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EP 35 – Gringe : Laisser du temps au temps

Gringe a été bloqué pendant 10 ans.

Depuis 2013, il a sorti deux albums, joué dans une série, quatre films et s’apprête à sortir son premier album solo.

On peut raconter l’histoire qu’on préfère. On peut raconter le Gringe bloqué ou le Gringe des Casseurs Flowters. Mais les deux sont indissociables.

Ce qu’on appelle le succès n’est que la perception d’une situation à un instant donné. Nous sommes toujours en mouvement et personne ne traverse la vie en en suivant les panneaux. Chacun fait face à ses moments de stagnation, de doute voire de panique.

Je voulais connaître la partie moins brillante de l’histoire de Gringe. Je m’intéresse plus aux difficultés qu’au succès, car c’est souvent l’échec qui porte les graines de la réussite.

Sans sa longue période de gestation, Gringe n’aurait pas pu devenir la personne qu’on connait. Le temps passé seul lui a permis de « poser un socle ». Sans le Gringe bloqué, pas de Gringe des Casseurs Flowters.

Quand j’étais ado, je prenais tous les adultes pour des imbéciles.

Ils me parlaient de l’importance de l’expérience mais je ne comprenais pas. Je me voyais déjà les battre au jeu de la vie et aller plus vite qu’eux.

Après quelques années à courir comme un hamster dans une roue, j’ai compris que je ne peux pas aller plus vite que la musique. Il y a des choses que seul le temps peut décanter. On plante des graines et, avec les années, on saura lesquelles valaient la peine d’être arrosées.

Tout ce qu’on peut faire, c’est approcher chaque jour comme un Samouraï : faire ses gammes, répéter les mouvements, et laisser le temps au temps.

Comme Gringe.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 02:30 : Sa nouvelle carrière d’acteur, son syndrome de l’imposteur
  • 09:30 : Le succès, le regard des gens qui change
  • 17:00 : Ses débuts dans le rap, sa rencontre avec Orelsan
  • 20:00 : Sa période difficile entre 20 et 30 ans
  • 32:00 : Son changement de vie avec l’album des Casseurs Flowters
  • 42:00 : Son album solo, ses méthodes de travail
  • 48:00 : L’importance de laisser du temps au temps
  • 54:00 : Son nouveau mode de vie, les questions de la fin (le retour !)

Notes et références :

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EP 34 – L’Odieux Connard : Un exercice de mauvaise foi

L’Odieux Connard a commencé comme tout le monde.

« Le premier mois j’ai eu 19 visiteurs ».

C’était il y a 8 ans. En 2016, 6 millions de personnes ont lu le blog de l’Odieux Connard.

Quand je vois un type avec des abdos, je sais qu’il a passé du temps à la salle avec de la musique très fort et des gens
musclés qui se regardent dans la glace. Il faut du courage pour ça. Bizarrement, j’oublie ces sacrifices quand je vois un auteur, un entrepreneur ou un youtubeur. On est nombreux à oublier le travail qui se cache derrière le succès. On pense pouvoir le répliquer en 5 minutes.

Evidemment, ça ne marche pas. On ne fait pas 1 million de vues sur sa première vidéo, alors on arrête. L’erreur est d’oublier que rien ne se fait en un jour. L’Odieux Connard publie toutes les 2 semaines depuis 8 ans. C’est comme ça qu’on passe de 19 à 6 000 000. Et c’est bien de s’en souvenir.

Tous les jours, pas toute la journée

« Une bonne journée de travail, c’est 4 heures. »

En ce moment, on fait face à une avalanche de workaholisme à la sauce Gary Vaynerchuk :

« Travaillez 18 heures par jour ! »

« Arrêtez de regarder House of Cards ! »

J’aime bien Gary Vee. Il est motivant et il y a du bon à prendre dans ce qu’il dit. Mais j’aime encore plus House Of Cards. C’est divertissant, les acteurs sont bons et j’apprends des choses sur la politique aux Etats-Unis.

Les Gary Vee du monde me font me sentir coupable d’aimer les séries. Ils me font me culpabiliser de tout ! Ce n’est pas d’apprendre à « HUSTLE » dont j’ai besoin, mais d’apprendre à ne rien faire et ne pas me sentir coupable. De toute façon, je ne VEUX pas travailler 18 heures par jour.

L’Odieux Connard travaille 4 heures par jour. Il a publié des centaine d’articles et deux livres, sans compter ses travaux sur la première guerre mondiale et ses différentes carrières. Il est suivi par des millions de fans (dont moi). Est-il un fainéant ? À vous de juger.

Stephen King travaille entre 4 et 6 heures par jour. Woody Allen disait en 1980 travailler 3 à 5 heures. Stephen King et Woody Allen sont ils des losers ?

On peut toujours faire plus. Mais « assez », c’est bien aussi. Personne ne meurt en se disant « si seulement j’avais bossé 18 heures par jour ! » (et personne ne pourra me contredire là dessus, c’est l’avantage quand on parle pour les morts).

L’importance du débat

« Tant qu’on se lance pas dans la contradiction on peut pas détruire une idée ».

On vit à une époque tendue. Peut-être que mon grand-père a raison et que l’apocalypse est pour demain, mais il nous reste encore aujourd’hui. On peut discuter.

En cas de désaccord, la solution la plus simple consiste à dire qu’un camp a raison. Les méchants sont des salauds, et les gentils sont des gentils. Mais ce genre de discours ne fait qu’agrandir le fossé qui les sépare déjà.

