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EP 39 – Abdel Raouf Dafri : Manger de la viande enragée

Abdel Raouf Dafri est scénariste pour le cinéma et la télévision.

Il a écrit, entre autres, le film « Un Prophète » (réalisé par Jacques Audiard et récompensé aux Césars), les deux biopics sur Jacques Mesrine ainsi que les saisons 2, 3 et 4 de Braquo.

C’est un de mes épisodes favoris. Mais c’est aussi un épisode au contenu quelque peu explicite. En toute franchise, je me suis inquiété du fait que des noms soient cités. Je me suis demandé si ça pouvait me retomber dessus.

J’avais trois options :
1. Sortir l’épisode tel quel.
2. Enlever les parties concernées et sortir un épisode monté.
3. Ne pas sortir l’épisode.

L’option 2 n’est pas envisageable. Ce serait trahir l’émission, en plus de trahir l’invité à qui j’ai promis une interview sans questions pièges et sans montage.

Si je prends l’option 3 et que je ne sors pas cet épisode par peur des réactions, je trace une ligne dans le sable pour les prochains. Qu’est-ce qui sera acceptable, qu’est-ce qui ne le sera pas ? Dans deux mois je me retrouve avec une émission de télé, sans intérêt.

Je sors donc cette discussion sans montage. J’aimerais savoir ce que vous auriez fait à ma place. Dites-le moi dans les commentaires, sur twitter, où par email !

Et surtout, accrochez vos ceintures et bonne écoute !

CE DONT ON PARLE :

00:00 Pourquoi il faut être patient
11:00 Les problèmes de l’industrie du cinéma
20:00 Le métier de scénariste, comment il a écrit un prophète et ses conseils à ceux qui débutent
31:00 Comment raconter une bonne histoire
38:00 Comment gérer la critique
42:00 Un prophète – Comment sortir du lot.
01:02:00 La fragilité du succès.
01:08:00 Les questions de la fin

Références :

Si vous avez aimé :

J’ai aussi commencé un Tipeee, où vous pouvez me soutenir financièrement si le coeur vous en dit. Après on organise des soirées avec les tipeurs, la prochaine aura lieu fin Octobre ❤️

8 livres qui m’ont beaucoup aidé (et un bonus)

 “Tu lis les 50 premières pages et si tu n’aimes pas tu arrêtes.”

Mon père m’avait forcé à lire l’île aux trésors. Je n’aimais pas essayer de nouvelles choses. “Et si c’est nul ?”.

Et puis, bien sûr, je n’avais pas vu passer les pages. J’avais dévoré ce roman. Le premier d’une longue série.

Au lycée, j’avais arrêté de lire. On nous obligeait à décortiquer des bouquins poussiéreux. Allitération en t, assonance en a, quel génie ce Rimbaud et quelle maturité (comme Mbappé).

Je m’y suis remis tard. J’étais à San Francisco, je paniquais et je voulais être entrepreneur vite, devenir riche et écrire des posts Médium. Un de ces objectifs a depuis été accompli.

Il y avait un cours du YCombinator en podcast : “How to start a startup”. Premier podcast, première Binge audio depuis le Donjon de Naheulbeuk. Ils conseillaient des livres au début du cours et j’étais soucieux de bien faire alors je les avais tous achetés sur Amazon : The Facebook Effect, Never Eat Alone, The Lean Startup et Crucial Conversations si ma mémoire est bonne.

J’avais dévoré ces bouquins en 3 jours, halluciné. J’avais plus appris qu’en 3 ans d’études. Des gens brillants gardaient les 5% les plus importants de leur vie et faisaient l’effort de me les présenter de manière digeste. Chaque livre était une vie en plus d’emmagasinée. Avec un bon rythme je pourrais en vivre une bonne cinquantaine par an.

Alors je m’étais remis à lire. Deux heures par jours. Depuis 2015 j’ai du lire à peu près 150 livres et écouter une vingtaine de livre audio. Dans ces 150 bouquins beaucoup étaient médiocres. Quand un livre est nul, j’arrête après les 100 premières pages. Ca ne sert à rien de finir un livre pour dire qu’on l’a fini. Il y a tellement de bouquins. Je le pose et j’en prends un autre.

Ici, je vous donne 8 livres qui m’ont beaucoup marqué au moment de la lecture.

Ce ne sont pas nécessairement les meilleurs, l’impact d’un livre doit autant à son timing qu’à son contenu. Cette liste est subjective, non-exhaustive et non ordonnée :

1 — Never Eat Alone (Keith Ferrazzi)

“Success in any field, but especially in business is about working with people, not against them.”

Ou “Comment se faire un réseau”. Un livre sur les relations sociales. Comment en créer de nouvelles, comment les maintenir, comment les faire fructifier.

Ne pas compter les points lorsqu’on rend des services, apporter de la valeur aux gens qu’on souhaite rencontrer. Ne jamais hésiter à demander de l’aide et surtout donner, donner, donner.

Un livre pour ceux qui sont à un coup de fil d’avancer dans leur vie.

Après avoir lu ça, je ne me suis plus jamais inquiété de ma capacité à trouver du travail.

