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EP 23 – Navo : La chance respecte ceux qui la respectent

J’ai failli arrêter Nouvelle École.

En février 2017, j’ai changé 90% de ma vie en l’espace de deux semaines. Je n’avais aucune idée de ce que me réservait la suite.

J’avais commencé Nouvelle École en juin 2016 et enchainé plusieurs interviews sur les conseils (indirects) de Tim Ferris. Mais dans la foulée, j’avais lancé une société et je manquais de temps. Comme le dirait Patrick Beja, faire un podcast demande beaucoup plus de travail que ce qu’on croit. Je n’arrivais pas à le faire toute les semaines, alors je l’ai fait n’importe quand. Un épisode par ci, un par là…

Evidemment, personne n’écoutait. Je me souviens d’un Facebook Live devant lequel les gens étaient restés 1 seconde en moyenne.

« Tout le monde s’en fout de ton truc. »

Alors en février dernier, au moment d’évaluer mes options, j’ai pensé à arrêter le podcast.

Personne ne le remarquerait. Je pourrais l’enterrer discrètement, comme les autres projets. Je pourrais commencer autre chose.

Mais deux évènements inattendus se sont produits dans la même journée.

Une fille qui vient de la même école que moi, que je connais à peine et que je n’avais pas vu depuis 4 ans est venue me parler. Hasard, elle travaillait dans le même immeuble.

« J’adore Nouvelle École, je le fais écouter à plein de gens ! Continue. »

Quand tu crées un truc, la meilleure chose qu’il puisse t’arriver c’est que les gens en parlent autour d’eux. J’étais surpris, mais si elle avait aimé au point de le recommander, ça valait peut-être le coup.

Une heure plus tard, un type à qui j’avais écrit sur Twitter pour l’inviter sur Nouvelle École a répondu.

J’avais envoyé mon message comme une bouteille à la mer, parce qu’on sait jamais. Je n’avais aucun espoir qu’il réponde.

Ce type, je l’avais découvert avec ses podcasts. Il marchait dans la rue en parlant. Ca m’avait fait penser à quand je parle tout seul chez moi et je trouvais ça cool qu’il ait eu l’idée de s’enregistrer.

En fait, ce type, je le connaissais depuis longtemps.

Il avait accompagné mes premières années d’études avec Bref. Comme tout le monde, je m’étais identifié à son pote Kyan tant mes problèmes du quotidien (surtout les filles) ressemblaient aux siens.

Il avait aussi co-écrit Bloqués, avec Orelsan et Gringe. Ceux là avaient accompagné toute mon adolescence de provincial et mes soirées à « boire ou à fumer au parc ou au lavoir ».

Ce type, c’était Navo.

Il avait vu l’épisode sur Wale :

« Oh cool ! Y’a Wale. »

Ils avaient bossé ensemble sur la communication de Bref.  Wale en avait parlé dans l’épisode 10. Mais j’ai une mémoire sélective et j’oublie tout ce qui se dit dans mes podcasts. Peu importe.

Navo était ok.

Et je n’avais plus envie d’arrêter le podcast.

J’allais rencontrer quelqu’un qui faisait ce que j’avais rêvé de faire dans la vie : écrire, inventer des histoires, faire marrer les gens ou les rendre tristes.  J’avais 1000 questions à lui poser. Il m’a invité chez lui, on s’est installés dans le petit jardin et voici une partie de ce qu’il m’a dit :

1. Tu es ce que tu crois que tu es.

Je lui ai raconté une anecdote sur Kanye West. Dans l’entrée de sa maison, Kanye affiche un grand poster de lui même. Un journaliste lui a demandé : « pourquoi cet immense poster de toi dans l’entrée ? »

Ce à quoi Kanye a répondu :

« Avant que les autres puissent me célébrer, je dois me célébrer. »

Navo est d’accord. Ses parents ont toujours cru en lui, même quand il a arrêté l’école à 16 ans. Sa mère disait à ses professeurs : « un jour vous paierez pour voir ce qu’il fait » et ne s’inquiétait pas. Alors il ne s’inquiétait pas non plus.

