il s’était déjà senti hors des cases.

« Toujours ».

Les cases m’ont perturbé. Je voulais être comme les modèles que je voyais à la télé, dans les livres, sur internet. Je voulais être musicien, faire de la politique puis être un homme d’affaires. À San Francisco, je voulais être un meilleur ingénieur que les ingénieurs. Je voulais coder et monter le nouveau Facebook et devenir milliardaire.

Je voulais rentrer dans une case et y rester au chaud.

Mais à force de rencontrer ces modèles, je comprends que ce sont les représentations qui sont binaires. Chacun est un puzzle. Mais comme personne ne sait que les autres aussi sont un puzzle, personne ne se sent bien. Nouvelle École m’apprend à accepter le puzzle et à ne plus fantasmer les modèles.

Mais parfois, je veux quand même être un artiste. Je veux marcher le long du canal Saint-Martin à 11h00 du matin, m’arrêter dans un café hors de prix et écouter les gens qui ont un problème avec « la prod ». Je veux acheter un toast avec de l’avocat et faire semblant d’écrire sur mon carnet en prenant un air inspiré.

Je veux arrêter de réfléchir et prendre le temps de regarder le film de ma vie. Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Alors s’il arrête de pleuvoir, j’irai faire ça.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 Est-on dans un pays pessimiste ?
  • 08:00 Le chemin vers la passion
  • 17:00 « Ne pas être dans la bonne case, j’en ai fait une théorie »
  • 24:00 Comment ne pas être largué
  • 31:00 Son organisation, ses routines
  • 40:00 La prise de parole en public, savoir convaincre
  • 51 : Faut il donner son opinion ? Vaincre le syndrome de l’imposteur

Références : 

Michel Lévy-Provençal :

Quel moment de cet épisode avez-vous préféré ? Dites-moi dans les commentaires !

#50 – Solange te parle : Ça paye d’être généreux

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Solange (de son vrai nom Ina Mihalache) est une comédienne québécoise installée en France. Depuis 6 ans, elle parle sur Youtube. 180 vidéos, 40 millions de vues, 2 livres et 1 un long métrage plus tard, elle vient parler sur Nouvelle École. Voici pourquoi je voulais absolument l’inviter :

1. Elle est drôle

J’ai lu qu’un enfant rit en moyenne 400 fois par jour. Un adulte, 15 fois.

Quand j’étais petit, je me bidonnais devant Ace Ventura et au moindre gros mot. Aujourd’hui, je sais souvent comment les sketchs vont finir. Je suis de moins en moins surpris.

Adrien Ménielle dit que c’est la surprise qui fait rire. Quand je regarde les vidéos de Solange (qui ne sont même pas des vidéos humoristiques),  je ne sais jamais ce qu’il va se passer. Je suis surpris, alors je ris.

(Aparté : Adrien Ménielle est l’homme le plus drôle d’Instagram, si vous ne le saviez pas encore.)

2. Elle est bienveillante

On me reproche d’être trop tendre avec les invités, de ne pas assez les gêner.

Mais il y a tout le reste d’internet pour ça. Les journalistes, Twitter, les commentaires Youtube…

Et il y a assez de négativité dans ma tête. Assez de mauvaises intentions que je combats. J’ai souvent envie de dire du mal des gens, je suis jaloux et il m’arrive de faire rire aux dépens des autres. Parce que c’est facile.

Mais la gentillesse et la bienveillance, c’est difficile. Ça demande du travail et j’ai une bonne marge de progression.

Je veux que Nouvelle École soit un îlot de bienveillance, d’autant que je ne suis pas aussi sympa dans la vraie vie. Le podcast m’oblige à faire des efforts. Je vous montre mon meilleur côté en espérant qu’il déteigne sur l’autre.

3. Elle produit en quantité

Petit résumé de ce que Solange a publié :

  • 180 vidéos vues 40 millions de fois
  • un long métrage (Solange et les vivants)
  • deux livres Solange te parle et Très intime

C’est ce qu’elle a publié. Elle a produit beaucoup plus.

Pour produire beaucoup, il faut se débarrasser du perfectionnisme. On ne peut pas faire 180 vidéos cultes. Mais on peut faire de son mieux à chaque fois et respecter la chance.