(Dans la même veine, vous pouvez ajouter “How to win friends and influence people”, la base de la base)

2 — Choose Yourself (James Altucher)

“No matter who you are, no matter what you do, no matter who your audience is: 30 percent will love it, 30 percent will hate it, and 30 percent won’t care. Stick with the people who love you and don’t spend a single second on the rest. Life will be better that way.”

Choose Yourself, c’est le livre qui m’a fait comprendre que rien ne sera jamais acquis et que c’est tant mieux.

Dans ce bouquin, il explique pourquoi tout le monde doit devenir un peu entrepreneur et se réinventer. Les carrières à vie sont terminées, les industries sont mises sens dessus-dessous et toutes les cartes sont rebattues.

On n’a plus besoin de demander l’autorisation. On peut écrire un livre dans sa chambre, l’auto-publier sur Amazon et en faire un best seller. On peut faire des vidéos sur Youtube et devenir millionnaire.

Il y décrit aussi son mode de vie, sa “daily practice” : écrire des idées tous les jours, être créatif, être sain et tout un tas de choses dont je m’étais beaucoup inspiré.

La thèse principale du livre : si vous ne choisissez pas votre vie, quelqu’un la choisira pour vous.

3 — The Power of Now (Eckhart Tolle)

“Time isn’t precious at all, because it is an illusion. What you perceive as precious is not time but the one point that is out of time: the Now. That is precious indeed. ”

J’étais en dépression et je marchais dans les rues de Paris. Je m’arrêtais pour donner de l’argent au SDF en chaise roulante à côté de l’Opéra. Il disait toujours “Ah, un généreux”. Je me sentais bien pendant 10 minutes. “C’est vrai que je suis généreux !”

Et puis, le mal de ventre revenait. Un mal-être que je ne comprenais pas. Tout allait bien dans ma vie mais je ne m’étais jamais senti aussi mal.

The Power Of Now, c’est un livre sur la fin de la souffrance. Réaliser que toutes les souffrances sont des constructions de l’esprit qu’on s’inflige. En sortir.

Ce livre m’avait fait le même effet que ma première prise de LSD. Une fenêtre s’était ouverte sur un nouveau monde et il y avait plein de manières de voir la vie.

Depuis, je le relis/réécoute tous les 6 mois histoire de décompresser. Ça me calme et puis j’oublie alors je recommence tout à zéro. Ce livre ne changera pas votre vie, mais il peut vous aider à la changer.

4 — Purple Cow (Seth Godin)

“In your career, even more than for a brand, being safe is risky. The path to lifetime job security is to be remarkable.”

Quoi de plus ennuyeux qu’une vache blanche ? Il y en a partout. Une vache violette en revanche, ce serait intéressant. Ce serait remarquable.

Purple Cow est un des livres phares de Seth Godin. La thèse : on se doit d’être remarquable. 

Pourquoi être remarquable ?

  • Parce qu’on peut.
  • Parce que l’inverse veut dire être ennuyeux.
  • Parce que prendre des risques est la stratégie la moins risquée.

Je me souviens d’avoir lu ça et de m’être dit “Je ne ferai plus jamais de choses médiocres”.

Raté, évidemment. Mais l’important est l’idée.

Les 3 dernières phrases du livre :

Safe is risky.
Design rules now.
Don’t be boring.

5 — The War Of Art (Steven Pressfield)

“If you find yourself asking yourself (and your friends), “Am I really a writer? Am I really an artist?” chances are you are. The counterfeit innovator is wildly self-confident. The real one is scared to death.”

Un livre sur la Résistance.

Pas celle qui a eu lieu dans ce pays il y a 70 ans et à laquelle tout le monde a participé. Je parle de celle que tous ceux qui rêvent d’entreprendre des projets d’envergure connaissent.

C’est un livre pour tous les écrivains qui n’écrivent pas, les peintres qui ne peignent pas, les entrepreneurs qui ne lancent jamais d’entreprise.

Autant vous dire que ça m’a parlé.

La Résistance, c’est la force qui nous empêche de devenir ce qu’on devrait être (😉). Elle prend diverses formes (alcool, drogues, sexe, nourriture, drama) et mène toujours aux mêmes résultats : procrastination et évitement.

Steven Pressfield explique comment vaincre la Résistance en passant d’amateur à pro. Je ne vous spoile pas, c’est court, fort et radical.

Tous les livres devraient être radicaux. Mais c’est un autre sujet.

6 — On Writing Well (William Zinsser)

“Writing is an act of ego, and you might as well admit it.”

On Writing Well c’est un livre pour devenir 100% meilleur en écriture en 1 jour. Ca se lit super vite, c’est concret et applicable en plus d’être très drôle et…wait for it… bien écrit !

Sans doute le livre que j’ai le plus recommandé. Un bijou.

7 — Secrets of Closing the Sale (Zig Ziglar- Audio)

“The fear of loss is greater than the desire for gain.”

On essayait de signer notre premier gros client et j’avais peur. Je n’avais jamais vendu quoi que ce soit. Enfin…un mois plus tôt je m’étais vendu 10 euros pour un travail de 3 semaines. Pas exactement le genre de commercial que les entreprises s’arrachent.

Je ne savais rien : ni à quoi ressemblait un contrat, ni combien d’argent je pouvais demander, ni ce qu’on devait dire pour les convaincre. J’avais noté ce livre audio parmi ceux qui avaient le plus influencé Seth Godin et je l’avais écouté en arpentant les rues de Paris.