« Tu es ce que les autres croient que tu es et par extension, ce que tu crois que tu es. »

La bataille se gagne d’abord sur le plan mental. Ce dont tu te penses capable définit ce dont tu es capable.

Comme le disait ce bon vieux Steve.

2. Fais-le !

Dans le milieu des startups on dit : « les idées ne valent rien, l’exécution vaut tout ».

Ce n’est pas vrai. Avoir des bonnes idées est difficile et on n’a encore vu personne réussir le Facebook pour chiens.

Cependant, ce qui bloque les gens dans leurs volontés créatives est un manque d’action, pas d’idées.

« Avoir une idée c’est comme une drogue. Quand tu as l’idée c’est géniale, mais quand tu l’appliques c’est chiant. »

Pourtant, l’action est plus simple qu’il n’y parait. Navo m’a raconté l’histoire de son pote Kheiron écrivant son premier film :

« Il a pris un fichier doc et il a écrit. »

Y a-t-il une autre façon d’écrire un film que de le faire ?

3. Aie de la chance.

C’est le conseil de Kyan et Navo à ceux qui veulent réussir.

« Au Poker, tu tires des cartes au hasard. Pourtant il y a des types qui sont champions de Poker tous les ans. »

Il y a des gens qui respectent la chance. Navo raconte l’histoire de Valentin, devenu monteur de Bref après avoir aidé Kyan à monter des vidéos de mariages, plusieurs années auparavant. À l’époque, il ne pouvait pas savoir où ces vidéos de mariage le mèneraient. Mais il l’a fait à fond, comme si c’était le boulot de sa vie.

Il a « respecté la chance ».

Avoir de la chance, ça veut dire faire les choses à fond ou ne pas les faire, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer.

« Quand tu as 4 vues, si ça se trouve dans ces 4 vues il y avait Steven Spielberg ».

J’ai eu la chance que Navo connaisse Wale, la chance d’avoir rencontré Wale et travaillé dans ses locaux et la chance que Wale soit passé sur Nouvelle École. Qui sait quelle personne acceptera d’être interviewée grâce à Navo ?

Peut-on appeler ça de la chance ?

4. Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi.

J’ai couru dans tous les sens pendant des années à la recherche d’une bonne idée de startup. Je voulais être ENTREPRENEUR !

Je pourrais faire un service de recrutement pour les ingénieurs !

Je pourrais faire des films en réalité virtuelle !

Le problème quand on fait les choses pour les mauvaises raisons, c’est qu’on a de mauvaises idées.

Les bonnes idées viennent lorsqu’on crée ce qu’il nous manque. « Scratch your own itch », disent les américains.

« Bref, c’était ça. On a juste fait un truc qu’on aurait aimé voir en 2011. Un truc pour nous, par nous, qui va vite et qui est pas saoulant ».

Nouvelle École, c’est l’émission que j’avais envie d’entendre. Et c’est l’une de mes rares bonnes idées.

5. Ne t’ennuie pas.

Bref n’a duré qu’une saison, Bloqués aussi.

Quand ils commencent à s’ennuyer, Navo et Kyan changent de sujet. Si tu t’ennuies, tu n’es plus en train de faire ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi. Tu n’es plus en train de chercher la pièce manquante du puzzle. Il est temps de changer.

J’essaie d’appliquer ça à ma vie quotidienne. Moins d’ennui, plus de jeu. M’amuser chaque jour, comme quand j’étais gamin. On oublie trop vite d’être des gamins.

Bref, j’ai failli arrêter Nouvelle École.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • (02:00) Sur le fait de se répéter
  • (06:00) Son parcours : tu es ce que tu crois que tu es
  • (09:00) Les débuts avec Kheiron – Fais le !
  • (16:00) Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi
  • (27:00) Créer des relations, suivre son instinct
  • (35:00) Ayez de la chance !
  • (54:00) Sa méthode de travail, l’école de l’oisiveté
  • (01:00:00) Les questions de la fin 🙂

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EP 21 – Patrick Beja : On récolte ce qu’on sème

C’est un mec qui habite dans un pays scandinave et qui fait des podcasts.

