EP 26 – Autodisciple : Comment dépasser ses limites

En 2015, je me suis remis à lire.

J’allais terminer mon stage à San Francisco. En 6 mois j’avais plus appris qu’en 10 ans, mais je n’avais jamais été aussi stressé. Je croyais avoir fait le plus dur en étant pris en école de commerce.

Dans la Silicon Valley, j’étais largué. Tout le monde était plus jeune, plus compétent, plus confiant et plus ambitieux que moi. Ils avaient tous déjà monté une startup.

J’étais convaincu que seule la vie de « founder » valait le coup, et mon environnement renforçait cette croyance. Je n’arrivais pas à dormir. Il fallait que je sois entrepreneur, il me fallait une idée de startup :

« Une app pour apprendre à jouer de la musique ! »

« Un service pour livrer des repas ! »

J’étais à deux doigts de la boîte qui fait « Meuh » et du réseau social pour chiens.

La journée, j’apprenais ce qu’étaient qu’internet, le cloud, AWS. Le soir, j’apprenais à coder sur Codecademy avec de la musique répétitive dans les oreilles. J’étais nul, nul, nul ! Alors j’allais chercher un Falafel en bas et je mettais The Office.

Les plus belles années de ma vie.

J’avais commencé à suivre un cours du Y Combinator : How to Start a Startup. Ils recommandaient des bouquins à la fin de la première leçon et j’avais tout acheté.

Je me souviendrai toujours de ces 3 bouquins :

  • The Facebook Effect
  • Never Eat Alone
  • Crucial Conversations

J’avais lu The Facebook Effect en 1 jour, comme un bon vieux Harry Potter. Là aussi tout était magique. Une bande de potes qui font un site pour les étudiants. Le site explose, ils partent en Californie et deviennent milliardaires. Je voulais vivre ce genre d’aventure. Je voulais du Facebook Effect dans ma vie.

Never Eat Alone avait retourné mon cerveau. J’y  avais appris comment contacter des gens, comment maintenir des relations, comment faire TOUT différemment des autres. Ne jamais postuler à un job en envoyant une lettre de motivation, mais rencontrer l’équipe, créer des liens, jouer sur l’humain. Aujourd’hui, je ne rencontre jamais quelqu’un sans avoir fait mes devoirs au préalable. Et ça a tout changé.

Avec Crucial Conversations, j’avais réalisé que l’échec de mes relations amoureuses tenait à mes piètres compétences de communicant. J’étais incapable de dire quelque chose de difficile, je préférais me cacher en attendant que la tempête se calme. Une mauvaise stratégie, en amour comme dans le reste.

Ce que ces lectures m’ont apprises, c’est que je ne savais rien.

J’étais un amateur, un débutant. Je me pensais intelligent, j’avais été pris dans une grande école. Ces livres m’avaient fait dégonfler. J’étais tout en bas de la pente et il fallait monter. Pas à pas.

Mais ces bouquins m’avaient également donné de l’espoir. Il suffisait de s’y mettre. Il suffisait de lire ! J’avais appris beaucoup de choses inutiles depuis plusieurs années, mais c’était fini. J’allais commencer à apprendre ce dont j’avais besoin.

Rentré en France, j’avais passé 6 mois à lire minimum 2 heures par jour. Cette période a été un tournant.

Alors j’étais ravi de discuter avec Autodisciple.

On avait lu les mêmes livres. On s’était intéressés aux mêmes choses. On allait pouvoir parler de sa période pick up artist. Evidemment, j’avais lu The Game. Évidemment, j’avais essayé toutes les techniques. Et évidemment, ça marchait.

Je voulais connaitre son parcours. Il s’était intéressé à tout cela bien avant moi. Je lui ai demandé comment il gagnait de l’argent. Aussi, je voulais comprendre sa motivation à dépasser ses limites en permanence.

Raj, c’est une startup humaine.

Il a des hypothèses :

« Puis-je vivre uniquement avec des Bitcoin? »

« Puis-je dire oui à tout ce qu’on me demande ? »

Il teste ces hypothèses de manière intensive pendant 30 jours.

Si tu ne testes pas sur le long terme, tu ne peux pas analyser le résultat correctement.

Enfin, il décide de s’il a envie d’explorer cette piste ou s’il préfère trouver un autre défi. Comme tout le monde, Raj se cherche et c’est agréable de l’entendre l’admettre. Il a compris une chose que je n’avais pas compris il y a deux ans :

Lire, c’est bien. Faire, c’est mieux.

Voici ce dont on a parlé :

[01:50] Les origines de Raj

Y’avait un côté Fight Club, société secrète.

[10:00] La communauté séduction

Le fait de voir des mecs aussi courageux, ça m’a vraiment inspiré.

[25:00] Son épopée sur Youtube

Quand tu travailles dans une boîte, t’as pas besoin d’être discipliné. Ce sont les gens qui te disciplinent.

[43:00] Le mode de vie d’Autodisciple

J’ai toujours des routines différentes sur plusieurs mois.

[53:00] Sa relation au succès et les questions personnelles

Les gens me disent beaucoup « ah ouais je déteste le développement personnel, mais toi je t’aime bien ».