Zig, c’est le grand-père de tous les américains. Le salesman qui vend des voitures ou se trimballe de porte à porte avec des brosses à dents.

C’est un cours d’empathie de deux heures. Efficace, divertissant et intemporel. Je l’avais écouté 2 ou 3 fois à la suite. Et devinez quoi ? On avait signé le contrat.

8 — L’insoutenable légèreté de l’être (Kundera)

Aimer, c’est renoncer à la force.

Seul roman de la liste. J’ai peu lu de fiction ces dernières années. Mais ce livre est spécial.

C’est un livre sur la vie et sur toutes ces petites choses qu’on ressent sans arriver à les décrire. Kundera y arrive et c’est pour ça qu’il vend des livres !

Je ne sais pas quoi vous dire sur ce livre à part : “lisez le”.Je l’ai offert à FloBer dans l’épisode 28.

Tout y est, il n’y a rien à ajouter. Un tableau si parfait que j’en ai laissé couler quelques larmes.

Bonus — Tools of Titans (Tim Ferris)

“The world is changed by your example, not by your opinion.”

Bonus car ce n’est pas vraiment un livre, mais il y a plus de bonnes idées dans ces 1000 pages que dans tout ce que j’ai lu en 25 ans.

Qu’on aime Tim Ferris ou pas, peu importe ! Ce n’est pas un livre sur lui mais sur les personnalités hallucinantes qu’il a ramenées dans son podcast. Une avalanche de bullet points bien organisés et la dose d’inspiration de toute une vie.

La recette d’une matinée réussie : un ou deux chapitres de Tools of Titans et une tasse de café OKLM.


C’est la fin de cette première liste ! Merci d’avoir lu.

N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez des bouquin si vous les avez lus ou à en suggérer de nouveaux. Si ça vous intéresse, je peux faire des listes thématiques (startup, écriture, productivité, marketing, Tintin et Milou, etc.)

Si vous cherchez un podcast génial où on parle, entre autres, de bouquins, c’est par ici.

 

EP 38 – Jack Parker : « Ouvre ta gueule ! »

« La Mooncup : Plus propre, plus efficace, plus écolo ».

C’était un autocollant sur le mur des toilettes. Au dessus du slogan, le dessin d’une planète Terre sur laquelle, enfin, tout allait bien. La Mooncup avait l’air sympa.

Je voyais cet autocollant plusieurs fois par jour, mais je n’avais jamais compris de quoi ça parlait. Je n’avais jamais demandé. À vrai dire,  je préférais ne pas savoir.

Et puis un jour, un pote avait vu l’autocollant. Lui savait. J’avais eu droit à une avalanche de vannes mélangeant ma mère, le vagin et les coupes en plastique. J’avais fait mine de bien le prendre, mais ça ne m’avait pas fait marrer.

Je n’aimais plus la Mooncup et je me demandais quelle cruauté pouvait pousser ma mère à vouloir tout faire si différemment.

On ne parlait pas des règles chez moi, on n’avait pas beaucoup de raisons de le faire.

Au collège, on en parlait surtout pour se foutre de la gueule des filles ou expliquer leur mauvaise humeur. De toute façon les filles, on n’y comprenait rien et on avait tous trop besoin d’être des mecs pour faire un pas vers elles. Au collège, les gentils ne survivent pas.

Dans mes relations amoureuses, je n’entendais parler des règles que pour désigner les dates limites du sexe sans risque pour la literie. Je ne crois pas avoir posé beaucoup de questions.

C’est sûrement pour toutes ces raisons que suis mal à l’aise, à 25 ans, quand je lis le livre de Jack Parker.

Les règles à toutes les pages. Le sang à toutes les pages. J’ai l’impression de lire un truc que je ne devrais pas lire, comme une atteinte à la pudeur. Je sens mon ventre me dire que c’est interdit.

Il y a quelques années, j’aurais mal interprété ce signal. J’aurais refermé le bouquin. Il ne faut pas se faire de mal après tout.

Mais aujourd’hui, je le vois comme une opportunité de déconstruire mes barrières mentales.  De questionner les millénaires de construction morale qui me font penser dans un sens et dont je ne suis même pas conscient.

Alors je prends chaque signal comme une chance de bouger la réflexion de mon ventre vers mon cerveau. Pourquoi ne pourrait-on pas parler de telle ou telle chose ? J’essaye d’attraper mon formatage au vol, avant qu’il ne me fasse dire n’importe quoi. Être con, c’est le mode automatique. Le reste demande un effort.

Avec de la patience, de la bonne volonté et si je continue à demander pourquoi, j’arriverai peut-être à ne plus avoir aucune opinion. Alors je pourrai reconstruire.

Et cette fois c’est moi qui choisirai les pierres.

Ce dont on parle :

  • 01:00 Comment elle est passée de misogyne à féministe
  • 11:00 – Peut-on rire de tout ? L’importance d’écouter et de réfléchir
  • 24:00 – L’importance vitale de l’éducation, l’exemple de sa maman
  • 31:00 – Les règles, un formidable cheval de troie
  • 41:00 – Le paradoxe de la mère et de la putain
  • 51:00 – Dire la vérité pour se protéger et pour aider
  • 58:00 Les questions de la fin

Références :

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EP 37 – Lorenzo Benedetti : Le fondateur du Studio Bagel

Lorenzo Benedetti est le fondateur et CEO du Studio Bagel.