J’avais demandé à mon cousin quels podcasts il écoutait. Pas le mien (traître), mais il ne ratait aucun épisode du RDV Tech animé par Patrick Beja.

Patrick Beja, c’est le pionnier du podcast. Depuis 10 ans, il produit des émissions. En 2014, il quitte son job de rêve chez Blizzard pour se consacrer à plein temps à sa passion : faire des podcasts.

Aujourd’hui, il produit plusieurs émissions écoutées par des centaines de milliers de personnes. Plus incroyable encore, il est financé uniquement par ses auditeurs via Patreon, un sytème de crowdfunding récurrent. Pas de pub, Patrick est un pur indépendant. Il fallait l’inviter sur Nouvelle Ecole.

Je voulais savoir comment me faire financer par mes auditeurs (oui, vous)

1% de ton audience te donnera entre 2 et 3 euros.

J’ai fait le calcul rapide, ça ne fait pas assez pour acheter des pâtes, alors on attendra !

 

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • La nécessité de prendre des risques quand on est jeune (07:00)
  • Ses débuts dans les podcasts, époque Wolrd Of Warcraft (18:40)
  • Son job de rêve chez Blizzard et sa vie d’employé (23:00)
  • Son switch pour devenir podcaster à plein temps et l’importance de Patreon(25:30)
  • Ses conseils à tous ceux qui veulent se lancer dans un projet créatif (36:30)
  • Comment construire une audience et l’importance de l’authenticité (45:00)
  • Sa vie perso, ses combats, ses conseils et ce qu’il ferait s’il n’avait pas peur (56:00)

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EP 20 – Paul Duan : La disruption bienveillante

 

Paul Duan avait fait un sans faute.

Des études à Sciences Po, un passage par Berkeley. A 20 ans, il était le premier data scientist chez Eventbrite, une startup en hypercroissance dans la Silicon Valley. Il était responsabilisé, sécurisé et payé 6 chiffres.

Mais quelque chose manquait.

J’ai grandi avec des problèmes de dépression. Je me suis toujours demandé à quoi je servais, quel était le sens de ma vie.

En 2015, il décide de chercher une réponse.

Il quitte Eventbrite et renonce au pont d’or. Avec un ami, ils créent Bayes Impact : une ONG qui utilise la technologie pour résoudre des problèmes de bien public.

Avec leur technologie, ils s’attaquent à des problèmes de service public aux Etats-Unis. Grâce à l’utilisation des données, ils améliorent le système ambulancier de la baie de San Francisco.

Mais ils font face à des résistances. Après plusieurs mois de travail, certains projets n’ont pas l’impact souhaité. Des décisions politiques viennent les bloquer et un projet tombe à l’eau. Paul se demande s’il a bien fait de tout risquer.

Je me suis dit c’est complètement impossible, c’est dur, je sais pas comment on fait, je vais me faire bouffer tout cru.

Et puis les planètes s’alignent.

Rentré en France pour refaire son visa, il participe à une conférence et évoque l’idée d’utiliser ses méthodes pour faire baisser le chômage. Les médias s’emballent, la sphère politique est conquise et Bayes Impact signe un partenariat inédit avec Pôle Emploi.

Pour la première fois, une administration collabore avec une startup dans une relation de confiance, d’égal à égal.

L’Etat donne à 5 personnes le pouvoir de changer la vie de millions. Et Paul parvient à convaincre des stars de la Silicon Valley de diviser leur salaire par 5 pour le rejoindre. Eux aussi choisissent le sens.

Aujourd’hui, Bob Emploi (le projet phare de Bayes Impact) accompagne des dizaines de milliers de chômeurs dans leur parcours professionnel. Paul crée lentement un nouveau mode de service public dans lequel des startups à but non lucratif collaborent avec l’Etat. Un genre de disruption bienveillante.

On a tous notre définition de l’impact.

Certains veulent toucher tout le monde, que ce soit énorme. D’autres veulent aider, quitte à commencer petit.

Il y a ce vrai truc qu’on a construit qui aide les gens, et ça c’est cool.

Quel que soit l’impact qu’on recherche. La bonne question à se poser n’est pas « Quoi? » mais « Pourquoi? ».