Débattre est plus difficile. C’est admettre qu’il peut y avoir du vrai des deux côtés. C’est tenter de comprendre et donc étudier autrement qu’à travers des vidéos sous-titrées de 10 secondes.

C’est se souvenir qu’il y a des humains en face. Eux aussi pensent être des gentils qui se battent contre les méchants. Si on veut les combattre, il faut les comprendre. Et pour comprendre, il faut écouter.

Qu’est-ce qu’on fait ?

« Ma philosophie c’est « qu’est-ce que je fais ? Est-ce que c’est utile ? » »

Avec le workaholisme vient également la question de l’impact. Tout le monde doit « avoir un impact ». On doit changer le monde sous peine d’avoir raté sa vie. Parmi les quêtes acceptables : apporter internet en Afrique, construire une startup qui DOMINE, laisser une trace dans les livres d’histoire.

Mais l’impact le plus profond est invisible. La vie de tous les jours est invisible. On n’y gagne pas de médailles. Personne ne vient nous recommander sur Linkedin en « gentillesse », « tolérance » ou « humour ». Mais ce sont ces qualités qui changent le monde.

En ça, l’Odieux Connard participe plus qu’il ne le croit à l’entretien de l’édifice.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 03:00 : Les origines de l’Odieux Connard
  • 06:30 : La haine du cinéma au quotidien
  • 22:00 : Son organisation, sa vie de professionnel
  • 33:00 : « Brûler l’éducation nationale et refaire quelque chose », son expérience de professeur.
  • 45:00 : La nécessité de débattre
  • 53:00 : Sa philosophie de vie

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EP 33 – Marina Rollman : La vie n’est pas un montage

En primaire, l’institutrice m’appelait « Antonin de la lune ».

Jolie formule pour dire que je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi.

Quand je discute, je n’écoute pas. Je pense à ma prochaine phrase. Je veux qu’on me trouve intelligent et je sais plusieurs minutes à l’avance ce que je veux dire ensuite.

Ce n’est pas une qualité pour être hôte de Podcast, mais il y a des traits de caractères bien ancrés.

Des amis m’ont dit :

« Tu ne montres pas vraiment qui tu es. Il y a Antonin dans la vraie vie et Antonin de Nouvelle École. »

Touché.

J’ai peur que vous me trouviez bête si je montre qui je suis. Je suis moins intelligent en vrai que dans Nouvelle École.

Mais je veux montrer la vérité. Sinon ce podcast ne sert à rien et je peux aller mettre des cadres blancs sur mes photos Instagram.

Soyons honnêtes. Je suis très compétitif. Je ne m’intéresse à un jeu que si je peux gagner et je soutiens toujours un camp. Un sport sans gagnant ne m’intéresse pas.

Je compte les points au Beach volley et au Ping-Pong. Quand je perds à FIFA, il m’arrive de jeter ma manette par terre en hurlant des injures vers la télé.

Je ne veux plus m’excuser. Je suis comme ça : j’aime gagner, je déteste perdre et la seule chose qui me console est la perspective de gagner la prochaine fois.

Depuis quelques semaines, je sors mécontent des interviews.

J’ai le sentiment de stagner, voire régresser. Je m’en tiens trop au script, je répète les mêmes bêtises à chaque fois : « la passion, bla bla, redevenir enfant, bla bla bla ». Je m’agace de mon propre disque.

Je veux proposer une émission de qualité. En fait, je veux proposer la meilleure émission. Donc il y a des choses à changer. Et pour ça, plusieurs étapes :

La première étape est de rester humble.

Ces derniers temps, j’ai reçu beaucoup de compliments à propos de Nouvelle École. Je suis stupéfait de la facilité avec laquelle mon ego se complait dans la flatterie. Stupéfait et inquiet.

Heureusement, j’ai un bon ami. Il est toujours là pour me sonner quand je fume trop de crack. Je vous conseille à tous d’en avoir un comme ça, qui vous réveille quand êtes trop dans la lune.

La deuxième étape est de rester un étudiant.

Il n’y a pas si longtemps, je lisais 1 à 2 heures par jour et m’abreuvais des histoires et des techniques des meilleurs du monde. Je ne sais pas pourquoi j’ai ralenti, peut-être pour Rick and Morty. Peut-être pour aller voir combien d’écoutes le dernier épisode a fait.

Il est temps de supprimer Facebook, Twitter, Instagram, de m’asseoir à mon bureau, en face du mur, et de faire pousser des arbres sur Forest. J’oublie vite que les meilleurs ingénieurs du monde dédient leur vie à ce que je perde la mienne sur des apps débiles.

Il est temps de me remettre en marche et d’être en avance sur mon travail. Je ne veux plus avoir l’impression de courir après Nouvelle École. Il est temps de dire non. Mes excuses aux quelques personnes qui me proposent des cafés ou des verres ou des Skype. Je ne sais pas être modéré. C’est souvent tout ou rien pour moi.

J’écoutais Cal Fussman interviewer Larry King.

Deux pros de l’entretien, deux pros de l’interview. J’ai été frappé par le niveau de Cal Fussman. On ne fait pas attention à lui, pourtant il parle beaucoup.