Depuis bientôt un an, il est également directeur de la création originale digitale pour le groupe Canal +.

Si vous avez moins de 30 ans, vous vous êtes forcément marrés devant les vidéos du Studio Bagel. En 2012, c’était une simple chaîne Youtube organisée autour de talents naissants du web (Mister V, Natoo, Kemar, Ludovik, …). En 2017, ces talents sont tous devenus des stars et le Studio Bagel a été acquis par Canal + (2014).

Cet épisode fait le pont.

On peut être entrepreneur, on peut être artiste, et on peut être entrepreneur-artiste. Il n’y a pas de recette miracle pour faire des choses extraordinaires. Lorenzo a tout vu avant les autres, a mis la main à la patte et ne s’est pas beaucoup planté.

Et dans cet épisode, il raconte !

Ce dont on parle :

  • L’histoire de sa famille, la 2nde guerre mondiale et son brevet de pilote
  • 05:30 – Son parcours : les grandes écoles, les tâtonnements et son intérêt pour l’audiovisuel
  • 16:00 – L’entrepreneuriat : l’importance de ne pas être seul
  • 22:00 – Le Studio Bagel : La création, la gestion des talents et comment devenir un leader
  • 31:00 – La réinvention : Ses conseils pour se renouveler constamment
  • 37:00 – L’acquisition du Studio Bagel par Canal et ce que ça a changé dans sa vie
  • 43:00 Les questions de la fin

Références :

 

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BONUS2 – Moi, interviewé par Soline Ledésert

« À quand un épisode sur Antonin Archer »?

Comme je déteste parler de moi (ahem), j’ai longuement repoussé la date fatidique. Et puis, il me fallait trouver la bonne personne pour réaliser cette interview.

Alors qui de mieux que Soline Ledésert, la fille la plus brillante que je connaisse ? Soline est un des piliers psychologiques de Nouvelle École, main dans la main avec Steven Sanséau que je dédicace ici pour toute son aide et tout son calme face à mon état de panique permanent. Je vous souhaite à tous de trouver ce genre de personnes. On peut pleurer sur leur épaule quand tout va bien mais qu’on se persuade que tout va mal, c’est rassurant.

Pour en revenir à Soline, elle m’aide souvent à choisir les invités. C’est grâce à elle que vous avez entendu Alice Moitié, par exemple.

Et donc, grâce à elle que vous entendez Antonin Archer, tadaaaa.

On aborde à peu près tout ce qui s’est passé dans ma jeune existence. De ma vie de provincial à mes études, en passant par mes aventures entrepreneuriales et mes déboires psychologiques. On fait quelques blagues, on tousse et on m’écoute m’écouter pendant plus d’une heure.

J’espère que ça vous plaira. J’ai peur qu’après cet épisode plus personne ne veuille écouter Nouvelle École. J’espère que ça ne sera pas le cas. J’espère que vous continuerez à venir prêter votre oreille. On revient bien évidemment Lundi avec une personnalité bien plus intéressante.

Merci à tous de suivre Nouvelle École. Et bisous !

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EP 36 – Alice Moitié : Garder une âme de touriste

« J’adore ces lunettes », m’a dit Alice Moitié.

C’étaient des lunettes un peu moches avec des verres orange. Elle m’a fait essayer et tout était en couleur. Ça m’a rappelé les journées au ski quand j’étais gamin. Il y avait un côté enfantin dans sa façon d’en parler,  émerveillé.

« Ça détend, le orange ».

Elle nous a servi du thé sur un plateau qu’elle avait ramené d’une brocante. « J’adore les brocantes ». Je me suis demandé depuis combien d’années je n’étais pas allé à une brocante regarder des objets.

Tous les dimanches, Alice découvre Paris, sa ville.

Le lendemain de l’interview, elle devait d’aller à un festival pour chien d’aveugles.

« Tu vis comme une touriste, en fait » lui ai-je fait remarquer.

« Bah oui ! Une ville c’est comme un couple, si tu fais pas d’efforts et que tu baises plus et que tu pètes sous la couette tu deviens pote avec ton mec. »

Alice a décidé de ne pas devenir pote avec sa ville.

Ca m’a fait réfléchir. Je vis à Paris mais je l’oublie tout le temps.

Quand je passe devant le Petit Palais il y a des couples asiatiques qui prennent des photos en tenue de mariés. Ils sont émerveillés comme des enfants à Disney Land. Des touristes à Paris.

C’est mon parcours de jogging. Je passe devant l’Elysée, le Grand Palais, les quais, la place de la Concorde et l’Assemblée Nationale. Mais je m’en fous. Je pense à mes problèmes. Combien d’écoutes sur Nouvelle École cette semaine ?

Je me blase. J’oublie la nouveauté des premiers jours et je traite mes journées comme le reste. Comme acquises.

Mais rien n’est acquis.