Moi, je pensais avoir fait un sans faute.

J’avais coché toutes les cases : j’avais fait HEC, j’étais enfin devenu un entrepreneur, j’avais signé des gros clients. L’argent rentrait et ma famille me disait bravo.

Mais quelque chose manquait.

Je me levais avec la boule au ventre. J’allais me coucher sans jamais trouver le sommeil. J’avais peur du matin et de devoir recommencer.

Je ne savais pas à quoi servait ma vie.

Je ne savais pas pourquoi j’étais entrepreneur. Je l’étais pour l’être, pour prouver. J’avais l’impression de n’aider personne et j’étais malheureux.

Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève.

Et quand je vois Paul, ses cernes et son t-shirt blanc de la veille, je me dis que lui aussi.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 La technologie au service du bien commun
  • 14:00 Définir l’impact
  • 20:00 Les limites de l’entrepreneuriat social
  • 30:00 Les nouveaux mode de service public – Bob Emploi
  • 53:00 Sa vie, sa quête de sens
  • 58:00 Ses conseils à ceux qui veulent avoir un impact

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EP 19 – Patrick Pelloux : Développer l’instinct de vie

Je n’avais jamais entendu parler de Patrick Pelloux.

Il m’a contacté sur Facebook pour participer à Nouvelle Ecole. J’en ai parlé à des gens. Ils m’ont dit : « il est vachement connu ! ». J’ai tapé son nom sur Google. Il était connu.

En 2003, il avait été le premier à alerter les médias du danger de la canicule. « Les gens meurent », avait-il dit.

Le 7 janvier 2015, d’autres gens sont morts. A l’époque, il est encore chroniqueur chez Charlie Hebdo. Il échappe à l’attentat, pas ses amis.

Moi je ne veux pas parler de Charlie Hebdo. On lui en parle en permanence et j’ai peur de dire n’importe quoi. Ca tombe bien, il n’a pas envie d’en parler non plus.

J’ai envie de parler de son parcours aux nombreux rebondissements. Je veux savoir comment on développe « l’instinct de vie ». Même quand les critiques sont dures. Même quand les gens meurent.

Voilà les 3 choses que j’ai apprises de Patrick Pelloux :

1. Ne rien s’interdire

On aime bien mettre les gens dans des cases. J’ai fait une école de commerce et les personnes que je rencontre ont du mal à voir le lien entre ça et un podcast.

Comme si 2 ans sur un campus devaient déterminer mes 40 prochaines années.

Le résultat, c’est beaucoup d’autocensure. On a pas fait telle école alors on ne se sent pas en mesure de cultiver ses intérêts.

Patrick Pelloux a décidé de ne rien s’interdire.

Quand on lui a proposé d’écrire pour Charlie Hebdo, il a répondu « oui ». Ses collègues médecins n’ont pas compris. On lui a dit : « Mais t’es médecin ? T’es écrivain ? T’es quoi ? »

Comme s’il fallait choisir une seule chose. Ecrire n’est pas facile. Il faut de la discipline, il faut apprendre. Mais l’avantage c’est qu’on n’a pas besoin de diplôme.

En fait à part pour la médecine et le droit, on a rarement besoin d’un diplôme pour avancer.

Une dizaine de livres plus tard dont certains vendus à des centaines de milliers d’exemplaires, il a bien fait de ne rien s’interdire.

2. Se faire le porte-parole de ses idées

À chaque fois que j’avais quelque chose à dire je l’ai dit.

La plupart du temps, j’ai peur de dire ce que je pense. J’ai peur de ce que les gens vont en penser et d’être critiqué très durement. Parfois, je publie puis je supprime.

Les gens ne disent pas ce qu’ils pensent par peur d’être jugés.

Forcément, c’est risqué. Quand on donne son avis, certains ne sont pas d’accord. On peut s’attirer des ennemis.

Mais c’est en donnant son avis qu’on ouvre la porte à toutes les opportunités. On signale au monde qui on est, pourquoi on se lève le matin et on invite ceux qui pensent comme nous à nous rejoindre.