On m’a reproché de trop parler. C’est d’abord parce que je cherche à créer une discussion, pas une interview. J’aime entendre l’hôte dans les émissions que j’écoute. Mais Cal Fussman est différent. Il ne parle pas pour lui. Il ne parle pas pour raconter sa vie ou se faire mousser. Il parle pour l’émission.

Ce que Cal dit sert d’abord l’invité, puis l’auditeur, donc l’émission.

Il est là mais on ne pense pas à lui. Il fait briller Larry King. Il fait tout briller. Cal Fussman est un boss.

Leçon numéro 1 : Parler pour l’émission.

J’aurai tout le loisir de raconter ma vie ailleurs.

Larry King a interviewé des milliers de personnes. Il est reconnu mondialement comme l’un des tous meilleurs. Son secret : être dans le moment.

  • Ne pas lire ses notes en réfléchissant à la suite. Larry King n’apporte pas de notes.
  • Ne pas essayer de déclencher des phrases choc pour les mettre au début de l’épisode.
  • Ne pas penser à ce qu’on veut dire ensuite pour avoir l’air intelligent.

Se taire. Écouter. Être curieux.

Leçon numéro 2 : Être présent.

Vous écoutez peut-être Nouvelle Ecole et je vous en suis reconnaissant. Je m’émerveille que vous puissiez trouver ça intéressant.

Donc je ne veux pas vous décevoir.

Pour cet épisode avec Marina Rollman, je n’ai pas apporté de notes.

L’interview est préparée, mais je ne consulte pas mes questions.  Je ne lis pas de script.

Je ne sais pas si le résultat est meilleur. En tout cas j’expérimente. Me revoilà devant le tableau blanc, comme le débutant que je suis.

  • On parle de sa dépression et de comment elle s’en est sortie.
  • De la quête de sens que nous traversons.
  • Du fait d’être une femme dans son milieu.
  • De l’égo et de comment le contrôler.

Une chose dont on ne parle pas : le standup. C’est l’avantage de ne pas avoir de script, ce sont eux qui sont dans leur tête. Je me contente de suivre.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 01:00 : Trouver du sens
  • 05:30 : Les règles de Nouvelle École
  • 10:00 : Ses débuts, son premier bide et ses divers ratages
  • 20:00 : Sa dépression
  • 35:00 : Poursuivre le parcours, pas le résultat (la théorie Rocky)
  • 42:00 : Récupérer son attention, être présent
  • 55:00 : Être une femme dans le standup
  • 01:00:00 : Ses conseils de drague
  • 01:10:00 : L’ego et comment gérer le succès

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EP 32 – Romain Paillard : Le droit d’être curieux toute sa vie

Au lycée, on nous montrait des brochures ONISEP avec les différents choix de carrière indiqués en couleur.

Il y en avait 5. Il fallait choisir une couleur pour sa vie et ensuite on arrivait à des trucs comme « ressources humaines » ou « génie civil ».

J’avais proposé à mon meilleur ami d’arrêter le lycée, de louer un van et de partir en tournée. Lui avait décroché depuis longtemps.

Quand tu grandis, on te tape le crâne avec le mot carrière jusqu’à ce que ça rentre. « Quelle est ta fonction, humain ? » Coder, planter des clous, arroser des plantes ou gérer des équipes de commerciaux ?

En tout cas choisis bien.

Alors, tout le monde choisit un truc un peu au hasard. Comme Romain Paillard, j’avais choisi le droit. Comme Romain Paillard, j’avais bien aimé. Lui était devenu avocat. Maintenant, on lui demande pourquoi un avocat a quitté sa carrière pour créer une école de code.

« Tout le monde croit que si tu fais un nouveau truc c’est que l’autre ne t’a pas plu. »

Comme s’il fallait sortir totalement d’une case pour entrer dans une autre.

Romain aimait son métier, mais lancer Le Wagon avec son frère l’enthousiasmait plus, alors il a changé. Il ne se voyait pas avocat pendant 20 ans.

« De la même manière que je me vois pas faire le Wagon 20 ans. »

Le concept de carrière est absurde.

On te met sur des rails et c’est parti jusqu’à la ligne d’arrivée. Comme si quelques années d’études devaient déterminer toute ton existence. Il m’a fallu faire Le Wagon pour comprendre que je pouvais être développeur web si je le voulais. Il me suffit de poser mes fesses sur une chaise et de coder tous les jours pendant longtemps.

Mais c’est plus simple de se mettre dans une case en se disant « tu ne peux pas ».

Sauf que personne ne nait développeur, agriculteur ou boxeur. On est le résultat de ce qu’on décide de faire tous les jours.

Alors pourquoi s’interdire d’essayer ? On devrait encourager les gens à chercher, pas les obliger à trouver immédiatement. On devrait nous pousser à toujours découvrir. Personne n’est fait pour aimer la même chose pendant 50 ans.

Romain a raison de s’autoriser à être curieux. On n’aura pas de deuxième essai pour le faire. J’espère qu’il finira par ouvrir une ferme autonome et qu’il m’invitera. J’irai peut-être. S’ils ont internet.

Un ami m’a dit : « À chaque fois que je te vois, tu fais un truc différent ».

Quand j’entends ça, je m’inquiète. J’ai peur de me tromper. Le soir, je roule dans mon lit en me disant que j’aurais du choisir une couleur au collège.

Mais dans moins de cent ans, je serai un sac d’os dans une boîte dans le sol. Rien de tout ça n’est important.