Ni Paris, ni mes occupations, ni les gens autour de moi. J’avais besoin d’un petit rappel. Une paire de lunettes orange que tu mets sur le nez pour voir les journées en couleur.

Et ne pas devenir pote avec ta vie.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 01:00 : Son parcours, son expulsion des Gobelins, pourquoi c’est plus facile de commencer aujourd’hui
  • 15:00 : La photo, le rapport au nu
  • 23:00 : Ses petits boulots, l’argent et l’instinct de survie
  • 20:00 : Sa période difficile entre 20 et 30 ans
  • 33:00 : Ses conseils à ceux qui veulent se lancer
  • 41:00 : Ses rituels, son quotidien d’artiste
  • 52:00 : Sa méthode de travail, comment faire poser PNL
  • 01:05:00 : Son rapport au succès, à la célébrité, à la beauté
  • 01:11:00 Les questions de la fin (qui changent !)

Notes et références :

NB : Les liens Amazon que je mets sont des liens d’affiliation. Si vous achetez ces produits, je touche un pourcentage. Si les bouquins vous intéressent, n’hésitez pas à utiliser ces liens pour m’aider à financer Nouvelle École 🙂

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EP 35 – Gringe : Laisser du temps au temps

Gringe a été bloqué pendant 10 ans.

Depuis 2013, il a sorti deux albums, joué dans une série, quatre films et s’apprête à sortir son premier album solo.

On peut raconter l’histoire qu’on préfère. On peut raconter le Gringe bloqué ou le Gringe des Casseurs Flowters. Mais les deux sont indissociables.

Ce qu’on appelle le succès n’est que la perception d’une situation à un instant donné. Nous sommes toujours en mouvement et personne ne traverse la vie en en suivant les panneaux. Chacun fait face à ses moments de stagnation, de doute voire de panique.

Je voulais connaître la partie moins brillante de l’histoire de Gringe. Je m’intéresse plus aux difficultés qu’au succès, car c’est souvent l’échec qui porte les graines de la réussite.

Sans sa longue période de gestation, Gringe n’aurait pas pu devenir la personne qu’on connait. Le temps passé seul lui a permis de « poser un socle ». Sans le Gringe bloqué, pas de Gringe des Casseurs Flowters.

Quand j’étais ado, je prenais tous les adultes pour des imbéciles.

Ils me parlaient de l’importance de l’expérience mais je ne comprenais pas. Je me voyais déjà les battre au jeu de la vie et aller plus vite qu’eux.

Après quelques années à courir comme un hamster dans une roue, j’ai compris que je ne peux pas aller plus vite que la musique. Il y a des choses que seul le temps peut décanter. On plante des graines et, avec les années, on saura lesquelles valaient la peine d’être arrosées.

Tout ce qu’on peut faire, c’est approcher chaque jour comme un Samouraï : faire ses gammes, répéter les mouvements, et laisser le temps au temps.

Comme Gringe.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 02:30 : Sa nouvelle carrière d’acteur, son syndrome de l’imposteur
  • 09:30 : Le succès, le regard des gens qui change
  • 17:00 : Ses débuts dans le rap, sa rencontre avec Orelsan
  • 20:00 : Sa période difficile entre 20 et 30 ans
  • 32:00 : Son changement de vie avec l’album des Casseurs Flowters
  • 42:00 : Son album solo, ses méthodes de travail
  • 48:00 : L’importance de laisser du temps au temps
  • 54:00 : Son nouveau mode de vie, les questions de la fin (le retour !)

Notes et références :

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EP 34 – L’Odieux Connard : Un exercice de mauvaise foi

L’Odieux Connard a commencé comme tout le monde.

« Le premier mois j’ai eu 19 visiteurs ».

C’était il y a 8 ans. En 2016, 6 millions de personnes ont lu le blog de l’Odieux Connard.

Quand je vois un type avec des abdos, je sais qu’il a passé du temps à la salle avec de la musique très fort et des gens
musclés qui se regardent dans la glace. Il faut du courage pour ça. Bizarrement, j’oublie ces sacrifices quand je vois un auteur, un entrepreneur ou un youtubeur. On est nombreux à oublier le travail qui se cache derrière le succès. On pense pouvoir le répliquer en 5 minutes.

Evidemment, ça ne marche pas. On ne fait pas 1 million de vues sur sa première vidéo, alors on arrête. L’erreur est d’oublier que rien ne se fait en un jour. L’Odieux Connard publie toutes les 2 semaines depuis 8 ans. C’est comme ça qu’on passe de 19 à 6 000 000. Et c’est bien de s’en souvenir.

Tous les jours, pas toute la journée

« Une bonne journée de travail, c’est 4 heures. »

En ce moment, on fait face à une avalanche de workaholisme à la sauce Gary Vaynerchuk :

« Travaillez 18 heures par jour ! »

« Arrêtez de regarder House of Cards ! »

J’aime bien Gary Vee. Il est motivant et il y a du bon à prendre dans ce qu’il dit. Mais j’aime encore plus House Of Cards. C’est divertissant, les acteurs sont bons et j’apprends des choses sur la politique aux Etats-Unis.

Les Gary Vee du monde me font me sentir coupable d’aimer les séries. Ils me font me culpabiliser de tout ! Ce n’est pas d’apprendre à « HUSTLE » dont j’ai besoin, mais d’apprendre à ne rien faire et ne pas me sentir coupable. De toute façon, je ne VEUX pas travailler 18 heures par jour.