Faut y aller. Sur internet, ça paye d’être généreux.

La quantité d’abord et la qualité suivra. Enfin, j’espère.

4. Elle dit la vérité

« Je suis jalouse de Léa Seydoux. »
« Je suis une bobo ».
« Je me compare aux autres Youtubeurs ».
« Je suis narcissique ».

Solange dit la vérité. C’est rare et c’est pour ça que son travail résonne, qu’elle polarise. La vérité fonctionne.

Mais la vérité est encore plus difficile à dire qu’à entendre. Parfois, j’aide des gens à écrire des choses et ils me disent « Je veux que ça buzze ! ». Alors je leur dis « D’accord, quelles sont les choses que tu as peur de dire ? Commençons par là !».

Et ils me répondent « Non, je ne peux pas dire ça, c’est trop personnel. ».

Alors pas de buzz.

Tout a déjà été dit. La seule façon d’être original est d’essayer de dire la vérité. Je dis essayer, car c’est terrifiant et que je n’explore encore que 5% de la mienne. Mais j’ai toute la vie.

5. Elle se concentre sur le positif

Dans son long métrage « Solange et les vivants », une femme lui tient compagnie en lisant les journaux à voix haute. À un moment, elle s’arrête et demande à Solange : « Comment fais-tu pour te tenir informée si tu ne lis pas les journaux ? Si ça se trouve, la France a attaqué la Syrie ! »

Et Solange répond :

« Ça changerait quoi de le savoir ? On a juste peur. »

Avant, je lisais les informations tous les jours : Le Monde, le Wall Street Journal, The Economist, BFM TV. Je voulais être informé, il fallait être informé. Il y avait plein des gens qui criaient : « la guerre ! », « la bourse ! », « Obama ! ».

Et puis j’ai arrêté, pour essayer. Et je ne lis plus les informations. Après tout, qu’est-ce que j’y peux à la guerre en Syrie ?

Je veux me concentrer sur le positif. Il n’y a rien de positif dans les informations. Pour attirer l’attention, il faut faire peur, je n’invente rien. On ne lit jamais en première page « DEUX AMOUREUX RACONTENT LEUR PLUS BEAU SOUVENIR ».

Peut-être que j’achèterais ce journal.

Et les informations importantes arrivent quand même jusqu’à moi. Donald Trump a été élu, ça chauffe avec la Corée du Nord, les gens vivent moins bien qu’avant. Je laisse à mon grand père le soin de me raconter le monde quand on se voit. C’est toujours ça de partagé.

Au lieu de lire les informations, je me lève et je lis un livre. Ensuite, je regarde des vidéos de Solange pour préparer l’interview. On discute, puis je sors acheter un croissant et je vais marcher dans le parc en regardant les gens. J’amène ma soeur à la gare et je lui dis que je l’aime.

Dire je t’aime, c’est plus important que les informations. Je suis d’accord avec Solange là dessus.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 02:00 « J’ai pas une tête que tout le monde aime. » Comment se protéger.
  • 11:00 « Tu perds de ta libido ». Comment trouver la satisfaction, comment évaluer son travail.
  • 17:00 « Apporter du réconfort » Pourquoi elle fait Solange, comment vivre quand on est Youtubeuse
  • 33:00 « Y’a pas mal d’humilité hypocrite ». Se connaitre, découvrir ses masques, accepter son narcissisme
  • 48:00 « Faut balancer ! » Comment elle crée, travailler le muscle de sa créativité

Références : 

Solange :

Le reste :

Des idées pour aider Solange à gagner sa vie sur internet ? Laissez les dans les commentaires !

 

#49 – Jean-Daniel Guyot : Ne pas réinventer la roue


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Jean-Daniel Guyot est le fondateur de Capitaine Train. En huit ans, lui et ses associés ont construit le meilleur service de vente de billets de train en ligne. En 2017, ils ont été acquis par leur principal concurrent : Trainline.