Je peux pivoter autant que je veux. Je peux faire de la musique, puis une école de commerce, puis écrire, puis vendre des chatbots, puis écrire encore.

Je peux me retrouver à 10 heures du matin dans un appartement avec des inconnus parce que j’ai pris trop de drogues et me dire que c’est fini, fini, fini, fini. Je peux redevenir sain et puis recommencer.

Je peux tomber amoureux et faire n’importe quoi par insécurité, à 15 ans comme à 25.

Je peux, car ce ne sont que des essais. Je ne sais pas où je vais et personne n’a l’air de savoir. J’essaie de faire confiance à mes sensations.  Dans le coeur, ça va. Dans l’estomac, ça ne va pas.

Et quand ça ne va pas pendant trop longtemps, je change. Je suis un sac d’os qui cherche la manière la moins désagréable de traverser la vie. Et j’ai deux options :

Je peux rester sur l’autoroute. Je suis sûr d’arriver à l’heure et en bonne santé.

Ou je peux couper à travers champs. Je risque de me tromper, de me faire mal et de revenir sur mes pas.

Mais au moins j’aurai vu du pays.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 00:00 : Divagations sur Nouvelle École
  • 05:00 : Le Wagon, leurs progrès constants
  • 13:00 : Sa carrière d’avocat et les anecdotes qui vont avec
  • 22:00 : L’entrepreneuriat, la carrière et la nécessité de sortir des cases
  • 39:00 : Apprendre à coder, dépasser ses croyances limitantes
  • 50:00 : Repenser l’apprentissage
  • 01:03:00 : La vie d’entrepreneur curieux (et son rythme de travail)
  • 01:19:00 : Les questions Bernard Pivot

Notes et références :

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EP 31 – Adrien Ménielle : Toujours faire de son mieux

C’est l’histoire d’un mec qui s’est réinventé.

J’ai peur du temps qui passe. Quand j’étais petit, les joueurs de foot étaient des adultes et je pouvais encore devenir Zidane. Hier j’ai vu un match avec Neymar en j’ai réalisé que ça y est, c’est mort.

Plus je grandis, plus le temps passe vite, plus je me dis « je ne pourrai jamais faire ça ». Chaque choix de vie devient un investissement que je n’ai pas envie de rater.

Il y a 4 ans, je ne sais pas si Adrien Ménielle se disait la même chose. À cette époque, il était toujours illustrateur et ironisait sur Vine :

Tu as 33 ans et tu n’as rien accompli dans la vie.

Au moment où j’écris cet article, il vient de finir de jouer le rôle principal dans une série qu’il a écrite.

C’est un épisode pour tous ceux qui se disent « je ne pourrai jamais faire ça ».  Voici ce que j’en retiens :

1. Toujours faire de son mieux

Son premier boulot payé en tant qu’illustrateur, c’était pour TGV Magazine. J’ai connu des paquets de céréales bio plus lus que ce journal. Lui n’en attendait rien de spécial.

Mais par chance, le directeur de Nathan Jeunesse a décidé d’ouvrir ce magazine. Il est tombé sur les illustrations d’Adrien et l’a embauché.

Ses premiers sketchs sur internet étaient faits sur Vine, une plateforme pour publier des vidéos de 6 à 7 secondes.

« Les vines c’est comme ce que tu fais avec la caméra de ton père quand t’as 8 ans. Sauf que moi j’en avais 33. »

Encore une fois, il n’en attendait rien de spécial.

Mais par chance, les types de Golden Moustache ont aimé. Ils lui ont proposé de passer un essai. En 4 ans, Adrien est devenu auteur, comédien et même réalisateur au sein de Golden Moustache, dont il a ensuite assumé la direction artistique.

Il a respecté la chance.

J’essaye de m’inspirer de ces gens qui font toujours de leur mieux, mais c’est difficile. J’ai du mal à savoir quand c’est bien, ou quand c’est mieux. Je ne sais même pas si les gens lisent ça. Si j’écris « banane », est-ce que quelqu’un le verra ?

Si oui, faites-moi signe. Sinon, je continuerai à essayer de faire mieux.

2. Ne pas se limiter

« Je voyais Golden Moustache et je me disais : « Ah, c’est génial, mais bon, moi je pourrai jamais faire ça. «  »

Je me suis marré quand il a dit ça. J’étais en train de me dire la même chose à son sujet : « Ah, c’est génial, mais bon ce n’est pas pour moi ce genre de métier ».

Je crois que les choses qui m’intéressent sont réservées aux autres. Si je ne suis pas à leur place, n’est-ce pas qu’il y a une raison ? Je me sens trop vieux pour commencer.

Récemment, on m’a demandé quel est le meilleur aspect de Nouvelle École.  C’est d’avoir l’opportunité de voir les gens tels qu’ils sont et de leur poser les questions que je me pose :

  • comment on fait ?
  • est-ce que c’est difficile ?
  • est-ce que tu as peur parfois ?

Moi j’ai un peu peur, tout de même. J’essaie de ne pas le montrer, mais j’ai assez de nuits blanches à mon actif pour prétendre le contraire.

La bonne nouvelle, c’est que je ne suis pas seul. À chaque interview, je découvre un nouvel humain avec ses forces et ses failles, ses convictions et ses doutes.

Je découvre des gens qui ont encore le syndrome de l’imposteur et d’autres qui pensent n’avoir rien fait d’important. De l’extérieur, je n’y aurais pas cru.