 

Notes et références :

Livres : 

Les gens : 

Plus sur Raj : 

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Sinon, j’ai aussi commencé un Tipeee, où vous pouvez me soutenir financièrement si le coeur vous en dit. Il y a déjà 18 personnes qui le font et ça me fait le coeur gros comme ça : ❤️

Autrement, vous pouvez laisser votre avis sur l’épisode dans les commentaires. Qu’est-ce que vous avez aimé ? Détesté ?

EP 25 – Nicolas Hernandez : Faire disparaître le manager

« Le seul but d’un projet, c’est de ne pas faire comme les autres »

Ce n’est pas une phrase de Nicolas Hernandez. C’est une phrase de King Ju de Stupeflip, mais elle s’applique bien ici.

Plusieurs personnes m’ont parlé spontanément de 360 Learning et de la manière unique qu’ils ont de fonctionner. Alors j’ai voulu rencontrer leur CEO, Nicolas Hernandez.

Monter une entreprise, c’est l’opportunité de créer son propre monde, avec ses propres règles. On peut créer l’endroit dans lequel on aurait aimé travailler. J’aime rencontrer les gens qui poussent cette logique jusqu’au bout. Je n’ai pas toujours eu le courage de le faire.

Il me reçoit sur le toit de ses bureaux, dans un superbe immeuble du XVIe. A chaque étage, une division différente, avec une ambiance différente. Ça me fait penser à Charlie et la chocolaterie. Je manque peut-être de références.

On fait l’interview en plein soleil, sur une terrasse, à la coule (et non à la cool).

Le cerveau de Nicolas tourne un peu plus vite que le mien, alors je m’accroche. Il me parle de Platon et je hoche la tête. Je n’ai jamais lu Platon.

Merci podcast.

Grâce à toi, je peux rencontrer plein de gens intelligents.

Et merci à tous de suivre ce projet un peu égoïste dans lequel vous avez l’air de trouver votre compte.

Voici ce dont on a parlé :

[04:00] Les origines de Nicolas Hernandez

Nicolas raconte son envie de créer, présente chez lui depuis l’enfance. On parle de son long chemin après Polytechnique, de son passage en finance qui ne lui a pas vraiment plu et de son besoin de construire. Il raconte un passage assez marrant à base de Suprême NTM, qui illustre l’éducation que lui ont donnée ses parents.

[14:00] La traversée du désert de 360 Learning

Aujourd’hui, 360 Learning vend son produit à plus de 60% du CAC 40. Mais il y a quelques années, ils vendaient leur produit à 0% du CAC 40.

« C’était aride. J’ai eu 30 ans, on se payait pas, j’avais pas d’argent ».

Ce passage est important. Pour tous ceux qui ont peur de ne jamais réussir ou que les autres réussissent mieux. Les gens comme moi.

Navo dit que le succès, c’est une sélection naturelle. Plus tu survis longtemps, plus tu as de chances de réussir. Dans le cas de 360 Learning, toutes les raisons auraient dû les pousser à abandonner. Mais ils ont continué, un peu par conviction, un peu par folie.
Et la mayonnaise a pris. Nicolas raconte ça.

[32:00] Les racines philosophiques de 360 Learning

C’est pour les fans de philo. Nicolas retourne à Platon et aux « idées qui volent dans le ciel » pour m’expliquer les origines de la culture d’entreprise qu’il met en place. C’est un moment très deep de podcast, pour ceux qui ont aimé le dilemme d’Achille énoncé par Oussama Ammar.

[43:00] L’organisation réinventée de 360 Learning

Chez 360 Learning, Nicolas s’applique à faire disparaitre le manager en le rendant obsolète. Ils ont développé une théorie : la convexité. L’explication de ce concept a buzzé comme jamais (2 millions de vues). Vous en comprendrez plus sur la culture de leur organisation :
– transparence
– bienveillance
– feedback, dont il donne la bonne recette
– collaboration

[55:00] Les questions perso de la fin

Celles-ci, vous commencez à les connaitre. J’essaye d’en introduire de nouvelles à chaque fois. N’hésitez pas à m’en suggérer.

Nicolas Hernandez est le CEO de 360 Learning, la plateforme de formation de l’ère digitale. Leur produit permet aux entreprises de former leurs employés continuellement. Ces dernières années, 360 Learning a explosé et compte aujourd’hui plus de 60% du CAC40 parmi ses clients.

Notes et références :

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EP 24 – Oussama Ammar : Le but c’est d’être légendaires

Ça faisait longtemps que je voulais rencontrer Oussama Ammar.

J’avais toujours une bonne raison :

  • j’ai un projet entrepreneurial
  • j’aimerais que tu sois le tuteur de mon mémoire
  • je viens de démarrer un podcast et je souhaite t’inviter.

A chaque fois, j’avais envoyé un mail. A chaque fois, il n’avait pas répondu. Alors j’avais abandonné. Après tout, je venais d’inviter Alice, son associée chez The Family.

J’étais donc agréablement surpris que ce soit lui qui me relance. Certains invités prennent un jour à convaincre, d’autres un an.

En préparant cette interview, je suis tombé sur une vidéo dans laquelle il explique à des élèves comment écrire un bon email.