« Les gens me disent qu’ils aimeraient se lancer mais n’ont pas d’idée. Je leur dis : « Fais une boulangerie ». »

C’est un conseil que j’aurais aimé entendre. Je cherchais toujours des idées qui n’existaient pas. Pendant mes études, je remplissais des Lean Canva pour créer un service de suggestions de cadeaux de Noël. J’aurais mieux fait de monter un stand de limonade sur le campus. Tout le monde aime la limonade.

Chez Capitaine Train (puis Captain Train), ils n’ont pas réinventé la roue. Ils ont fait la même chose que Voyages SNCF – vendre des billets de train – en mieux.

Il y a une citation de Jeff Bezos dans laquelle il conseille aux entrepreneurs de se focaliser sur ce qui ne change pas. Les gens auront toujours besoin d’acheter du pain, d’utiliser les transports et je serai toujours en quête d’un bon coiffeur.

C’est peut-être moins ambitieux. Je ne sais pas. Jeff Bezos a créé Amazon, et Captain Train s’est vendu pour 200 millions d’Euros. Ces entreprises sont-elles des startups ? Est-ce vraiment important ?

[bctt tweet= »« Je n’ai jamais créé de startup. J’ai toujours créé des entreprises ». Jean-Daniel Guyot » username= »_nouvelleeecole »]

J’essaie de penser comme ça désormais. Ça m’aide à mesurer la distance qui me sépare de l’arrivée, à prendre en compte la quantité de travail requise et à ne plus fantasmer sur des succès éclairs. De toute façon, personne ne sait où est cette ligne d’arrivée ni comment la passer. Et personne ne nous donnera de note sur 20 à la fin.

Je voulais savoir ce que ça fait de devenir millionnaire du jour au lendemain, mais j’étais gêné de poser cette question. J’ai pris cette gène comme le signe qu’il fallait demander.

Quand j’étais ado, j’avais beaucoup de rêves de richesse foudroyante, de m’échapper en jet privé de mon village de Savoie et de poser mes fesses sur une plage pour jouer de la musique. Plus le temps passe, moins j’ai envie de ça. Comme Jean-Daniel Guyot, je veux surtout continuer à faire ce que j’aime. Si je gagnais au Loto aujourd’hui, je tomberais en dépression. Je n’ai pas encore construit mon Captain Train. J’aurais l’impression d’être déposé à la ligne d’arrivée sans avoir eu besoin de courir. Mais je ne sais pas encore apprécier l’arrivée. Alors je cours.

(Bonne année à tous. En 2018 on casse tout.)

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 : Présentations
  • 04:00 Rétablir l’égalité des chances en France
  • 11:30 Innover dans l’éducation : une tâche difficile
  • 27:20 Conseils entrepreneuriaux : ne pas réinventer la roue
  • 37:00 Ce qui le motive après avoir vendu Captain Train
  • 46:00 « Fais une boulangerie ! » Il n’y a pas de mauvaises idées
  • 57:00 Ce que devenir riche a changé a sa vie
  • 1:00:00 Les questions de la fin

Références : 

Livres :

#47 – Christophe Balestra : Commence par un truc simple

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Christophe Balestra a été coprésident de Naughty Dog pendant une dizaine d’années, jusqu’à son départ en 2017.

Entre 2007 et 2017, Naughty Dog a sorti une série de jeux cultes (Uncharted, The Last Of Us) vendus à des dizaines de millions d’exemplaires et qui ont établi le studio comme la référence des années 2010.

Je voulais savoir comment on crée un classique. Je lui ai demandé pourquoi leurs jeux étaient meilleurs, comment ils prenaient leurs décisions :

« On se demande toujours : est-ce que ça améliore le jeu ? »

Tous les détails sont importants quand on veut sortir un chef d’oeuvre. Rien n’est insignifiant. La différence entre un projet qu’on oublie et un classique, c’est le degré d’attention qui a été portée à chaque détail.

C’est la raison pour laquelle j’écris sur un Macbook et non sur un autre ordinateur.

C’est la raison pour laquelle The Last of Us est le dernier jeu vidéo que j’aie bingé.

Et c’est le référentiel que je veux avoir en tête quand je fais Nouvelle École ou les autres projets. Quand j’ai la flemme, j’essaie de me rappeler que rien n’est insignifiant, que tout est important, que c’est comme ça qu’on finit par produire des choses qui comptent.