Surtout, je découvre des gens qui se sont dit : « Allez, je le fais ».

En 4 ans, Adrien Ménielle s’est réinventé. Il est passé de spectateur à acteur. À se remémorer quand on se dit « je ne pourrai jamais faire ça ».

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 06:30 : L’introversion : tentative de définition
  • 12:30 : Ses soucis d’adaptation à l’école
  • 20:00 : Ses débuts en tant qu’illustrateur
  • 26:30 : Vine et la transition vers Golden Moustache
  • 31:30 : Son rapport à l’autopromotion, au succès et au fait de se vendre
  • 41:00 : Ses débuts chez Golden Moustache
  • 52:00 : L’importance de démarrer sans attendre
  • 01:05:00 : Ne pas s’enfermer dans un rôle
  • 01:18:00 : Les questions perso

Notes et références :

Si vous avez aimé :

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EP 30 – Maxime Braud : Ne respecte pas le Règlement

Maxime Braud est à part.

Dès qu’il s’absente 5 minutes, il revient avec une nouvelle idée brillante. Sauf qu’il l’a déjà lancée. Et qu’elle marche.

Comme sur Règlement Radio, qui passe des morceaux de rap 24/7 sur Youtube. Il m’en avait vaguement parlé, je l’avais à peine écouté. Il l’a lancée en moins de 2 semaines et maintenant, des centaines de fans de rap squattent sa chaîne jour et nuit.

Moi, j’ai des carnets remplis d’idées que je ne lancerai jamais. J’aime trop fantasmer. J’ai une idée, puis j’en parle, puis j’en parle, puis je ne fais rien.

Alors j’essaie de décortiquer les gens comme Maxime, et voilà ce que j’en tire :

1. Fais-le

Il y a quelques semaines, un auditeur m’a appelé. Il voulait des conseils pour l’aider à se lancer. J’aurais du lui dire qu’il avait appelé la mauvaise personne, mais j’ai un égo. Alors je lui ai dit « fais-le! », d’un ton assuré.

Toujours prendre un ton assuré quand on donne des conseils.

Mais c’est vraiment le meilleur conseil. Je sais de quoi je parle. J’ai lu tous les livres d’entrepreneuriat ! J’ai écouté tous les podcasts. J’ai participé à des meetups. J’ai pitché des idées et j’ai même appris à coder.

Si la clé de la réussite était la connaissance, on serait tous des millionnaires avec des abdos parfaits.

J’ai 140 livres sur mon Kindle, peu d’abdos, 0 millions.

Maxime a découvert le rappeur Django. Le lendemain, il a acheté un micro. Le surlendemain, il a sorti le premier épisode du Règlement. En 2 jours, il est passé de l’idée à l’exécution. Aujourd’hui le Règlement a 160 000 abonnés sur Youtube.

Plus tu réfléchis à ton idée, moins tu as de chances de la réaliser. Il y a trop de bonnes raisons de ne pas se lancer.

Alors je ne réfléchis plus. Je lance. J’avise ensuite. Et si vous me retrouvez dans le caniveau, aidez-moi.

2. Fais ce que tu veux voir

J’entends ce conseil partout depuis que Navo me l’a donné. Comme quand j’apprends un nouveau mot.

Il est tellement simple, ce conseil, que j’ai toujours fait l’inverse. Je ne cherchais pas à faire ce que je voulais voir, mais ce qui me rendrait riche, célèbre, et qui rendrait toutes les filles amoureuses de moi.

J’avais plein de supers idées que je n’allais jamais lancer. Impossible de me motiver sur le long terme quand je ne fais pas les choses pour moi. Recruter des gens pour des startups, bonne idée, mais tu te vois faire ça pendant 10 ans ?

Autre problème : vouloir faire un truc qui marche, c’est la garantie ne pas être original.

Et je crois que le but de tout projet créatif, c’est d’être original.

Comme tout a déjà été dit et fait, il ne reste plus qu’à partir de soi-même en se demandant « qu’est-ce que j’ai envie de voir ? ».

Sinon, on se retrouve tous avec des cadres blancs sur nos photos Insta.

Maxime avait envie de regarder le Règlement. Il voulait des vidéos de rap différentes qui parlent aux acharnés comme lui. Alors il a créé sa première vidéo. S’il obtenait 2000 vues, il s’engageait à en faire une seconde.

Cette vidéo a maintenant plus 800 000 vues. Comme souvent, il n’était pas seul à vouloir voir quelque chose de différent.

3. Amuse-toi

Un autre conseil cliché. Pourtant, il s’oublie facilement. J’en ai fait les frais.

J’ai peur de ne pas être pris au sérieux. Quand on me demande ce que je fais, j’ai le sentiment de passer pour un clown.

Un passage en école, un stage où tout le monde tire la gueule et tu te mets dans la tête que la vie d’adulte se doit d’être sérieuse. C’est à dire chiante. Comme si s’amuser devait rester un truc d’enfants.

Mais le monde entier glorifie ceux qui réussissent à s’amuser : les musiciens, les acteurs, les joueurs de foot. C’est bien qu’on veut tous un peu plus de jeu dans nos vies.

L’erreur, c’est de croire que les choses sérieuses impliquent un costume gris, un immeuble gris et un ciel gris quand tu sors du métro.

Le Règlement, c’est violet fluo, mais c’est très sérieux.