C’était exactement l’inverse de tous les mails que je lui avais envoyés par le passé. J’étais mi-amusé, mi-gêné. Je suis très prompt à conseiller les autres, mais j’ai beaucoup de mal à m’appliquer mes propres conseils.

Depuis, j’ai progressé.

J’ai fait beaucoup de vente. J’ai eu le temps de goûter à « l’entrepreneuriat » et de prendre un peu de recul. Je me suis fait une meilleure idée de ce que j’attends de la vie. C’est aussi un an de plus à entendre parler de The Family à droite comme à gauche. Entre ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux qui envient et même ceux qui en rient.

Alors avant de d’interviewer Oussama, j’ai appelé plusieurs personnes. Je ne voulais pas faire la même interview que les autres. Je voulais qu’on comprenne qui il est.

Voici ce que j’en ai retenu :

1. Often wrong, never doubted

Navo m’a dit que ses parents avaient tellement confiance en lui qu’il avait fini par se convaincre qu’il lui était impossible d’échouer. Oussama semble avoir connu la même chose :

« Il faut donner le crédit à ma maman ».

Moi, quand j’ai une idée, mon schéma de pensée suit à peu près ce chemin :

  1. Euphorie
  2. Doute
  3. Position latérale de sécurité

Quand Oussama pense quelque chose, sa réaction naturelle est de l’affirmer haut et fort, quitte à se tromper. S’il réalise qu’il a tort, il changera d’avis :

« Je ne dis jamais deux fois la même chose ».

Il avoue ne jamais douter et souligne l’importance de croire très fort en ce qu’on avance :

« La moindre des politesses quand on énonce une idée c’est d’avoir le courage de l’assumer ».

Je vais essayer de garder ça en tête pour mes prochaines phases de doute. Et si tu t’autorisais à penser comme Navo ou Oussama, qu’est-ce que ça donnerait ?

2. Le bonheur ou la gloire

« Il y a 2 types d’entrepreneurs : ceux qui cherchent le bonheur et ceux qui cherchent la gloire. « 

Lui et moi, on a un rapport au risque complètement différent. Je pense que je cherche le bonheur. Je vous laisse deviner dans quel camp il se place.

C’est le dilemme d’Achille : Est-ce que tu veux une vie paisible, ou est-ce que tu veux qu’on parle de toi dans 400 ans ? Veux-tu construire Basecamp ou le prochain Facebook ?

C’est ce dont il faut décider avant de se lancer.

Le modèle d’Oussama est Alexandre Le Grand.

« Moi je rêvais de conquérir le monde ».

Et vous ?

3. Le succès est une illusion

Il bloque quand je lui demande à qui le mot « succès » lui fait penser :

« Le succès est une illusion ».

Le succès et l’échec sont des mots qu’on place sur une situation, à un instant T. À posteriori, difficile de discerner les échecs des succès.

On entend beaucoup que sa première société, Hypios, était un ratage monumental. Mais sans cet épisode, il n’en serait pas là aujourd’hui.

Il y a du succès dans cet échec.

« Je connais plein de millionnaires qui sont misérables. Est-ce que c’est le succès ? »

C’est ce que la plupart des invités de Nouvelle École répondent quand je leur demande ce qu’ils diraient à une version plus jeune d’eux-mêmes. Ils ne veulent pas s’empêcher de commettre des erreurs, pour ne pas compromettre leur succès futur.

4. Ne jamais s’auto-évaluer

Reste la question de l’évolution. Comment progresser si on ne sait pas quand on échoue et quand on réussit ?

Oussama a une technique :

« Il ne faut jamais s’auto-évaluer. »

Il s’est créé un groupe d’advisors, des gens qu’il admire et qui lui donnent des conseils sur des zones spécifiques de sa vie : le business, l’argent, l’amour, etc.

Il recommande de se former un groupe de ce genre. Wale m’avait donné le même conseil. Je ne l’ai toujours pas fait, il est peut-être temps.

Peut-être même que j’ai trouvé un bon advisor.

Mais cette fois, il faudra bosser l’email.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

04:50 La confiance en soi

[
11:00] Ses débuts d’entrepreneur

[15:20] Ses références culturelles

[18:10] Les deux types d’entrepreneurs : le dilemme d’Achille

[22:00] Sa relation au bonheur

[28:00] Son échec Hypios

[36:00] Ce qu’il ne veut pas ramener de la silicon Valley

[41:00] Sa spécialité

[51:00] La réinvention et l’extension de The Family à l’Europe

[56:00] sa relation au succès

[1:03:00] Comment il s’évalue et progresse

[1:11:00] Le doute

[1:15:00] Le problème de l’École en France

[1:20:00] Son rapport aux critiques qui le visent

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EP 23 – Navo : La chance respecte ceux qui la respectent

J’ai failli arrêter Nouvelle École.

En février 2017, j’ai changé 90% de ma vie en l’espace de deux semaines. Je n’avais aucune idée de ce que me réservait la suite.

J’avais commencé Nouvelle École en juin 2016 et enchainé plusieurs interviews sur les conseils (indirects) de Tim Ferris. Mais dans la foulée, j’avais lancé une société et je manquais de temps. Comme le dirait Patrick Beja, faire un podcast demande beaucoup plus de travail que ce qu’on croit. Je n’arrivais pas à le faire toute les semaines, alors je l’ai fait n’importe quand. Un épisode par ci, un par là…

Evidemment, personne n’écoutait. Je me souviens d’un Facebook Live devant lequel les gens étaient restés 1 seconde en moyenne.