L’Odieux Connard travaille 4 heures par jour. Il a publié des centaine d’articles et deux livres, sans compter ses travaux sur la première guerre mondiale et ses différentes carrières. Il est suivi par des millions de fans (dont moi). Est-il un fainéant ? À vous de juger.

Stephen King travaille entre 4 et 6 heures par jour. Woody Allen disait en 1980 travailler 3 à 5 heures. Stephen King et Woody Allen sont ils des losers ?

On peut toujours faire plus. Mais « assez », c’est bien aussi. Personne ne meurt en se disant « si seulement j’avais bossé 18 heures par jour ! » (et personne ne pourra me contredire là dessus, c’est l’avantage quand on parle pour les morts).

L’importance du débat

« Tant qu’on se lance pas dans la contradiction on peut pas détruire une idée ».

On vit à une époque tendue. Peut-être que mon grand-père a raison et que l’apocalypse est pour demain, mais il nous reste encore aujourd’hui. On peut discuter.

En cas de désaccord, la solution la plus simple consiste à dire qu’un camp a raison. Les méchants sont des salauds, et les gentils sont des gentils. Mais ce genre de discours ne fait qu’agrandir le fossé qui les sépare déjà.

Débattre est plus difficile. C’est admettre qu’il peut y avoir du vrai des deux côtés. C’est tenter de comprendre et donc étudier autrement qu’à travers des vidéos sous-titrées de 10 secondes.

C’est se souvenir qu’il y a des humains en face. Eux aussi pensent être des gentils qui se battent contre les méchants. Si on veut les combattre, il faut les comprendre. Et pour comprendre, il faut écouter.

Qu’est-ce qu’on fait ?

« Ma philosophie c’est « qu’est-ce que je fais ? Est-ce que c’est utile ? » »

Avec le workaholisme vient également la question de l’impact. Tout le monde doit « avoir un impact ». On doit changer le monde sous peine d’avoir raté sa vie. Parmi les quêtes acceptables : apporter internet en Afrique, construire une startup qui DOMINE, laisser une trace dans les livres d’histoire.

Mais l’impact le plus profond est invisible. La vie de tous les jours est invisible. On n’y gagne pas de médailles. Personne ne vient nous recommander sur Linkedin en « gentillesse », « tolérance » ou « humour ». Mais ce sont ces qualités qui changent le monde.

En ça, l’Odieux Connard participe plus qu’il ne le croit à l’entretien de l’édifice.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 03:00 : Les origines de l’Odieux Connard
  • 06:30 : La haine du cinéma au quotidien
  • 22:00 : Son organisation, sa vie de professionnel
  • 33:00 : « Brûler l’éducation nationale et refaire quelque chose », son expérience de professeur.
  • 45:00 : La nécessité de débattre
  • 53:00 : Sa philosophie de vie

Notes et références :

NB : Les liens Amazon que je mets sont des liens d’affiliation. Si vous achetez ces produits, je touche un pourcentage. Si les bouquins vous intéressent, n’hésitez pas à utiliser ces liens pour m’aider à financer Nouvelle École 🙂

Pour aller plus loin :

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Si vous avez aimé :

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EP 33 – Marina Rollman : La vie n’est pas un montage

En primaire, l’institutrice m’appelait « Antonin de la lune ».

Jolie formule pour dire que je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi.

Quand je discute, je n’écoute pas. Je pense à ma prochaine phrase. Je veux qu’on me trouve intelligent et je sais plusieurs minutes à l’avance ce que je veux dire ensuite.

Ce n’est pas une qualité pour être hôte de Podcast, mais il y a des traits de caractères bien ancrés.

Des amis m’ont dit :

« Tu ne montres pas vraiment qui tu es. Il y a Antonin dans la vraie vie et Antonin de Nouvelle École. »

Touché.

J’ai peur que vous me trouviez bête si je montre qui je suis. Je suis moins intelligent en vrai que dans Nouvelle École.

Mais je veux montrer la vérité. Sinon ce podcast ne sert à rien et je peux aller mettre des cadres blancs sur mes photos Instagram.

Soyons honnêtes. Je suis très compétitif. Je ne m’intéresse à un jeu que si je peux gagner et je soutiens toujours un camp. Un sport sans gagnant ne m’intéresse pas.

Je compte les points au Beach volley et au Ping-Pong. Quand je perds à FIFA, il m’arrive de jeter ma manette par terre en hurlant des injures vers la télé.

Je ne veux plus m’excuser. Je suis comme ça : j’aime gagner, je déteste perdre et la seule chose qui me console est la perspective de gagner la prochaine fois.

Depuis quelques semaines, je sors mécontent des interviews.

J’ai le sentiment de stagner, voire régresser. Je m’en tiens trop au script, je répète les mêmes bêtises à chaque fois : « la passion, bla bla, redevenir enfant, bla bla bla ». Je m’agace de mon propre disque.

Je veux proposer une émission de qualité. En fait, je veux proposer la meilleure émission. Donc il y a des choses à changer. Et pour ça, plusieurs étapes :

La première étape est de rester humble.