Il suffit de voir l’attente que génère chacune des vidéos de Maxime. L’engouement de tous ceux qui veulent l’aider gratuitement.

On a tous envie de se sentir gamins. De travailler sans avoir l’impression de travailler, de ne plus voir le temps passer.

S’amuser, c’est très sérieux. Et je ne veux plus oublier ça.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 05:00 : De ses difficultés dans le monde professionnel à la création de Mangrove
  • 15:00 : Comment avoir des repères en tant qu’indépendant
  • 24:00 : L’école, la prépa et ses difficultés à rentrer dans le moule
  • 29:00 : Le Règlement : des origines au succès
  • 42:00 : Cultiver sa créativité
  • 47:00 : Règlement Radio, les idées viennent en exécutant
  • 54:00 : Les questions perso

Notes et références :

Si vous avez aimé :

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EP 29 – Alban Denoyel : Sculpter le futur

Le monde avance trop vite pour ne pas faire attention.

Si je pouvais changer le passé, je supprimerais MSN et Age of Empires de mon PC d’adolescent et je m’intéresserais à la technologie. J’apprendrais à coder, j’apprendrais internet. Un peu moins de distractions, un peu plus d’apprentissage de ce qui a façonné le monde dans lequel je vis aujourd’hui.

Mais j’aimais trop Age of Empires.

Alors j’ai ramé. Je me suis cogné la tête contre les murs à essayer de comprendre ce qu’était le Cloud et comment coder une application. Aujourd’hui j’essaie de suivre, je ne veux plus me sentir paumé comme il y a 3 ans. Et je ne veux pas me sentir paumé dans 10 ans.

Voilà pourquoi je voulais rencontrer Alban Denoyel.

Plutôt que de rester spectateur, Alban a décidé de participer à la construction du monde. Aujourd’hui, Sketchfab sert à publier, partager et découvrir du contenu en 3D et en Réalité Virtuelle. Une plateforme sur laquelle 1 million d’utilisateurs sculptent le futur.

Vous voyez ce que ça fait déjà, 1 million ?

Je voulais en savoir plus sur son parcours et ce qui l’a aidé à sentir le coup avant les autres. Je voulais parler technologie : réalité virtuelle et impression 3D.

Il y a 2 ans, Bold m’a donné une mesure de la vitesse à laquelle le futur arrive. Et Alban a choisi de vivre en plein dedans. Aujourd’hui, il partage des photos de son fils en 3 dimensions.

Mon futur, c’est déjà son présent.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 0:00 : Son parcours, sa passion pour la sculpture
  • 13:00 : Les débuts de Sketchfab
  • 24:00 : Sketchfab aujourd’hui
  • 32:00 : La réalité virtuelle, aujourd’hui et dans le futur
  • 38:00 : Quelques pensées sur le recrutement
  • 44:00 : Entreprendre quand on est père
  • 48:00 Les questions de la fin

Notes et références :

  • Polka Magazine
  • Adam Smith
  • Fab2pro fait par Lenovo et Google
  • James Altucher
  • The Social Network
  • The Facebook Effect
  • Tiltbrush (peindre en réalité virtuelle)
  • Hatching Twitter
  • Sapiens
  • Noah kagan et le Coffee challenge
  • Pinterest
  • Sketchfab.com/alban
  • Denoyel.com

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EP 28 – FloBer : Rester enfant, rester sincère

Je suis jaloux de FloBer.

On a le même âge mais on est pas dans les mêmes bails. À l’heure où j’écris cet article, FloBer a :

  • conquis le Youtube Game avec les Suricates
  • conquis le TV game avec Bloqués
  • conquis les coeurs avec des dizaines de vidéos qu’il a écrites ou réalisées, des Suricates à Golden Moustache en passant par le Studio Bagel.

Mais ce n’est pas pour ça que je suis jaloux.

Je suis jaloux de FloBer parce qu’il est resté enfant.

Il me dit ne jamais avoir l’impression de travailler. Il gagne sa vie en faisant ce qu’il a toujours aimé faire : écrire et réaliser des vidéos.

Ça me rappelle l’interview avec Léo Bigiaoui.

Léo, c’était mon pote depuis longtemps, on avait fait nos études ensemble. Puis j’étais parti à HEC, il était parti suivre sa passion. Au moment de l’interview, son travail commençait à buzzer et moi, j’étais en dépression. Je ne savais plus qui j’étais ni pourquoi je faisais les choses.

On était sortis diner. Il voulait tester son nouvel appareil photo et on avait pris plein de clichés de la pluie, de la lumière, de moi sous la lumière et la pluie. C’était marrant. Il était comme un gosse.

Moi j’étais malheureux. Je le regardais prendre des photos en se marrant je sentais mon coeur se serrer. Je faisais semblant de rire mais j’avais envie de pleurer. Ça faisait longtemps que je ne jouais plus.

Léo m’avait réveillé.

Je m’étais souvenu qu’il existe une version de la vie où on se marre tous les jours. Une vie où tu as le droit d’être un gosse, de prendre des photos et de n’avoir aucun plan de carrière.

Je m’étais souvenu de moi, petit. Quand je n’essayais pas de gagner plus d’argent ou de rentrer à HEC pour impressionner mes proches. Quand je voulais juste apprendre des chansons par coeur puis les chanter, écrire des histoires et puis les raconter.

Et j’avais commencé à dire stop. Moins d’adulte, plus d’enfant.