A chaque fois que j’ai vaincu cette peur, des choses positives sont arrivées.

Patrick Pelloux s’est attiré de nombreux ennemis en se faisant le porte-parole de ses idées. Mais s’il ne l’avait pas fait, les bonnes choses ne seraient pas arrivées non plus. On ne lui aurait pas proposé d’écrire pour Charlie Hebdo. Il n’aurait pas publié de livres. Il ne serait pas en train de faire le tour des salons pour discuter avec des lecteurs dont il a changé la vie.

Il aurait moins vécu.

3. Ne pas écouter les méchants

Quand on s’exprime, on s’expose. Plus on est connu, plus on risque d’être attaqué.

La notoriété entraine toujours de la jalousie.

Et on a sacrément parlé de lui. C’est rare de se retrouver au coeur de deux évènements à l’ampleur médiatique internationale.

Ceux qu’il appelle les « méchants » ont sonné la « chasse », allant jusqu’à dire : « dommage qu’ils n’aient pas tué Pelloux. »

Pourtant, il a continué à écrire, créer, avancer.

C’est très fragile, la créativité. Quand j’étais adolescent, j’avais un groupe de musique. J’écrivais les chansons, les paroles, la musique. J’y mettais toute mon âme.

Parfois des gens en disaient beaucoup de mal, ou disaient du mal de moi. J’étais effondré. Je ne comprenais pas qu’on puisse m’en vouloir à ce point.

Ca n’a rien de comparable avec son histoire, mais il est facile de se laisser décourager par la méchanceté ambiante. Ce n’est pas un hasard si j’ai arrêté la musique.

La solution de Pelloux c’est de ne pas écouter les méchants. Ne pas lire les commentaires. Ne pas répondre.

Juste tracer sa route, partager ses expériences et continuer à vivre comme il l’entend. Malgré les critiques, malgré les méchants, malgré les épreuves de la vie.

On y va.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

02:00 Ses études

12:00 La canicule de 2003

18:00 Ses débuts d’écrivain, ne rien s’interdire

30:00 Se faire le porte parole de ses idées

36:00 Lui et les critiques

44:00 La reconstruction

51:00 Questions bonus

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EP 18 – Loic Le Meur : Made In California

 

 

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je me serais dit : « Il s’en fout de ton podcast ».

L’autocensure.

Voilà comment j’ai tué dans l’oeuf des dizaines de projets, viables ou non. Je ne saurai jamais.

J’ai grandi dans un village de 600 habitants. Il n’y avait pas de Loic Le Meur là bas. Il y avait la télé, à travers laquelle je voyais des choses qui ne me concerneraient jamais : le festival de Cannes, Paris, le business.

L’environnement façonne les perspectives. Je me suis laissé limiter, convaincre que je ne pourrais pas faire telle chose ou rencontrer telle personne.

Depuis, je lutte quotidiennement contre l’autocensure et le syndrome de l’imposteur. Avant de commencer quelque chose, je ne m’en crois pas capable. Une fois le projet démarré, je ne me sens plus légitime.

Comme avant de discuter une heure avec Loic Le Meur. J’ai envie de me mettre en boule dans un coin de mon appartement. J’ai trop peur de passer pour un idiot.

Alors, quand il explique qu’il pense n’avoir « rien fait de significatif » dans sa vie, j’écoute. Ca m’intrigue.

J’aurais aimé faire le quart de ce qu’il a fait.

Je me demande si lui aussi doit combattre l’autocensure, le syndrome de l’imposteur.

Deux histoires incomparables et pourtant, je me retrouve dans ses paroles.

Moi, j’ai peur de démarrer car je n’ai rien prouvé.

Lui me dit que « la peur de passer pour un con, tu l’as encore plus à 44 ans. »

Il me raconte sa première boite, montée à 23 ans et qui employait une cinquantaine de personnes. Je l’écoute et je me demande ce que je fais de ma vie.

Mais quand Elon Musk prend la parole à TED et parle des fusées qu’il veut envoyer sur Mars, il a une réaction similaire : « Je me demande ce que je fais de ma vie ».

Peut être qu’on fait tous face aux mêmes peurs finalement. Alors, que faire ?