« Tout le monde s’en fout de ton truc. »

Alors en février dernier, au moment d’évaluer mes options, j’ai pensé à arrêter le podcast.

Personne ne le remarquerait. Je pourrais l’enterrer discrètement, comme les autres projets. Je pourrais commencer autre chose.

Mais deux évènements inattendus se sont produits dans la même journée.

Une fille qui vient de la même école que moi, que je connais à peine et que je n’avais pas vu depuis 4 ans est venue me parler. Hasard, elle travaillait dans le même immeuble.

« J’adore Nouvelle École, je le fais écouter à plein de gens ! Continue. »

Quand tu crées un truc, la meilleure chose qu’il puisse t’arriver c’est que les gens en parlent autour d’eux. J’étais surpris, mais si elle avait aimé au point de le recommander, ça valait peut-être le coup.

Une heure plus tard, un type à qui j’avais écrit sur Twitter pour l’inviter sur Nouvelle École a répondu.

J’avais envoyé mon message comme une bouteille à la mer, parce qu’on sait jamais. Je n’avais aucun espoir qu’il réponde.

Ce type, je l’avais découvert avec ses podcasts. Il marchait dans la rue en parlant. Ca m’avait fait penser à quand je parle tout seul chez moi et je trouvais ça cool qu’il ait eu l’idée de s’enregistrer.

En fait, ce type, je le connaissais depuis longtemps.

Il avait accompagné mes premières années d’études avec Bref. Comme tout le monde, je m’étais identifié à son pote Kyan tant mes problèmes du quotidien (surtout les filles) ressemblaient aux siens.

Il avait aussi co-écrit Bloqués, avec Orelsan et Gringe. Ceux là avaient accompagné toute mon adolescence de provincial et mes soirées à « boire ou à fumer au parc ou au lavoir ».

Ce type, c’était Navo.

Il avait vu l’épisode sur Wale :

« Oh cool ! Y’a Wale. »

Ils avaient bossé ensemble sur la communication de Bref.  Wale en avait parlé dans l’épisode 10. Mais j’ai une mémoire sélective et j’oublie tout ce qui se dit dans mes podcasts. Peu importe.

Navo était ok.

Et je n’avais plus envie d’arrêter le podcast.

J’allais rencontrer quelqu’un qui faisait ce que j’avais rêvé de faire dans la vie : écrire, inventer des histoires, faire marrer les gens ou les rendre tristes.  J’avais 1000 questions à lui poser. Il m’a invité chez lui, on s’est installés dans le petit jardin et voici une partie de ce qu’il m’a dit :

1. Tu es ce que tu crois que tu es.

Je lui ai raconté une anecdote sur Kanye West. Dans l’entrée de sa maison, Kanye affiche un grand poster de lui même. Un journaliste lui a demandé : « pourquoi cet immense poster de toi dans l’entrée ? »

Ce à quoi Kanye a répondu :

« Avant que les autres puissent me célébrer, je dois me célébrer. »

Navo est d’accord. Ses parents ont toujours cru en lui, même quand il a arrêté l’école à 16 ans. Sa mère disait à ses professeurs : « un jour vous paierez pour voir ce qu’il fait » et ne s’inquiétait pas. Alors il ne s’inquiétait pas non plus.

« Tu es ce que les autres croient que tu es et par extension, ce que tu crois que tu es. »

La bataille se gagne d’abord sur le plan mental. Ce dont tu te penses capable définit ce dont tu es capable.

Comme le disait ce bon vieux Steve.

2. Fais-le !

Dans le milieu des startups on dit : « les idées ne valent rien, l’exécution vaut tout ».

Ce n’est pas vrai. Avoir des bonnes idées est difficile et on n’a encore vu personne réussir le Facebook pour chiens.

Cependant, ce qui bloque les gens dans leurs volontés créatives est un manque d’action, pas d’idées.

« Avoir une idée c’est comme une drogue. Quand tu as l’idée c’est géniale, mais quand tu l’appliques c’est chiant. »

Pourtant, l’action est plus simple qu’il n’y parait. Navo m’a raconté l’histoire de son pote Kheiron écrivant son premier film :

« Il a pris un fichier doc et il a écrit. »

Y a-t-il une autre façon d’écrire un film que de le faire ?

3. Aie de la chance.

C’est le conseil de Kyan et Navo à ceux qui veulent réussir.

« Au Poker, tu tires des cartes au hasard. Pourtant il y a des types qui sont champions de Poker tous les ans. »

Il y a des gens qui respectent la chance. Navo raconte l’histoire de Valentin, devenu monteur de Bref après avoir aidé Kyan à monter des vidéos de mariages, plusieurs années auparavant. À l’époque, il ne pouvait pas savoir où ces vidéos de mariage le mèneraient. Mais il l’a fait à fond, comme si c’était le boulot de sa vie.

Il a « respecté la chance ».

Avoir de la chance, ça veut dire faire les choses à fond ou ne pas les faire, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer.

« Quand tu as 4 vues, si ça se trouve dans ces 4 vues il y avait Steven Spielberg ».