Alors merci FloBer, Navo, Léo et tous les autres.

Nouvelle École, c’est ma thérapie. C’est ce qui me permet de revenir sur les rails de ma vie quand je m’en écarte trop. C’est ce qui me rappelle de m’amuser le plus possible, parce que je peux. Et parce qu’il n’y a rien de plus triste que de sentir son coeur se serrer quand ses potes réussissent.

Aujourd’hui, je publie un épisode de podcast. Demain, je vais faire un peu de musique.

Pour la suite, on verra.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 0:00 : Florilège de bêtises
  • 08:00 : Ses choix de vie, ses choix artistiques
  • 15:00 Son enfance, la naissance de sa passion
  • 30:00 La nostalgie au coeur de son travail
  • 38:00 Sa carrière, le départ de Suricates
  • 48:00 Observer la vie (moment cadeau !)
  • 53:00 Son processus créatif
  • 1:06:00 Sa relation au succès, aux critiques
  • 1:15:00 Les questions de la fin et ce qu’il ferait s’il était riche

Notes et références :

  • Le Manoir
  • Lego Batman
  • Ce qui nous lie – Cedric Klapisch
  • Shaun of the dead
  • 8 Mile
  • Bernie
  • Bref
  • Pio Marmaï
  • Steve Carell
  • Kyan Kohjandi
  • Clément Cotentin
  • Orelsan
    • Perdu D’avance
    • No Life
    • Plus rien ne m’étonne
  • Bloqués
  • Mister V
  • Rémi Bezançon : Le premier jour du reste de ta vie
  • LOUIS CK
  • Studio Bagel
  • Les Suricates
  • Golden Moustache
  • Studio Movie
  • Le FLOODCAST (écoutez c’est très drôle)
  • Flashback Museum
  • J’ai vomi dans mes cornflakes

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EP 27 – Guillaume Gibault : Au pire, j’aurai des slips toute ma vie !

Il est plus facile de sortir de Polytechnique que de sortir de l’ordinaire.

 En 2013 j’ai eu ma première expérience « startup ».

Je participais à un programme de deux semaines dans mon école. On devait trouver une idée, construire un prototype et le présenter devant un jury.

Notre idée : livrer des cadeaux dans tout Paris. Notre algorithme trouverait les meilleures idées de cadeau en fonction de la personnalité des utilisateurs. Nos livreurs apporteraient les cadeaux dans toute la capitale.

En théorie.

C’était l’illustration parfaite de la fausse bonne idée. On se savait pas coder, ni ce qu’était un algorithme. Mais ça sonnait bien et tout le monde en mettait dans les présentations.

Dans le jury il y avait Guillaume Gibault du Slip Français.

On avait appris ça quelques jours avant le concours de « pitchs ». Alors on avait mis des références au Slip Français dans toute notre présentation. Jean Dujardin était notre utilisateur type. Quand il faisait tourner notre (faux) algorithme, on lui proposait un Slip Français.

C’était la seule option disponible. Il ne faut pas croire les démonstrations d’algorithmes dans les concours de pitchs.

Guillaume Gibault n’avait pas voté pour nous.

On n’était même pas sur le podium. Pas grave. J’avais passé 2 semaines différentes de ce qu’on avait toujours fait à l’école.

Pendant 2 semaines, on avait fait ce qu’on voulait. On avait beaucoup plus travaillé que d’habitude, mais on s’en fichait. On travaillait pour nous, entre potes, en écoutant de la musique. C’était l’aventure.

Pour la première fois, personne ne nous disait quoi faire. On créait, on décidait, on planifiait nous mêmes. Et ça faisait du bien.

Du coup, on faisait n’importe quoi. On avait marché dans tout Paris pour trouver des partenaires pour notre startup qui n’existerait jamais. Une sacrée perte de temps. Mais seule l’expérience pouvait nous apprendre cette leçon. Et c’était amusant.

On avait appris à se vendre.

Pour la première fois, j’entrais dans des magasins pour convaincre des gens de travailler avec moi. J’avais appris à améliorer mon histoire, petit à petit. À la fin, je vendais presque quelque chose de crédible. Pourquoi n’apprenait-on pas à se vendre en école de commerce ?

Je me souviens d’un cours de « leadership » dans lequel on lisait des textes de la Harvard Business Review. C’était censé nous apprendre à devenir des leaders.

Il valait mieux perdre du temps en vendant une idée stupide dans Paris que dans ce cours.

Et j’étais décidé à tenter ma chance. À faire les choses moi-même. J’étais nul, j’avais peur et je manquais de confiance en moi. Mais j’avais constaté qu’on pouvait apprendre rapidement, sur le tas.

4 ans plus tard, je me suis à nouveau retrouvé devant Guillaume Gibault.

Comme Oussama Ammar, il ne pouvait pas se souvenir de moi.

Mais je me souvenais bien de lui. Il était là quand j’avais décidé de tenter ma chance. Je n’ai rien créé d’équivalent au Slip Français, loin de là. Mais j’ai le sentiment d’être sur la bonne voie.

Et pour reprendre ses mots :

J’encourage ceux qui se posent des questions à tenter leur chance.