En anglais, ils disent « how you do anything is how you do everything ».

Se retrouver dans l’épisode :

– 05:00 Être dans le moment présent : ses débuts dans la programmation
– 11:00 Comment trouver sa place dans le monde
– 22:00 Entreprendre ou rejoindre une entreprise existante ? Ses débuts chez Naughty Dog
– 42:00 Comment sortir des jeux cultes : la philosophie de Naughty Dog
– 52:00 Sa vie après Naughty Dog, les questions de la fin

Références : 

Livres :

  • Bird By Bird, le livre d’écriture dont je parle (La quantité s’occupe de la qualité)
  • The 80/20 Principle (pourquoi 20% du travail crée 80% du résultat)
  • Naughty Dog dont on mentionne les jeux cultes Uncharted, The Last Of Us, Crash Bandicoot, Jak & Daxter
  • Limbo, le jeu en noir et blanc dont parle Christophe
  • Christophe sur Twitter et Instagram
  • Obstri, son projet autour du triathlon

#47 – Mathilde Lacombe : On attire ce qu’on dégage

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Mathilde Lacombe a tout réussi.

À seulement 30 ans, elle est mère de 3 enfants, entrepreneuse à succès, auteure, et est suivie par des dizaines de milliers de personnes.

Cette histoire peut intimider. Mais si on la raconte depuis le début, elle est inspirante.

Mathilde a commencé il y a plus de 10 ans à publier du contenu. Un blog de cuisine, tout petit, mais qu’elle faisait pour les bonnes raisons. Avec le coeur, sans pression et parce qu’elle aimait ça.

Puis, ce blog a grossi. Il s’est transformé en « La vie en blonde ». De plus en plus de lectrices sont venues recevoir les conseils beauté et lifestyle prodigués par Mathilde.

Un jour, elle a découvert Birchbox. Un produit qu’elle aurait aimé acheter mais qui n’était pas disponible en France.

Alors elle a fondé JolieBox. Pour commencer, elle s’est appuyée sur la communauté qu’elle construisait sans arrière pensée depuis des années.

Et puis, JolieBox a cartonné. Mathilde n’avait plus d’autre choix que de quitter son emploi de pigiste au magazine Elle.

JolieBox a eu tellement de succès que la startup a rapidement fusionné avec… Birchbox, pour devenir le leader mondial des box de beauté.

Ces étapes sont importantes.

Tout a pris du temps, pas grand chose n’était prémédité. Ce qui a fait la différence, c’est l’action. Mathilde a lancé les projets qu’elle avait en tête, sans demander l’autorisation.

Et si tout semble lui avoir réussi, c’est peut-être qu’elle a pris les bonnes décisions à chaque étape.

– cultiver ses intérêts
– créer ce qu’on voudrait avoir
– limiter le risque. Ne pas tout plaquer avant d’être sûr qu’on a quelque chose
– faire, sans attendre et sans trop demander de conseils

Ajoutez à cela un optimisme à toute épreuve et on comprend mieux pourquoi les planètes s’alignent. Mathilde se projette, avance et refuse catégoriquement de se plaindre.

J’ai tendance à m’apitoyer sur mon sort. Mais j’y travaille, car je crois qu’elle a raison.

On attire ce qu’on dégage.

Se repérer dans l’épisode :

– 03:00 Comment trouver l’équilibre et pourquoi elle a écrit son livre.
– 10:00 Comment rester authentique quand on crée une gigantesque communauté. Le besoin de positiver.
– 18:00 Se projeter pour avancer. Ses conseils d’entrepreneuriat.
– 32:00 La beauté et l’importance de ce qu’on présente au monde.
– 36:00 Tout faire, n’est-ce pas trop difficile ?Les (rares) questions qu’elle se pose.
– 51:00 Les mauvais conseils d’entrepreneuriat
– 58:00 Les questions de la fin, qui changent !

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Références : 

Si cet épisode vous a plu, vous aimerez celui avec Lauren Bastide

#46 – Alexandre Dana : Comment lancer son projet et réussir

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« Pourquoi fais-tu ce projet ? »

C’est la question qu’Alexandre Dana pose aux entrepreneurs qui passent par LiveMentor.