J’ai eu la chance que Navo connaisse Wale, la chance d’avoir rencontré Wale et travaillé dans ses locaux et la chance que Wale soit passé sur Nouvelle École. Qui sait quelle personne acceptera d’être interviewée grâce à Navo ?

Peut-on appeler ça de la chance ?

4. Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi.

J’ai couru dans tous les sens pendant des années à la recherche d’une bonne idée de startup. Je voulais être ENTREPRENEUR !

Je pourrais faire un service de recrutement pour les ingénieurs !

Je pourrais faire des films en réalité virtuelle !

Le problème quand on fait les choses pour les mauvaises raisons, c’est qu’on a de mauvaises idées.

Les bonnes idées viennent lorsqu’on crée ce qu’il nous manque. « Scratch your own itch », disent les américains.

« Bref, c’était ça. On a juste fait un truc qu’on aurait aimé voir en 2011. Un truc pour nous, par nous, qui va vite et qui est pas saoulant ».

Nouvelle École, c’est l’émission que j’avais envie d’entendre. Et c’est l’une de mes rares bonnes idées.

5. Ne t’ennuie pas.

Bref n’a duré qu’une saison, Bloqués aussi.

Quand ils commencent à s’ennuyer, Navo et Kyan changent de sujet. Si tu t’ennuies, tu n’es plus en train de faire ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi. Tu n’es plus en train de chercher la pièce manquante du puzzle. Il est temps de changer.

J’essaie d’appliquer ça à ma vie quotidienne. Moins d’ennui, plus de jeu. M’amuser chaque jour, comme quand j’étais gamin. On oublie trop vite d’être des gamins.

Bref, j’ai failli arrêter Nouvelle École.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • (02:00) Sur le fait de se répéter
  • (06:00) Son parcours : tu es ce que tu crois que tu es
  • (09:00) Les débuts avec Kheiron – Fais le !
  • (16:00) Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi
  • (27:00) Créer des relations, suivre son instinct
  • (35:00) Ayez de la chance !
  • (54:00) Sa méthode de travail, l’école de l’oisiveté
  • (01:00:00) Les questions de la fin 🙂

Si vous avez aimé :

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EP 22 – Jean-David Chamboredon : Le Parrain

Désolé, je n’ai plus de place sur ma carte mémoire.

J’avais oublié de la vider. Ca aurait pu m’arriver avec mon pote Léo. Ça m’est arrivé avec Jean-David Chamboredon. Gênant.

Jean-David Chamboredon, c’est un peu le Don Corleone des startups. Un entrepreneur de la première génération du Web qui a tout vécu : l’arrivée d’internet, la bulle, la traversée du désert et le retour du Web. Il a investi dans de nombreuses success-stories comme Seloger.com, PriceMinister et plus récemment BlaBlaCar. Il dirige aujourd’hui le fonds ISAI qui regroupe plus d’une centaine d’entrepreneurs et est également membre fondateur et co-président de France Digitale. Je voulais en savoir plus sur son parcours hors-norme.

J’avais entendu parler de lui en 2012, sans me douter une seconde que je finirais par le rencontrer. Il avait alors initié le Mouvement des Pigeons : une protestation à l’encontre du projet de loi de Finances du gouvernement Hollande. À l’époque, j’essayais tant bien que mal de comprendre l’économie.

J’avais plein de bonnes questions, puis mon enregistreur a coupé. Plus de place. Une erreur que je ne ferai pas deux fois.

Il m’a accordé un second entretien pour terminer l’interview. Merci pour la patience !

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • (04:00) Ses origines et son parcours
  • (10:00) Son arrivée dans la silicon Valley pré-bulle internet
  • (20:00) Son arrivée à la tête de ISAI
  • (26:00) Le mouvement des Pigeons et la relation compliquée entre la France et les entrepreneurs
  • (38:00) Sa vision de l’apprentissage,
  • (45:00) Ce qui différencie les projets entrepreneuriaux qui marchent et les autres (en passant par BlaBlaCar)
  • (50:00) Ses conseils aux entrepreneurs qui démarrent
  • (01:00:00) – Des sujets un peu plus personnels

Si vous avez aimé :

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EP 21 – Patrick Beja : On récolte ce qu’on sème

C’est un mec qui habite dans un pays scandinave et qui fait des podcasts.

J’avais demandé à mon cousin quels podcasts il écoutait. Pas le mien (traître), mais il ne ratait aucun épisode du RDV Tech animé par Patrick Beja.

Patrick Beja, c’est le pionnier du podcast. Depuis 10 ans, il produit des émissions. En 2014, il quitte son job de rêve chez Blizzard pour se consacrer à plein temps à sa passion : faire des podcasts.

Aujourd’hui, il produit plusieurs émissions écoutées par des centaines de milliers de personnes. Plus incroyable encore, il est financé uniquement par ses auditeurs via Patreon, un sytème de crowdfunding récurrent. Pas de pub, Patrick est un pur indépendant. Il fallait l’inviter sur Nouvelle Ecole.

Je voulais savoir comment me faire financer par mes auditeurs (oui, vous)

1% de ton audience te donnera entre 2 et 3 euros.

J’ai fait le calcul rapide, ça ne fait pas assez pour acheter des pâtes, alors on attendra !