Voici ce dont on a parlé :

  • 02:00 : Les origines : enfance et parcours
  • 14:20 : Se lancer dans l’entreprenariat
  • 21:00 : Le Slip Français : son rôle, son évolution et ses difficultés
  • 38:00 : La créativité, ça se travaille
  • 41:50 : Les questions personnelles

Notes et références :

Livres : 

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EP 26 – Autodisciple : Comment dépasser ses limites

En 2015, je me suis remis à lire.

J’allais terminer mon stage à San Francisco. En 6 mois j’avais plus appris qu’en 10 ans, mais je n’avais jamais été aussi stressé. Je croyais avoir fait le plus dur en étant pris en école de commerce.

Dans la Silicon Valley, j’étais largué. Tout le monde était plus jeune, plus compétent, plus confiant et plus ambitieux que moi. Ils avaient tous déjà monté une startup.

J’étais convaincu que seule la vie de « founder » valait le coup, et mon environnement renforçait cette croyance. Je n’arrivais pas à dormir. Il fallait que je sois entrepreneur, il me fallait une idée de startup :

« Une app pour apprendre à jouer de la musique ! »

« Un service pour livrer des repas ! »

J’étais à deux doigts de la boîte qui fait « Meuh » et du réseau social pour chiens.

La journée, j’apprenais ce qu’étaient qu’internet, le cloud, AWS. Le soir, j’apprenais à coder sur Codecademy avec de la musique répétitive dans les oreilles. J’étais nul, nul, nul ! Alors j’allais chercher un Falafel en bas et je mettais The Office.

Les plus belles années de ma vie.

J’avais commencé à suivre un cours du Y Combinator : How to Start a Startup. Ils recommandaient des bouquins à la fin de la première leçon et j’avais tout acheté.

Je me souviendrai toujours de ces 3 bouquins :

  • The Facebook Effect
  • Never Eat Alone
  • Crucial Conversations

J’avais lu The Facebook Effect en 1 jour, comme un bon vieux Harry Potter. Là aussi tout était magique. Une bande de potes qui font un site pour les étudiants. Le site explose, ils partent en Californie et deviennent milliardaires. Je voulais vivre ce genre d’aventure. Je voulais du Facebook Effect dans ma vie.

Never Eat Alone avait retourné mon cerveau. J’y  avais appris comment contacter des gens, comment maintenir des relations, comment faire TOUT différemment des autres. Ne jamais postuler à un job en envoyant une lettre de motivation, mais rencontrer l’équipe, créer des liens, jouer sur l’humain. Aujourd’hui, je ne rencontre jamais quelqu’un sans avoir fait mes devoirs au préalable. Et ça a tout changé.

Avec Crucial Conversations, j’avais réalisé que l’échec de mes relations amoureuses tenait à mes piètres compétences de communicant. J’étais incapable de dire quelque chose de difficile, je préférais me cacher en attendant que la tempête se calme. Une mauvaise stratégie, en amour comme dans le reste.

Ce que ces lectures m’ont apprises, c’est que je ne savais rien.

J’étais un amateur, un débutant. Je me pensais intelligent, j’avais été pris dans une grande école. Ces livres m’avaient fait dégonfler. J’étais tout en bas de la pente et il fallait monter. Pas à pas.

Mais ces bouquins m’avaient également donné de l’espoir. Il suffisait de s’y mettre. Il suffisait de lire ! J’avais appris beaucoup de choses inutiles depuis plusieurs années, mais c’était fini. J’allais commencer à apprendre ce dont j’avais besoin.

Rentré en France, j’avais passé 6 mois à lire minimum 2 heures par jour. Cette période a été un tournant.

Alors j’étais ravi de discuter avec Autodisciple.

On avait lu les mêmes livres. On s’était intéressés aux mêmes choses. On allait pouvoir parler de sa période pick up artist. Evidemment, j’avais lu The Game. Évidemment, j’avais essayé toutes les techniques. Et évidemment, ça marchait.

Je voulais connaitre son parcours. Il s’était intéressé à tout cela bien avant moi. Je lui ai demandé comment il gagnait de l’argent. Aussi, je voulais comprendre sa motivation à dépasser ses limites en permanence.

Raj, c’est une startup humaine.

Il a des hypothèses :

« Puis-je vivre uniquement avec des Bitcoin? »

« Puis-je dire oui à tout ce qu’on me demande ? »

Il teste ces hypothèses de manière intensive pendant 30 jours.

Si tu ne testes pas sur le long terme, tu ne peux pas analyser le résultat correctement.

Enfin, il décide de s’il a envie d’explorer cette piste ou s’il préfère trouver un autre défi. Comme tout le monde, Raj se cherche et c’est agréable de l’entendre l’admettre. Il a compris une chose que je n’avais pas compris il y a deux ans :

Lire, c’est bien. Faire, c’est mieux.

Voici ce dont on a parlé :

[01:50] Les origines de Raj

Y’avait un côté Fight Club, société secrète.

[10:00] La communauté séduction

Le fait de voir des mecs aussi courageux, ça m’a vraiment inspiré.

[25:00] Son épopée sur Youtube

Quand tu travailles dans une boîte, t’as pas besoin d’être discipliné. Ce sont les gens qui te disciplinent.

[43:00] Le mode de vie d’Autodisciple

J’ai toujours des routines différentes sur plusieurs mois.

[53:00] Sa relation au succès et les questions personnelles

Les gens me disent beaucoup « ah ouais je déteste le développement personnel, mais toi je t’aime bien ».

 

Notes et références :

Livres : 

Les gens : 

Plus sur Raj : 

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