Ces derniers temps, j’ai reçu beaucoup de compliments à propos de Nouvelle École. Je suis stupéfait de la facilité avec laquelle mon ego se complait dans la flatterie. Stupéfait et inquiet.

Heureusement, j’ai un bon ami. Il est toujours là pour me sonner quand je fume trop de crack. Je vous conseille à tous d’en avoir un comme ça, qui vous réveille quand êtes trop dans la lune.

La deuxième étape est de rester un étudiant.

Il n’y a pas si longtemps, je lisais 1 à 2 heures par jour et m’abreuvais des histoires et des techniques des meilleurs du monde. Je ne sais pas pourquoi j’ai ralenti, peut-être pour Rick and Morty. Peut-être pour aller voir combien d’écoutes le dernier épisode a fait.

Il est temps de supprimer Facebook, Twitter, Instagram, de m’asseoir à mon bureau, en face du mur, et de faire pousser des arbres sur Forest. J’oublie vite que les meilleurs ingénieurs du monde dédient leur vie à ce que je perde la mienne sur des apps débiles.

Il est temps de me remettre en marche et d’être en avance sur mon travail. Je ne veux plus avoir l’impression de courir après Nouvelle École. Il est temps de dire non. Mes excuses aux quelques personnes qui me proposent des cafés ou des verres ou des Skype. Je ne sais pas être modéré. C’est souvent tout ou rien pour moi.

J’écoutais Cal Fussman interviewer Larry King.

Deux pros de l’entretien, deux pros de l’interview. J’ai été frappé par le niveau de Cal Fussman. On ne fait pas attention à lui, pourtant il parle beaucoup.

On m’a reproché de trop parler. C’est d’abord parce que je cherche à créer une discussion, pas une interview. J’aime entendre l’hôte dans les émissions que j’écoute. Mais Cal Fussman est différent. Il ne parle pas pour lui. Il ne parle pas pour raconter sa vie ou se faire mousser. Il parle pour l’émission.

Ce que Cal dit sert d’abord l’invité, puis l’auditeur, donc l’émission.

Il est là mais on ne pense pas à lui. Il fait briller Larry King. Il fait tout briller. Cal Fussman est un boss.

Leçon numéro 1 : Parler pour l’émission.

J’aurai tout le loisir de raconter ma vie ailleurs.

Larry King a interviewé des milliers de personnes. Il est reconnu mondialement comme l’un des tous meilleurs. Son secret : être dans le moment.

  • Ne pas lire ses notes en réfléchissant à la suite. Larry King n’apporte pas de notes.
  • Ne pas essayer de déclencher des phrases choc pour les mettre au début de l’épisode.
  • Ne pas penser à ce qu’on veut dire ensuite pour avoir l’air intelligent.

Se taire. Écouter. Être curieux.

Leçon numéro 2 : Être présent.

Vous écoutez peut-être Nouvelle Ecole et je vous en suis reconnaissant. Je m’émerveille que vous puissiez trouver ça intéressant.

Donc je ne veux pas vous décevoir.

Pour cet épisode avec Marina Rollman, je n’ai pas apporté de notes.

L’interview est préparée, mais je ne consulte pas mes questions.  Je ne lis pas de script.

Je ne sais pas si le résultat est meilleur. En tout cas j’expérimente. Me revoilà devant le tableau blanc, comme le débutant que je suis.

  • On parle de sa dépression et de comment elle s’en est sortie.
  • De la quête de sens que nous traversons.
  • Du fait d’être une femme dans son milieu.
  • De l’égo et de comment le contrôler.

Une chose dont on ne parle pas : le standup. C’est l’avantage de ne pas avoir de script, ce sont eux qui sont dans leur tête. Je me contente de suivre.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 01:00 : Trouver du sens
  • 05:30 : Les règles de Nouvelle École
  • 10:00 : Ses débuts, son premier bide et ses divers ratages
  • 20:00 : Sa dépression
  • 35:00 : Poursuivre le parcours, pas le résultat (la théorie Rocky)
  • 42:00 : Récupérer son attention, être présent
  • 55:00 : Être une femme dans le standup
  • 01:00:00 : Ses conseils de drague
  • 01:10:00 : L’ego et comment gérer le succès

Notes et références :

NB : Les liens Amazon que je mets sont des liens d’affiliation. Si vous achetez ces produits, je touche un pourcentage. Si les bouquins vous intéressent, n’hésitez pas à utiliser ces liens pour m’aider à financer Nouvelle École 🙂

  • Marina sur Facebook
  • La révolte des premiers de la classe -> [amazon_link asins=’2918682330′ template=’ProductLink’ store=’nouvelleeco03-21′ marketplace=’FR’ link_id=’45a3b1bd-917b-11e7-8bc3-c9ea4c66b1ca’]
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  • King Kong Théorie -> [amazon_link asins=’2253122114′ template=’ProductLink’ store=’nouvelleeco03-21′ marketplace=’FR’ link_id=’8565de09-917b-11e7-ba15-27f0f5a1ed69′]
  • Louis CK sur Georges Carlin
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  • Cal Fussmal interview Larry King
  • Addicted to your iPhone, you’re not alone, l’article dont parle Marina sur l’addiction aux smartphones
  • Louis CK sur les téléphones portables chez Conan O’Brien
  • Mark Manson: Models -> [amazon_link asins=’1463750358′ template=’ProductLink’ store=’nouvelleeco03-21′ marketplace=’FR’ link_id=’e7b911f9-917b-11e7-a37e-e39c54380ab3′]

Si vous avez aimé :

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EP 32 – Romain Paillard : Le droit d’être curieux toute sa vie

Au lycée, on nous montrait des brochures ONISEP avec les différents choix de carrière indiqués en couleur.