 

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • La nécessité de prendre des risques quand on est jeune (07:00)
  • Ses débuts dans les podcasts, époque Wolrd Of Warcraft (18:40)
  • Son job de rêve chez Blizzard et sa vie d’employé (23:00)
  • Son switch pour devenir podcaster à plein temps et l’importance de Patreon(25:30)
  • Ses conseils à tous ceux qui veulent se lancer dans un projet créatif (36:30)
  • Comment construire une audience et l’importance de l’authenticité (45:00)
  • Sa vie perso, ses combats, ses conseils et ce qu’il ferait s’il n’avait pas peur (56:00)

Si vous avez aimé :

Vous aimerez également l’interview de Mehdi Maizi

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EP 20 – Paul Duan : La disruption bienveillante

 

Paul Duan avait fait un sans faute.

Des études à Sciences Po, un passage par Berkeley. A 20 ans, il était le premier data scientist chez Eventbrite, une startup en hypercroissance dans la Silicon Valley. Il était responsabilisé, sécurisé et payé 6 chiffres.

Mais quelque chose manquait.

J’ai grandi avec des problèmes de dépression. Je me suis toujours demandé à quoi je servais, quel était le sens de ma vie.

En 2015, il décide de chercher une réponse.

Il quitte Eventbrite et renonce au pont d’or. Avec un ami, ils créent Bayes Impact : une ONG qui utilise la technologie pour résoudre des problèmes de bien public.

Avec leur technologie, ils s’attaquent à des problèmes de service public aux Etats-Unis. Grâce à l’utilisation des données, ils améliorent le système ambulancier de la baie de San Francisco.

Mais ils font face à des résistances. Après plusieurs mois de travail, certains projets n’ont pas l’impact souhaité. Des décisions politiques viennent les bloquer et un projet tombe à l’eau. Paul se demande s’il a bien fait de tout risquer.

Je me suis dit c’est complètement impossible, c’est dur, je sais pas comment on fait, je vais me faire bouffer tout cru.

Et puis les planètes s’alignent.

Rentré en France pour refaire son visa, il participe à une conférence et évoque l’idée d’utiliser ses méthodes pour faire baisser le chômage. Les médias s’emballent, la sphère politique est conquise et Bayes Impact signe un partenariat inédit avec Pôle Emploi.

Pour la première fois, une administration collabore avec une startup dans une relation de confiance, d’égal à égal.

L’Etat donne à 5 personnes le pouvoir de changer la vie de millions. Et Paul parvient à convaincre des stars de la Silicon Valley de diviser leur salaire par 5 pour le rejoindre. Eux aussi choisissent le sens.

Aujourd’hui, Bob Emploi (le projet phare de Bayes Impact) accompagne des dizaines de milliers de chômeurs dans leur parcours professionnel. Paul crée lentement un nouveau mode de service public dans lequel des startups à but non lucratif collaborent avec l’Etat. Un genre de disruption bienveillante.

On a tous notre définition de l’impact.

Certains veulent toucher tout le monde, que ce soit énorme. D’autres veulent aider, quitte à commencer petit.

Il y a ce vrai truc qu’on a construit qui aide les gens, et ça c’est cool.

Quel que soit l’impact qu’on recherche. La bonne question à se poser n’est pas « Quoi? » mais « Pourquoi? ».

Moi, je pensais avoir fait un sans faute.

J’avais coché toutes les cases : j’avais fait HEC, j’étais enfin devenu un entrepreneur, j’avais signé des gros clients. L’argent rentrait et ma famille me disait bravo.

Mais quelque chose manquait.

Je me levais avec la boule au ventre. J’allais me coucher sans jamais trouver le sommeil. J’avais peur du matin et de devoir recommencer.

Je ne savais pas à quoi servait ma vie.

Je ne savais pas pourquoi j’étais entrepreneur. Je l’étais pour l’être, pour prouver. J’avais l’impression de n’aider personne et j’étais malheureux.

Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève.

Et quand je vois Paul, ses cernes et son t-shirt blanc de la veille, je me dis que lui aussi.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 La technologie au service du bien commun
  • 14:00 Définir l’impact
  • 20:00 Les limites de l’entrepreneuriat social
  • 30:00 Les nouveaux mode de service public – Bob Emploi
  • 53:00 Sa vie, sa quête de sens
  • 58:00 Ses conseils à ceux qui veulent avoir un impact

Si vous avez aimé :

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EP 19 – Patrick Pelloux : Développer l’instinct de vie

Je n’avais jamais entendu parler de Patrick Pelloux.

Il m’a contacté sur Facebook pour participer à Nouvelle Ecole. J’en ai parlé à des gens. Ils m’ont dit : « il est vachement connu ! ». J’ai tapé son nom sur Google. Il était connu.

En 2003, il avait été le premier à alerter les médias du danger de la canicule. « Les gens meurent », avait-il dit.

Le 7 janvier 2015, d’autres gens sont morts. A l’époque, il est encore chroniqueur chez Charlie Hebdo. Il échappe à l’attentat, pas ses amis.

Moi je ne veux pas parler de Charlie Hebdo. On lui en parle en permanence et j’ai peur de dire n’importe quoi. Ca tombe bien, il n’a pas envie d’en parler non plus.

