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EP 34 – L’Odieux Connard : Un exercice de mauvaise foi

L’Odieux Connard a commencé comme tout le monde.

« Le premier mois j’ai eu 19 visiteurs ».

C’était il y a 8 ans. En 2016, 6 millions de personnes ont lu le blog de l’Odieux Connard.

Quand je vois un type avec des abdos, je sais qu’il a passé du temps à la salle avec de la musique très fort et des gens
musclés qui se regardent dans la glace. Il faut du courage pour ça. Bizarrement, j’oublie ces sacrifices quand je vois un auteur, un entrepreneur ou un youtubeur. On est nombreux à oublier le travail qui se cache derrière le succès. On pense pouvoir le répliquer en 5 minutes.

Evidemment, ça ne marche pas. On ne fait pas 1 million de vues sur sa première vidéo, alors on arrête. L’erreur est d’oublier que rien ne se fait en un jour. L’Odieux Connard publie toutes les 2 semaines depuis 8 ans. C’est comme ça qu’on passe de 19 à 6 000 000. Et c’est bien de s’en souvenir.

Tous les jours, pas toute la journée

« Une bonne journée de travail, c’est 4 heures. »

En ce moment, on fait face à une avalanche de workaholisme à la sauce Gary Vaynerchuk :

« Travaillez 18 heures par jour ! »

« Arrêtez de regarder House of Cards ! »

J’aime bien Gary Vee. Il est motivant et il y a du bon à prendre dans ce qu’il dit. Mais j’aime encore plus House Of Cards. C’est divertissant, les acteurs sont bons et j’apprends des choses sur la politique aux Etats-Unis.

Les Gary Vee du monde me font me sentir coupable d’aimer les séries. Ils me font me culpabiliser de tout ! Ce n’est pas d’apprendre à « HUSTLE » dont j’ai besoin, mais d’apprendre à ne rien faire et ne pas me sentir coupable. De toute façon, je ne VEUX pas travailler 18 heures par jour.

L’Odieux Connard travaille 4 heures par jour. Il a publié des centaine d’articles et deux livres, sans compter ses travaux sur la première guerre mondiale et ses différentes carrières. Il est suivi par des millions de fans (dont moi). Est-il un fainéant ? À vous de juger.

Stephen King travaille entre 4 et 6 heures par jour. Woody Allen disait en 1980 travailler 3 à 5 heures. Stephen King et Woody Allen sont ils des losers ?

On peut toujours faire plus. Mais « assez », c’est bien aussi. Personne ne meurt en se disant « si seulement j’avais bossé 18 heures par jour ! » (et personne ne pourra me contredire là dessus, c’est l’avantage quand on parle pour les morts).

L’importance du débat

« Tant qu’on se lance pas dans la contradiction on peut pas détruire une idée ».

On vit à une époque tendue. Peut-être que mon grand-père a raison et que l’apocalypse est pour demain, mais il nous reste encore aujourd’hui. On peut discuter.

En cas de désaccord, la solution la plus simple consiste à dire qu’un camp a raison. Les méchants sont des salauds, et les gentils sont des gentils. Mais ce genre de discours ne fait qu’agrandir le fossé qui les sépare déjà.

Débattre est plus difficile. C’est admettre qu’il peut y avoir du vrai des deux côtés. C’est tenter de comprendre et donc étudier autrement qu’à travers des vidéos sous-titrées de 10 secondes.

C’est se souvenir qu’il y a des humains en face. Eux aussi pensent être des gentils qui se battent contre les méchants. Si on veut les combattre, il faut les comprendre. Et pour comprendre, il faut écouter.

Qu’est-ce qu’on fait ?

« Ma philosophie c’est « qu’est-ce que je fais ? Est-ce que c’est utile ? » »

Avec le workaholisme vient également la question de l’impact. Tout le monde doit « avoir un impact ». On doit changer le monde sous peine d’avoir raté sa vie. Parmi les quêtes acceptables : apporter internet en Afrique, construire une startup qui DOMINE, laisser une trace dans les livres d’histoire.

Mais l’impact le plus profond est invisible. La vie de tous les jours est invisible. On n’y gagne pas de médailles. Personne ne vient nous recommander sur Linkedin en « gentillesse », « tolérance » ou « humour ». Mais ce sont ces qualités qui changent le monde.

En ça, l’Odieux Connard participe plus qu’il ne le croit à l’entretien de l’édifice.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 03:00 : Les origines de l’Odieux Connard
  • 06:30 : La haine du cinéma au quotidien
  • 22:00 : Son organisation, sa vie de professionnel
  • 33:00 : « Brûler l’éducation nationale et refaire quelque chose », son expérience de professeur.
  • 45:00 : La nécessité de débattre
  • 53:00 : Sa philosophie de vie

Notes et références :

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