Il y en avait 5. Il fallait choisir une couleur pour sa vie et ensuite on arrivait à des trucs comme « ressources humaines » ou « génie civil ».

J’avais proposé à mon meilleur ami d’arrêter le lycée, de louer un van et de partir en tournée. Lui avait décroché depuis longtemps.

Quand tu grandis, on te tape le crâne avec le mot carrière jusqu’à ce que ça rentre. « Quelle est ta fonction, humain ? » Coder, planter des clous, arroser des plantes ou gérer des équipes de commerciaux ?

En tout cas choisis bien.

Alors, tout le monde choisit un truc un peu au hasard. Comme Romain Paillard, j’avais choisi le droit. Comme Romain Paillard, j’avais bien aimé. Lui était devenu avocat. Maintenant, on lui demande pourquoi un avocat a quitté sa carrière pour créer une école de code.

« Tout le monde croit que si tu fais un nouveau truc c’est que l’autre ne t’a pas plu. »

Comme s’il fallait sortir totalement d’une case pour entrer dans une autre.

Romain aimait son métier, mais lancer Le Wagon avec son frère l’enthousiasmait plus, alors il a changé. Il ne se voyait pas avocat pendant 20 ans.

« De la même manière que je me vois pas faire le Wagon 20 ans. »

Le concept de carrière est absurde.

On te met sur des rails et c’est parti jusqu’à la ligne d’arrivée. Comme si quelques années d’études devaient déterminer toute ton existence. Il m’a fallu faire Le Wagon pour comprendre que je pouvais être développeur web si je le voulais. Il me suffit de poser mes fesses sur une chaise et de coder tous les jours pendant longtemps.

Mais c’est plus simple de se mettre dans une case en se disant « tu ne peux pas ».

Sauf que personne ne nait développeur, agriculteur ou boxeur. On est le résultat de ce qu’on décide de faire tous les jours.

Alors pourquoi s’interdire d’essayer ? On devrait encourager les gens à chercher, pas les obliger à trouver immédiatement. On devrait nous pousser à toujours découvrir. Personne n’est fait pour aimer la même chose pendant 50 ans.

Romain a raison de s’autoriser à être curieux. On n’aura pas de deuxième essai pour le faire. J’espère qu’il finira par ouvrir une ferme autonome et qu’il m’invitera. J’irai peut-être. S’ils ont internet.

Un ami m’a dit : « À chaque fois que je te vois, tu fais un truc différent ».

Quand j’entends ça, je m’inquiète. J’ai peur de me tromper. Le soir, je roule dans mon lit en me disant que j’aurais du choisir une couleur au collège.

Mais dans moins de cent ans, je serai un sac d’os dans une boîte dans le sol. Rien de tout ça n’est important.

Je peux pivoter autant que je veux. Je peux faire de la musique, puis une école de commerce, puis écrire, puis vendre des chatbots, puis écrire encore.

Je peux me retrouver à 10 heures du matin dans un appartement avec des inconnus parce que j’ai pris trop de drogues et me dire que c’est fini, fini, fini, fini. Je peux redevenir sain et puis recommencer.

Je peux tomber amoureux et faire n’importe quoi par insécurité, à 15 ans comme à 25.

Je peux, car ce ne sont que des essais. Je ne sais pas où je vais et personne n’a l’air de savoir. J’essaie de faire confiance à mes sensations.  Dans le coeur, ça va. Dans l’estomac, ça ne va pas.

Et quand ça ne va pas pendant trop longtemps, je change. Je suis un sac d’os qui cherche la manière la moins désagréable de traverser la vie. Et j’ai deux options :

Je peux rester sur l’autoroute. Je suis sûr d’arriver à l’heure et en bonne santé.

Ou je peux couper à travers champs. Je risque de me tromper, de me faire mal et de revenir sur mes pas.

Mais au moins j’aurai vu du pays.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 00:00 : Divagations sur Nouvelle École
  • 05:00 : Le Wagon, leurs progrès constants
  • 13:00 : Sa carrière d’avocat et les anecdotes qui vont avec
  • 22:00 : L’entrepreneuriat, la carrière et la nécessité de sortir des cases
  • 39:00 : Apprendre à coder, dépasser ses croyances limitantes
  • 50:00 : Repenser l’apprentissage
  • 01:03:00 : La vie d’entrepreneur curieux (et son rythme de travail)
  • 01:19:00 : Les questions Bernard Pivot

Notes et références :

NB : Les liens Amazon que je mets sont des liens d’affiliation. Si vous achetez ces produits, je touche un pourcentage. Si les bouquins vous intéressent, n’hésitez pas à utiliser ces liens pour m’aider à financer Nouvelle École 🙂

Vous pouvez me soutenir financièrement sur Tipeee.