Il pourrait leur demander « comment comptes tu le faire ? » ou « quelle est la taille de ton marché ? », mais ces questions sont pour plus tard.

J’aurais aimé rencontrer Alexandre il y a quelques années.

Je n’avais aucune idée de pourquoi je faisais les choses. Ce n’était même pas une question. J’avais tout un tas de raisons préfabriquées :

  • « Je veux réussir ».
  • « Je ne veux pas me fermer de portes ».
  • « Je veux avoir un impact ».

Il y a toujours une bonne raison et une vraie raison. Les vraies raisons :

Je voulais faire HEC car il n’y avait rien au dessus. On serait obligé de me dire bravo.

Je voulais être entrepreneur pour faire partie des nouvelles idoles, atteindre mon rêves de rock star. Je vendrais une startup 200 Millions et on serait obligé de m’aimer.

Mais il y a toujours trop de gens à impressionner. Et on n’en fait jamais assez. Aux Etats-Unis, HEC ne voulait rien dire. Comme entrepreneur, il y avait toujours un projet qui fonctionnait mieux que le mien et d’autres personnes en première page de Maddyness.

Quand j’en ai eu marre d’avoir mal au ventre, j’ai fait une pause.

J’ai essayé de me demander ce que j’aimais faire. Pas ce que je voulais être, mais ce que j’aimais faire chaque jour.

  • écrire
  • Nouvelle École
  • lire

J’allais faire beaucoup plus de ça et beaucoup moins du reste. Si on m’avait demandé pourquoi, j’aurais répondu que j’aimais ça. Que je me sentais bien en faisants ces choses là, même si personne n’y faisait attention.

Et c’est l’intérêt de se demander pourquoi on fait les choses : trouver ce qui nous aide à nous sentir bien. Chaque fois que je me sens bien, c’est une petite victoire sur la vie.

Mais c’est un processus qui prend du temps.

Alexandre aussi est passé par là.

« J’ai mis du temps à trouver ce que j’aimais vraiment faire ».

Il n’y a pas de réponse définitive. Après 10 ans à donner des cours et 5 ans de LiveMentor, il a décidé de complètement changer son entreprise. Il ne se retrouvait plus dans les formations données.

J’oublie souvent pourquoi je fais les choses. Je retombe dans mes travers. Je voudrais inviter des stars, peu importe si ça améliore l’émission. Je voudrais plus d’écoutes, plus de followers, plus d’accolades.

Et je finis par avoir mal au ventre, encore.

Mais je commence à connaître. Quand je ressens ce signal, j’arrête de travailler. J’appelle ceux qui me connaissent et m’empêchent de fumer du crack. Je ne les remercie jamais assez d’avoir accepté la double casquette ami/psychologue que je leur impose.

Je m’arrête, le temps de me demander pourquoi.

Rien de tout cela n’a d’importance. Autant prendre le temps.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 06:00 Pourquoi et comment il a complètement transformé LiveMentor

  • 25:00 Pourquoi il veut aider chaque personne à créer et développer son projet

  • 36:00 Démystifier l’entrepreneuriat

  • 41:00 : L’éducation à la carte : Comment il aide les porteurs de projet

  • 57:00 Cas Pratique : Comment lancer son projet (salon de coiffure)

  • 1:15:00 Arrêter de s’inventer des problèmes (fumer du crack) quand on entreprend
  • 1:22:00 Les questions de la fin

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Livres cités :

Si cet épisode vous a plu, vous aimerez celui avec Mathieu Nebra.

J’ai aussi commencé un Tipeee, où vous pouvez me soutenir financièrement si le coeur vous en dit.

#45 – Lauren Bastide fait parler la Poudre

« Rien à foutre de ce qu’on pense de moi »

Je suis un peu jaloux de Lauren Bastide. Je n’en ai pas encore rien à foutre de ce qu’on pense de moi.

Quelqu’un a écrit que je suis un ado dépressif qui se lamente. Ça m’a donné envie de fumer des clopes en écoutant Radiohead.

C’est sans doute bon signe. De plus en plus de gens écoutent et quand personne ne critique, c’est que tout le monde s’en fout. Mais je persiste à croire qu’il serait plus simple que vous m’aimiez tous sans conditions.