J’essaie de m’inspirer de sa méthode pour avancer.

  1. Produire. Puisque rien ne fera disparaitre la peur de démarrer, autant se lancer. Lui écrit, lance des projets, organise des conférences, fait des Facebook live. Il n’attend pas que quelque chose soit parfait pour le lancer.
  2. Montrer son travail, partager ce qu’on fait. Lui a pratiqué cette transparence tout au long de sa carrière, jusqu’à monter son dernier projet, Leade.rs, à travers sa newsletter. Une manière de rester au contact de la réalité et un incroyable vecteur d’opportunités. C’est en bloggant que Loic est devenu le premier investisseur dans Linkedin, une dizaine d’années plus tôt.
  3. Aller plus loin. Faire de chaque succès une rampe de lancement vers le prochain essai et conquérir ses peurs, une à une. Loic aurait pu s’arrêter après Le Web, ou lorsque Linkedin s’est vendue pour 26,2 Milliards de dollars. Et pourtant, à 44 ans, il lance son projet le plus ambitieux.

Il faut s’inspirer de cet enthousiasme.

Nouvelle Ecole, c’est ma thérapie contre mes croyances limitantes.

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je progresse !

Antonin

Notes et références :

Les gens :

Pour le fun :

Et si vous voulez vous former à l’art du « networking », deux bouquins qui m’ont beaucoup aidé :

 

Si vous avez aimé :

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EP 17 – Mehdi Maizi : La passion, OKLM

Mehdi Maizi est rédacteur en chef et animateur de La Sauce.

C’est l’émission quotidienne d’OKLM radio (lancée par Booba). Il gère l’éditorial Rap&Rnb de Deezer, anime le No Fun Show  et est l’auteur du livre « Rap Français : Une exploration en 100 albums ». Je l’ai découvert lorsqu’il était rédacteur en chef adjoint pour l’abcdrduson.

A première vue, rien ne le destinait à une carrière de journaliste. Des études de commerce, quelques stages et un CDI en audit. Un parcours dans les clous.

Pourtant, depuis petit, il développe sa passion pour l’écriture.

Fan de Lois & Clark, Mehdi commence par écrire des histoires de Superman. En grandissant, il se passionne pour le rap et passe des jours entiers à écouter les albums dans sa chambre, en lisant le livret.

Cette passion, il tente de la communiquer lors des examens d’entrée en école de commerce. On lui fait comprendre qu’en France, il y a des passions plus classes. Pas assez pour l’éloigner du rap, qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

« Je voulais matérialiser ça par quelque chose. Comme j’avais toujours aimé écrire, le plus simple était d’écrire sur le rap. »

Il envoie une chronique à l’abcdr et commence à exercer ses deux passions simultanément. Pourtant, il est encore loin de s’imaginer en faire une carrière.

Cette histoire du type qui se retrouve par hasard dans son boulot de rêve, on l’entend souvent. Ce n’est pas un hasard. En cultivant ses intérêts, on favorise l’arrivée de l’opportunité qui peut tout changer.

Cette opportunité arrive en 2013.

Une émission payée. Mehdi hésite alors à quitter son job pour se consacrer pleinement au rap :

« J’étais très peureux par rapport à ce genre de choses. T’as un CDI, etc. Le quitter pour l’inconnu, c’est pas mon tempérament à la base ».

Sa femme l’encourage. Dans le pire des cas, il reprendra sa carrière dans l’audit ou le conseil.

« Il suffit d’une phrase pour tout déclencher ».

La suite ? Il anime des émissions pour l’ABCDR, invite les meilleurs rappeurs de France, publie un livre et se fait débaucher par OKLM radio. La station, tout juste lancée par Booba, cherche un rédacteur en chef pour créer et animer son émission phare. Mehdi prépare un pilote, le DUC valide : « La Sauce » est lancée.

En se penchant de plus près sur son parcours, on peut déchiffrer une partie de la recette : cultiver ses intérêts sans se poser de questions, trouver leur intersection, saisir l’opportunité quand elle se présente.

Aujourd’hui, Mehdi gagne sa vie en parlant de Rap.

