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EP 33 – Marina Rollman : La vie n’est pas un montage

En primaire, l’institutrice m’appelait « Antonin de la lune ».

Jolie formule pour dire que je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi.

Quand je discute, je n’écoute pas. Je pense à ma prochaine phrase. Je veux qu’on me trouve intelligent et je sais plusieurs minutes à l’avance ce que je veux dire ensuite.

Ce n’est pas une qualité pour être hôte de Podcast, mais il y a des traits de caractères bien ancrés.

Des amis m’ont dit :

« Tu ne montres pas vraiment qui tu es. Il y a Antonin dans la vraie vie et Antonin de Nouvelle École. »

Touché.

J’ai peur que vous me trouviez bête si je montre qui je suis. Je suis moins intelligent en vrai que dans Nouvelle École.

Mais je veux montrer la vérité. Sinon ce podcast ne sert à rien et je peux aller mettre des cadres blancs sur mes photos Instagram.

Soyons honnêtes. Je suis très compétitif. Je ne m’intéresse à un jeu que si je peux gagner et je soutiens toujours un camp. Un sport sans gagnant ne m’intéresse pas.

Je compte les points au Beach volley et au Ping-Pong. Quand je perds à FIFA, il m’arrive de jeter ma manette par terre en hurlant des injures vers la télé.

Je ne veux plus m’excuser. Je suis comme ça : j’aime gagner, je déteste perdre et la seule chose qui me console est la perspective de gagner la prochaine fois.

Depuis quelques semaines, je sors mécontent des interviews.

J’ai le sentiment de stagner, voire régresser. Je m’en tiens trop au script, je répète les mêmes bêtises à chaque fois : « la passion, bla bla, redevenir enfant, bla bla bla ». Je m’agace de mon propre disque.

Je veux proposer une émission de qualité. En fait, je veux proposer la meilleure émission. Donc il y a des choses à changer. Et pour ça, plusieurs étapes :

La première étape est de rester humble.

Ces derniers temps, j’ai reçu beaucoup de compliments à propos de Nouvelle École. Je suis stupéfait de la facilité avec laquelle mon ego se complait dans la flatterie. Stupéfait et inquiet.

Heureusement, j’ai un bon ami. Il est toujours là pour me sonner quand je fume trop de crack. Je vous conseille à tous d’en avoir un comme ça, qui vous réveille quand êtes trop dans la lune.

La deuxième étape est de rester un étudiant.

Il n’y a pas si longtemps, je lisais 1 à 2 heures par jour et m’abreuvais des histoires et des techniques des meilleurs du monde. Je ne sais pas pourquoi j’ai ralenti, peut-être pour Rick and Morty. Peut-être pour aller voir combien d’écoutes le dernier épisode a fait.

Il est temps de supprimer Facebook, Twitter, Instagram, de m’asseoir à mon bureau, en face du mur, et de faire pousser des arbres sur Forest. J’oublie vite que les meilleurs ingénieurs du monde dédient leur vie à ce que je perde la mienne sur des apps débiles.

Il est temps de me remettre en marche et d’être en avance sur mon travail. Je ne veux plus avoir l’impression de courir après Nouvelle École. Il est temps de dire non. Mes excuses aux quelques personnes qui me proposent des cafés ou des verres ou des Skype. Je ne sais pas être modéré. C’est souvent tout ou rien pour moi.

J’écoutais Cal Fussman interviewer Larry King.

Deux pros de l’entretien, deux pros de l’interview. J’ai été frappé par le niveau de Cal Fussman. On ne fait pas attention à lui, pourtant il parle beaucoup.

On m’a reproché de trop parler. C’est d’abord parce que je cherche à créer une discussion, pas une interview. J’aime entendre l’hôte dans les émissions que j’écoute. Mais Cal Fussman est différent. Il ne parle pas pour lui. Il ne parle pas pour raconter sa vie ou se faire mousser. Il parle pour l’émission.

Ce que Cal dit sert d’abord l’invité, puis l’auditeur, donc l’émission.

Il est là mais on ne pense pas à lui. Il fait briller Larry King. Il fait tout briller. Cal Fussman est un boss.

Leçon numéro 1 : Parler pour l’émission.

J’aurai tout le loisir de raconter ma vie ailleurs.

Larry King a interviewé des milliers de personnes. Il est reconnu mondialement comme l’un des tous meilleurs. Son secret : être dans le moment.

  • Ne pas lire ses notes en réfléchissant à la suite. Larry King n’apporte pas de notes.
  • Ne pas essayer de déclencher des phrases choc pour les mettre au début de l’épisode.
  • Ne pas penser à ce qu’on veut dire ensuite pour avoir l’air intelligent.

Se taire. Écouter. Être curieux.

Leçon numéro 2 : Être présent.

Vous écoutez peut-être Nouvelle Ecole et je vous en suis reconnaissant. Je m’émerveille que vous puissiez trouver ça intéressant.

Donc je ne veux pas vous décevoir.

Pour cet épisode avec Marina Rollman, je n’ai pas apporté de notes.

L’interview est préparée, mais je ne consulte pas mes questions.  Je ne lis pas de script.

Je ne sais pas si le résultat est meilleur. En tout cas j’expérimente. Me revoilà devant le tableau blanc, comme le débutant que je suis.

  • On parle de sa dépression et de comment elle s’en est sortie.
  • De la quête de sens que nous traversons.
  • Du fait d’être une femme dans son milieu.
  • De l’égo et de comment le contrôler.

Une chose dont on ne parle pas : le standup. C’est l’avantage de ne pas avoir de script, ce sont eux qui sont dans leur tête. Je me contente de suivre.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 01:00 : Trouver du sens
  • 05:30 : Les règles de Nouvelle École
  • 10:00 : Ses débuts, son premier bide et ses divers ratages
  • 20:00 : Sa dépression
  • 35:00 : Poursuivre le parcours, pas le résultat (la théorie Rocky)
  • 42:00 : Récupérer son attention, être présent
  • 55:00 : Être une femme dans le standup
  • 01:00:00 : Ses conseils de drague
  • 01:10:00 : L’ego et comment gérer le succès

Notes et références :

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