Comme je doute que ce soit au programme, je vais m’inspirer de Lauren Bastide.

Peut-être qu’elle n’a plus le temps de faire attention à la négativité. En un an, elle a créé le studio Nouvelles Écoutes qui produit 6 émissions dont La Poudre, qu’elle anime. Nouvelles Écoutes c’est plus de 1,5 millions d’écoutes et pour des podcasts, c’est beaucoup.

Peut-être aussi que la gestion des critiques est un muscle qui se travaille. Avant de créer Nouvelles Écoutes, Lauren a passé 10 ans dans les médias. D’abord au Elle, puis au Grand Journal, l’émission que tout le monde adore détester. Je ne crois pas avoir regardé cette émission une seule fois sans dire du mal de tous ceux qui passaient à l’écran. La télé réveille mes bas instincts.

Toujours est-il qu’en 10 ans de grands médias, Lauren a du recevoir assez de négativité pour me donner envie de retourner habiter dans un village.

Mais pas elle. Ça lui a donné envie de lancer sa propre émission. Avec ses invités, ses questions et ses convictions. Et La Poudre cartonne.

J’ai lu que quoi que tu fasse, il y a toujours un tiers de gens qui aime, un tiers qui s’en fout et un tiers qui déteste. Alors comme personne ne change jamais d’avis, autant se concentrer sur ceux qui aiment.

Quant aux critiques, celles qui font mal sont celles qui touchent juste. En cela, elles sont une excellente piqure de rappel. Vouloir plaire à tout le monde est une idée stupide qui n’a aucune chance de se réaliser et te transforme en clown triste.

Faire la paix avec les côtés qu’on voudrait gommer, voilà un chantier intéressant. Ça donne l’aplomb nécessaire pour créer des choses différentes.

Et quand les critiques arrivent, tu peux leur répondre que « rien à foutre » ou que « si tu kiffes pas, t’écoutes pas ».

Ce sur quoi Lauren Bastide et Booba sont d’accord.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 03:00 Les origines de La Poudre et son désamour progressif pour les médias traditionnels.
  • 19:00 « Je servais à rien » : Pourquoi elle voulait être journaliste et pourquoi elle a déchanté.
  • 27:00 Comment elle est devenue femme. Pourquoi elle déconstruit.
  • 35:00 Comment elle travaille. Ses techniques d’interview. Comment elle a pensé La Poudre.
  • 49:00 Les questions de la fin.

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Livres cités :

Si cet épisode vous a plu, vous aimerez celui avec Charlotte Pudlowski.

J’ai aussi commencé un Tipeee, où vous pouvez me soutenir financièrement si le coeur vous en dit.

#44 – Mathieu Nebra : Comment trouver ce qu’on aime

 

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En 2007, j’avais un groupe de musique et j’étais sûr qu’il nous fallait un site internet.

Problème : je ne savais pas faire de sites. J’avais eu mon premier PC à 14 ans et je savais faire 2 choses : aller sur MSN Messenger et ranger les albums de musique dans l’ordre. J’avais tapé « comment faire un site internet » sur Google et j’étais arrivé sur…Le Site du Zéro.

Site du Zéro V3

Le Site du Zéro en 2007

Mathieu Nebra avait créé ce site en 1999.

Il avait 13 ans. Pour apprendre à coder, il avait du se farcir des manuels écrits par les professionnels pour les professionnels, des manuels d’adultes. Le Site Du Zéro, c’était la version digeste de cet apprentissage.

J’arrivais sans à priori. Personne autour de moi ne parlait de sites internets. Ce n’était pas le délire du canton de La Rochette d’aller fouiller les codes source. Tant mieux, car mon projet de carrière le plus sérieux était alors d’arrêter les cours, d’acheter un van et de partir en tournée avec un ami. Tout ce qui se rapprochait de l’enseignement m’ennuyait et je m’étais déclaré incapable de travailler sérieusement.

Pourtant, le Site Du Zéro m’avait plu. 

C’était simple, drôle et concret. Tout le contraire du lycée. On pouvait arrêter et reprendre quand on voulait. Les profs n’avaient pas l’air de nous parler depuis une tour d’ivoire, ils étaient comme nous et se souvenaient qu’eux aussi avaient été débutants.