Au calme.

Antonin

Notes et références :

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Antonin

EP 16 – Alice Zagury : La Famille, sans filtre

 

Alice Zagury est CEO de The Family.

Ce n’est pas un accélérateur de startups mais « une famille pour entrepreneurs ambitieux ». Elle ne le sait pas, mais nous nous sommes déjà rencontrés.

En 2014, un cours sur les startups m’emmène rue de Poitoux. Je n’ai pas bien compris ce qu’on y fait, ni ce qu’est une startup, mais ça m’intéresse. Arrivés là bas, un type nous parle pendant 30 minutes. Je suis scotché. Je trouve ça génial. Mon pote aussi.

Je veux faire des startups.

Ce type, c’est Oussama Ammar. L’un des fondateurs de ce qui s’appelle alors « TheFamily », tout attaché. Ce que je viens de vivre, c’est « l’effet Oussama ». Je l’écoute et j’ai l’impression de comprendre quelque chose d’évident. Les startups, c’est évident. Le reste ne m’intéresse déjà plus.

Quelques années plus tard, j’ai grandi, et les choses me semblent moins évidentes. Mais l’effet perdure. The Family a beaucoup grossi et s’étend à l’international. Sur Nouvelle École, les invités en parlent, les auditeurs les demandent. Moi aussi à vrai dire, j’aimerais discuter avec eux.

En arrivant à mon rendez-vous avec Alice, j’ai mon idée préconçue de ce qu’est The Family. Je ne suis pas étanche et toute personne qui gravite autour de l’écosystème startup parisien en entend parler au moins une fois par jour. The Family, c’est clivant. Ca ne laisse personne indifférent.

Avant de rencontrer Alice, je lis tous ses articles et regarde toutes ses vidéos. J’ai peur de me trouver face à quelqu’un d’évasif, ou pire, de froid. J’ai peur de ne pas arriver à gratter sous le storytelling. Après tout Nouvelle École, ça parle des gens, pas des boites.

Heureusement pour moi, je suis complètement à coté de la plaque. Une fois n’est pas coutume. Me voilà face à la personne la plus sympathique du monde. Deux minutes d’interview me font réaliser mon erreur de jugement. Je suis désarçonné.

Quelques jours auparavant, Jean de La Rochebrochard m’avouait avoir rejoint The Family pour « l’authenticité ». J’avais hoché la tête comme un idiot. Je n’avais aucune idée de ce dont il parlait.

Mais là, j’écoute Alice me raconter son histoire, sans filtre. Et je commence à comprendre.

C’est criant d’honnêteté.

Antonin

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Antonin

EP 15 – Jean de La Rochebrochard : Organisé comme une machine pour vivre comme un humain

Je le contacte sur Twitter. Il me répond dans la minute : « rendez-vous le lendemain ». Je n’aurai que quelques heures pour préparer l’interview. Je voulais lui offrir un livre, pas le temps de passer à la Fnac.

Jean de La Rochebrochard est Partner chez Kima Ventures, le fonds d’investissement financé par Xavier Niel. Kima investit dans 2 à 3 startups par semaine et gère un portefeuille de 500 sociétés. À titre personnel, Jean a levé une centaine de millions d’Euros pour plus de 30 startups durant les différentes étapes de sa carrière. Il est au board de plusieurs sociétés dont Zenly, Payfit (une merveille), Sourced et ibanFirst.

Une chose m’interpelle chez lui. Alors qu’il a passé son adolescence à lancer des projets, il dit ne pas être un entrepreneur :

Je n’ai rien fait entre 0 et 25 ans.

J’aurais aimé faire la moitié de ce qu’il appelle « rien ». À l’âge où il développait des sites Web, je jouais du Tryo dans les parcs de Chambéry. Il maintient qu’il n’a rien fait de « meaningful ».

J’avais pas la niaque. Je faisais pas les choses jusqu’au bout.

Dans ce qu’il qualifie d’“erreurs de jeunesse“, je vois les itérations successives de celui qui a fini par trouver sa voie. Son « product/market fit ».

Mon boulot c’est d’aider les entrepreneurs.