J’ai envie de parler de son parcours aux nombreux rebondissements. Je veux savoir comment on développe « l’instinct de vie ». Même quand les critiques sont dures. Même quand les gens meurent.

Voilà les 3 choses que j’ai apprises de Patrick Pelloux :

1. Ne rien s’interdire

On aime bien mettre les gens dans des cases. J’ai fait une école de commerce et les personnes que je rencontre ont du mal à voir le lien entre ça et un podcast.

Comme si 2 ans sur un campus devaient déterminer mes 40 prochaines années.

Le résultat, c’est beaucoup d’autocensure. On a pas fait telle école alors on ne se sent pas en mesure de cultiver ses intérêts.

Patrick Pelloux a décidé de ne rien s’interdire.

Quand on lui a proposé d’écrire pour Charlie Hebdo, il a répondu « oui ». Ses collègues médecins n’ont pas compris. On lui a dit : « Mais t’es médecin ? T’es écrivain ? T’es quoi ? »

Comme s’il fallait choisir une seule chose. Ecrire n’est pas facile. Il faut de la discipline, il faut apprendre. Mais l’avantage c’est qu’on n’a pas besoin de diplôme.

En fait à part pour la médecine et le droit, on a rarement besoin d’un diplôme pour avancer.

Une dizaine de livres plus tard dont certains vendus à des centaines de milliers d’exemplaires, il a bien fait de ne rien s’interdire.

2. Se faire le porte-parole de ses idées

À chaque fois que j’avais quelque chose à dire je l’ai dit.

La plupart du temps, j’ai peur de dire ce que je pense. J’ai peur de ce que les gens vont en penser et d’être critiqué très durement. Parfois, je publie puis je supprime.

Les gens ne disent pas ce qu’ils pensent par peur d’être jugés.

Forcément, c’est risqué. Quand on donne son avis, certains ne sont pas d’accord. On peut s’attirer des ennemis.

Mais c’est en donnant son avis qu’on ouvre la porte à toutes les opportunités. On signale au monde qui on est, pourquoi on se lève le matin et on invite ceux qui pensent comme nous à nous rejoindre.

A chaque fois que j’ai vaincu cette peur, des choses positives sont arrivées.

Patrick Pelloux s’est attiré de nombreux ennemis en se faisant le porte-parole de ses idées. Mais s’il ne l’avait pas fait, les bonnes choses ne seraient pas arrivées non plus. On ne lui aurait pas proposé d’écrire pour Charlie Hebdo. Il n’aurait pas publié de livres. Il ne serait pas en train de faire le tour des salons pour discuter avec des lecteurs dont il a changé la vie.

Il aurait moins vécu.

3. Ne pas écouter les méchants

Quand on s’exprime, on s’expose. Plus on est connu, plus on risque d’être attaqué.

La notoriété entraine toujours de la jalousie.

Et on a sacrément parlé de lui. C’est rare de se retrouver au coeur de deux évènements à l’ampleur médiatique internationale.

Ceux qu’il appelle les « méchants » ont sonné la « chasse », allant jusqu’à dire : « dommage qu’ils n’aient pas tué Pelloux. »

Pourtant, il a continué à écrire, créer, avancer.

C’est très fragile, la créativité. Quand j’étais adolescent, j’avais un groupe de musique. J’écrivais les chansons, les paroles, la musique. J’y mettais toute mon âme.

Parfois des gens en disaient beaucoup de mal, ou disaient du mal de moi. J’étais effondré. Je ne comprenais pas qu’on puisse m’en vouloir à ce point.

Ca n’a rien de comparable avec son histoire, mais il est facile de se laisser décourager par la méchanceté ambiante. Ce n’est pas un hasard si j’ai arrêté la musique.

La solution de Pelloux c’est de ne pas écouter les méchants. Ne pas lire les commentaires. Ne pas répondre.

Juste tracer sa route, partager ses expériences et continuer à vivre comme il l’entend. Malgré les critiques, malgré les méchants, malgré les épreuves de la vie.

On y va.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

02:00 Ses études

12:00 La canicule de 2003

18:00 Ses débuts d’écrivain, ne rien s’interdire

30:00 Se faire le porte parole de ses idées

36:00 Lui et les critiques

44:00 La reconstruction

51:00 Questions bonus

Si vous avez aimé :

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EP 18 – Loic Le Meur : Made In California

 

 

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je me serais dit : « Il s’en fout de ton podcast ».

L’autocensure.

Voilà comment j’ai tué dans l’oeuf des dizaines de projets, viables ou non. Je ne saurai jamais.

J’ai grandi dans un village de 600 habitants. Il n’y avait pas de Loic Le Meur là bas. Il y avait la télé, à travers laquelle je voyais des choses qui ne me concerneraient jamais : le festival de Cannes, Paris, le business.

L’environnement façonne les perspectives. Je me suis laissé limiter, convaincre que je ne pourrais pas faire telle chose ou rencontrer telle personne.

Depuis, je lutte quotidiennement contre l’autocensure et le syndrome de l’imposteur. Avant de commencer quelque chose, je ne m’en crois pas capable. Une fois le projet démarré, je ne me sens plus légitime.