Après quelques jours de labeur, j’avais codé mon premier site !

C’était un site tout naze avec quelques balises HTML, trois liens dans un menu et un [background:black] des familles, mais c’était mon premier site internet. C’était aussi la première fois que je construisais un outil de mes propres mains (le classeur en PVC du cours de techno ne compte pas). J’avais bossé comme un dingue sans m’en rendre compte, apprenant des concepts bien plus complexes que les équations de chimie qui à l’époque me donnaient tant de mal.

Le site du zéro, ça marchait !

10 ans plus tard, le Site du Zéro est devenu OpenClassrooms et forme des millions d’élèves au développement, au marketing et à la gestion de projets. Et 10 ans plus tard, j’ai rencontré celui dont j’avais suivi le cours dans ma chambre.

Je me suis dit qu’il avait de la chance d’avoir trouvé si tôt une passion. Je voulais savoir comment il aide les gens à trouver ce qu’ils aiment.

Dans l’épisode précédent, Sophie Marie Larrouy conseillait de toujours écrire en pensant à quelqu’un. En entendant ça, je m’étais rendu compte que je mène souvent mes interviews avec une personne en tête. Ça m’aide à poser des questions dont je veux connaitre la réponse.

J’ai fait cette interview en pensant à une amie. 

Elle sort de la plus grande école de commerce, a fait des stages dans des entreprises prestigieuses et s’apprête à retourner en cabinet de conseil pour y débuter sa carrière.

Sauf qu’elle déteste le conseil. Mais comme elle ne sait pas ce qui l’intéresse, aller en conseil lui semble la stratégie la moins risquée.

Je ne sais pas. J’ai 25 ans, je ne connais pas grand chose à la vie et il se peut qu’elle ait raison. Mais je crois Mathieu Nebra quand il dit que « tant que tu fais un truc que t’aimes pas, tu ne peux pas découvrir ce que tu aimes ».

On se croît tous sur une piste de course.

À gauche, il y a nos potes qui prennent des jobs, qui gagnent des salaires. Quand on les voit en soirée, ils nous disent que tout va bien. C’est peut-être vrai, mais on ne sait pas. On ne peut pas juger de l’extérieur. À droite il y a notre famille qui aimerait qu’on l’angoisse le moins possible en acceptant le pack « sérénité » : un bon job, un appartement et des repas de famille.

Prendre le temps maintenant, c’est une stratégie aussi bonne qu’une autre. On n’aura jamais aussi peu d’obligations qu’entre 20 et 30 ans. On peut aller vivre dans le pays de nos rêves, lancer une boîte s’il le faut ou même lancer un podcast. Je crois que ça n’aura aucune conséquence sur la suite.

On peut aussi ne rien faire, rester assis sur le canapé et regarder le temps passer pour voir que ça ne change rien.

« Oui mais il faut bien gagner sa vie ».

Oui. Mais il existe des millions de façons différentes de la gagner. Il y a des jobs qui enferment plus que d’autres. Ceux qui demandent l’intégralité de ton temps et de ton cerveau, par exemple. Sans temps libre, comment explorer ?

Dans son livre, SML écrit que « quand on travaille, on travaille à son bonheur, et si ça doit être une souffrance, c’est qu’on s’est trompé de bonheur ».

Ce n’est pas grave de se tromper de bonheur.

On peut en changer autant qu’on veut, surtout quand on est jeune. Je ne connais rien, mais j’ai appris d’expérience que quand tu as mal au ventre en pensant à la suite,  c’est que tu te trompes de bonheur.

On a un peu être trop pris la vie comme une fiche Bristol. On essaie de cocher toutes les cases, si possible avant les autres.

Mais peut-être qu’on peut la prendre un peu plus plus comme le Site du Zéro, sans pression. On est là pour apprendre et s’amuser un maximum. Si on rate le test, on recommence et si on n’aime pas, on change.