Plus d’hésitations. Du focus et une discipline de fer. Jean poursuit l’efficience : Inbox Zero deux fois par semaine, règles d’agenda hyper strictes et 2 raccourcis clavier : NoDealFR et NoDealEN. Explicite.

Ces règles lui permettent d’investir chaque semaine dans plusieurs nouvelles startups, de se lever le matin pour s’occuper de ses 3 enfants, et d’aller à Coachella le temps d’un week-end (avec l’accord de sa femme et la promesse de faire la prochaine édition ensemble 😉). L’organisation, Jean l’enseigne même aux étudiants de Lion, la formation de The Family. Le titre :

S’organiser comme une machine pour vivre sa vie comme un humain.

Je lui demande son adresse, je veux lui envoyer un livre. Il me répond « jean@kimaventures.com ». Un humain dans le futur.

Notes et références :

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Antonin

EP 14 – Yérim Sar (aka Spleenter) : Moitié journaliste, moitié fouteur de merde

Yérim Sar est journaliste rap/cinéma pour des vrais médias. Le groupe Vice, Première, l’ABCDRduson. On a la même passion mais pas le même maillot.

Je lis ses articles depuis les heures les plus sombres de mon histoire et je me marre toujours. C’est le seul journaliste rap dont je lis le travail avec assiduité.

Saut que maintenant, j’ai un podcast. Enfin une bonne excuse pour le rencontrer et lui poser toutes les questions que j’ai en tête. Je veux savoir comment faire de meilleures interviews. Je me trouve médiocre.

J’ai retrouvé Yérim dans son nouvel appartement au Nord Ouest de Paris. Jogging juste un peu trop long qui passe sous les chaussons, appartement vide et PC qui trône dans le salon. Avec bien sûr le combo classique cendrier + bouteille de grenadine. Dans une vie parallèle, on était colocs.

Alors, comment faire de meilleures interviews ? « La recette magique, c’est de ne faire que du cas par cas ». Il est en train de me dire qu’il faut bosser. Moi qui cherchais un hack.

Je commence l’interview pour le début, sa passion pour l’écriture. Note pour la suite : commencer par la fin. J’aurais pu lui parler des élections auxquelles il ne participe pas, ou de son article hilarant sur les victoires de la musique.

On parle de ses études et de ses premiers écrits–des dialogues fictifs de fans de raps pour les fans de raps. On évoque la télé et l’indifférence de ce média à l’égard du rap. Il envoie quelques missiles sol-air, je me marre.

J’aperçois les deux facettes. Le journaliste professionnel et le fouteur de merde. Docteur Yerim, mister Spleenter. L’équilibre. Et si c’était ça la clé ?

Liens et Références :

Les articles de Yérim :

Ses interview du cast de Game of Thrones et notamment de Missandei. 

Nardwuar, l’intervieweur génial qu’il mentionne

On a aussi mentionné en vrac :

  • Vald, le rappeur
  • Orelsan, le rappeur
  • Sexion d’assaut
  • Eminem (mais vous devez connaitre)
  • Magic Mike 2
  • Malaise TV (allez voir si vous ne connaissez pas)

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EP 13 – Nicolas Bustamante : Discipline, Focus et on voit dans 10 ans

Nicolas Bustamante est le fondateur de Doctrine.fr, le moteur de recherche des décisions de justice qui révolutionne le travail des avocats et des juristes.

A 20 ans et après avoir été admis à Normale Sup, Nicolas arrête ses études. Il sent que « le salariat n’est pas la tendance du futur ». Une décision difficile, mais qu’il dit ne pas regretter. Il rappelle que son but dans la vie reste de « pouvoir se lever tous les matins avec le sourire ».

Discipliné, ambitieux, « monomaniaque » selon ses propres mots, Nicolas est tout sauf un rêveur idéaliste. Plus fan des entrepreneurs terre à terre comme Jason Fried que d’Elon Musk, il rappelle que son entreprise est là sur le long terme et l’oppose au monde des startups qu’il dit ne pas beaucoup aimer.

« Plus personne ne sera là dans 10 ans ».

Nouvelle École, peut être ?