Comme avant de discuter une heure avec Loic Le Meur. J’ai envie de me mettre en boule dans un coin de mon appartement. J’ai trop peur de passer pour un idiot.

Alors, quand il explique qu’il pense n’avoir « rien fait de significatif » dans sa vie, j’écoute. Ca m’intrigue.

J’aurais aimé faire le quart de ce qu’il a fait.

Je me demande si lui aussi doit combattre l’autocensure, le syndrome de l’imposteur.

Deux histoires incomparables et pourtant, je me retrouve dans ses paroles.

Moi, j’ai peur de démarrer car je n’ai rien prouvé.

Lui me dit que « la peur de passer pour un con, tu l’as encore plus à 44 ans. »

Il me raconte sa première boite, montée à 23 ans et qui employait une cinquantaine de personnes. Je l’écoute et je me demande ce que je fais de ma vie.

Mais quand Elon Musk prend la parole à TED et parle des fusées qu’il veut envoyer sur Mars, il a une réaction similaire : « Je me demande ce que je fais de ma vie ».

Peut être qu’on fait tous face aux mêmes peurs finalement. Alors, que faire ?

J’essaie de m’inspirer de sa méthode pour avancer.

  1. Produire. Puisque rien ne fera disparaitre la peur de démarrer, autant se lancer. Lui écrit, lance des projets, organise des conférences, fait des Facebook live. Il n’attend pas que quelque chose soit parfait pour le lancer.
  2. Montrer son travail, partager ce qu’on fait. Lui a pratiqué cette transparence tout au long de sa carrière, jusqu’à monter son dernier projet, Leade.rs, à travers sa newsletter. Une manière de rester au contact de la réalité et un incroyable vecteur d’opportunités. C’est en bloggant que Loic est devenu le premier investisseur dans Linkedin, une dizaine d’années plus tôt.
  3. Aller plus loin. Faire de chaque succès une rampe de lancement vers le prochain essai et conquérir ses peurs, une à une. Loic aurait pu s’arrêter après Le Web, ou lorsque Linkedin s’est vendue pour 26,2 Milliards de dollars. Et pourtant, à 44 ans, il lance son projet le plus ambitieux.

Il faut s’inspirer de cet enthousiasme.

Nouvelle Ecole, c’est ma thérapie contre mes croyances limitantes.

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je progresse !

Antonin

Notes et références :

Les gens :

Pour le fun :

Et si vous voulez vous former à l’art du « networking », deux bouquins qui m’ont beaucoup aidé :

 

Si vous avez aimé :

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EP 17 – Mehdi Maizi : La passion, OKLM

Mehdi Maizi est rédacteur en chef et animateur de La Sauce.

C’est l’émission quotidienne d’OKLM radio (lancée par Booba). Il gère l’éditorial Rap&Rnb de Deezer, anime le No Fun Show  et est l’auteur du livre « Rap Français : Une exploration en 100 albums ». Je l’ai découvert lorsqu’il était rédacteur en chef adjoint pour l’abcdrduson.

A première vue, rien ne le destinait à une carrière de journaliste. Des études de commerce, quelques stages et un CDI en audit. Un parcours dans les clous.

Pourtant, depuis petit, il développe sa passion pour l’écriture.

Fan de Lois & Clark, Mehdi commence par écrire des histoires de Superman. En grandissant, il se passionne pour le rap et passe des jours entiers à écouter les albums dans sa chambre, en lisant le livret.

Cette passion, il tente de la communiquer lors des examens d’entrée en école de commerce. On lui fait comprendre qu’en France, il y a des passions plus classes. Pas assez pour l’éloigner du rap, qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

« Je voulais matérialiser ça par quelque chose. Comme j’avais toujours aimé écrire, le plus simple était d’écrire sur le rap. »

Il envoie une chronique à l’abcdr et commence à exercer ses deux passions simultanément. Pourtant, il est encore loin de s’imaginer en faire une carrière.

Cette histoire du type qui se retrouve par hasard dans son boulot de rêve, on l’entend souvent. Ce n’est pas un hasard. En cultivant ses intérêts, on favorise l’arrivée de l’opportunité qui peut tout changer.

Cette opportunité arrive en 2013.

Une émission payée. Mehdi hésite alors à quitter son job pour se consacrer pleinement au rap :

« J’étais très peureux par rapport à ce genre de choses. T’as un CDI, etc. Le quitter pour l’inconnu, c’est pas mon tempérament à la base ».

Sa femme l’encourage. Dans le pire des cas, il reprendra sa carrière dans l’audit ou le conseil.

« Il suffit d’une phrase pour tout déclencher ».

La suite ? Il anime des émissions pour l’ABCDR, invite les meilleurs rappeurs de France, publie un livre et se fait débaucher par OKLM radio. La station, tout juste lancée par Booba, cherche un rédacteur en chef pour créer et animer son émission phare. Mehdi prépare un pilote, le DUC valide : « La Sauce » est lancée.

En se penchant de plus près sur son parcours, on peut déchiffrer une partie de la recette : cultiver ses intérêts sans se poser de questions, trouver leur intersection, saisir l’opportunité quand elle se présente.

Aujourd’hui, Mehdi gagne sa vie en parlant de Rap.

Au calme.

Antonin

Notes et références :

Si vous avez aimé :

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Antonin