On explore.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 Les origines de son envie d’apprendre et du site du Zéro
  • 12:00 Comment trouver ce qu’on aime
  • 29:00 Devenir l’entrepreneur de sa propre vie
  • 36:00 Rendre l’éducation accessible à tous
  • 49:00 Mathieu Nebra : son mode de vie, ses techniques de productivité et les questions de la fin

Références :

Ce sont des liens Amazon Partenaires. Ce qui veut dire que si vous achetez avec ces liens, vous soutenez Nouvelle École ❤️

Comme je suis sympa, les liens pointent vers les versions françaises des livres tant que possible.

Les outils :

Pour suivre l’invité :


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#43 – Sophie Marie Larrouy : Prends-toi au sérieux !

Sophie Marie Larrouy est auteure et comédienne.

Elle vient de publier son premier roman : « L’Art de la Guerre 2 ». J’ai adoré. C’est son autobiographie, un manuel de survie pour les sensibles qui m’a rappelé mon parcours. J’ai eu envie de l’offrir à ma petite soeur pour quelle ne s’inquiète pas autant que moi à son âge.

« Ça fait du bien de faire quelque chose qui marche ».

Ce livre est son premier succès commercial.

Elle n’en est pas à son premier fait d’arme. Depuis son arrivée à Paris, elle a produit des tonnes de choses (un one woman show, plusieurs livres, un podcast, …). Tellement que j’ai du reporter notre premier RDV, effrayé par la quantité de choses qu’il me fallait découvrir.

Je lui demande comment elle explique ce succès.

« C’est la première fois que je fais quelque chose au premier degré.» Pour la première fois, elle ne s’est pas retranchée derrière l’autodérision. Elle s’est prise au sérieux.

Ça me rappelle que les choses auxquelles je ne croyais pas avaient peu de chances d’aboutir. Ça me rappelle une anecdote sur Kanye West :

Touré (un écrivain) vient interviewer Kanye. Il entre chez le rappeur. À l’intérieur de la maison, au milieu du salon, il y a un gigantesque poster de Kanye West.

Touré lui demande « Kanye, pourquoi as-tu un grand poster de TOI dans le salon ? ». Et Kanye lui répond :

« Je dois m’applaudir avant que les autres ne puissent le faire. »

Se retrouver dans l’épisode :

02:00 La survie
09:00 Pourquoi faire les choses au premier degré
18:00 Conseils d’écriture
22:00 S’en sortir quand on vient du monde des sensibles
30:00 Comment elle s’en est sortie : faire la paix avec le cafard
47:00 Arrivée de Kemar
49:00 Les questions de la fin

Références :

Par la même auteure :

Pour aller plus loin :


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#42 – François Samuelson : Transformer l’encre en or

« Intertalent, pas Interflora ».

C’est tout moi, ça. Je prépare une interview pendant 2 jours et je me vautre dès la première phrase. Mais bon, il le prend bien.

François Samuelson est le premier agent littéraire français.

Il représente des auteurs stars comme Michel Houellebecq, Virginie Despentes ou encore Pierre Assouline. Avec le temps, il a étendu l’activité d’Intertalent au cinéma : Juliette Binoche, Michael Haneke, la liste est trop longue pour tous vous les citer.

Je voulais décortiquer son succès.

« Il n’y avait rien de prémédité ».

Il me dit que c’est le hasard qui l’a emmené là. Je ne suis pas fan du hasard, on ne peut pas le répliquer. Surtout, je crois que le hasard se provoque.

À New-York, dans les années 80, il constate l’absence d’ouvrages français traduits en anglais. Il veut fonder une agence pour représenter les auteurs francophones aux États-Unis. On lui dit que c’est stupide, que le roman est mort. 30 ans après, le Bureau du Livre Français existe encore à New-York.

30 ans après, le palmarès des artistes qu’il représente est long comme le bras : un Oscar, un Prix Goncourt, un Prix Renaudot et une Palme d’Or à Cannes.

Entre autres.

SE RETROUVER DANS L’EPISODE :

01:00 : L’agent des stars. Comment il a créé son métier passion.
15:00 Courageux mais pas suicidaire : sa philosophie et comment il aborde son métier
31:00 Conseils à ceux qui se lancent : pourquoi il ne faut pas bluffer
41:00 Rien de prémédité : la part du hasard dans son succès
51:00 Dur ou lucide ? Les questions de la fin.

Références :


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