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EP 31 – Adrien Ménielle : Toujours faire de son mieux

C’est l’histoire d’un mec qui s’est réinventé.

J’ai peur du temps qui passe. Quand j’étais petit, les joueurs de foot étaient des adultes et je pouvais encore devenir Zidane. Hier j’ai vu un match avec Neymar en j’ai réalisé que ça y est, c’est mort.

Plus je grandis, plus le temps passe vite, plus je me dis « je ne pourrai jamais faire ça ». Chaque choix de vie devient un investissement que je n’ai pas envie de rater.

Il y a 4 ans, je ne sais pas si Adrien Ménielle se disait la même chose. À cette époque, il était toujours illustrateur et ironisait sur Vine :

Tu as 33 ans et tu n’as rien accompli dans la vie.

Au moment où j’écris cet article, il vient de finir de jouer le rôle principal dans une série qu’il a écrite.

C’est un épisode pour tous ceux qui se disent « je ne pourrai jamais faire ça ».  Voici ce que j’en retiens :

1. Toujours faire de son mieux

Son premier boulot payé en tant qu’illustrateur, c’était pour TGV Magazine. J’ai connu des paquets de céréales bio plus lus que ce journal. Lui n’en attendait rien de spécial.

Mais par chance, le directeur de Nathan Jeunesse a décidé d’ouvrir ce magazine. Il est tombé sur les illustrations d’Adrien et l’a embauché.

Ses premiers sketchs sur internet étaient faits sur Vine, une plateforme pour publier des vidéos de 6 à 7 secondes.

« Les vines c’est comme ce que tu fais avec la caméra de ton père quand t’as 8 ans. Sauf que moi j’en avais 33. »

Encore une fois, il n’en attendait rien de spécial.

Mais par chance, les types de Golden Moustache ont aimé. Ils lui ont proposé de passer un essai. En 4 ans, Adrien est devenu auteur, comédien et même réalisateur au sein de Golden Moustache, dont il a ensuite assumé la direction artistique.

Il a respecté la chance.

J’essaye de m’inspirer de ces gens qui font toujours de leur mieux, mais c’est difficile. J’ai du mal à savoir quand c’est bien, ou quand c’est mieux. Je ne sais même pas si les gens lisent ça. Si j’écris « banane », est-ce que quelqu’un le verra ?

Si oui, faites-moi signe. Sinon, je continuerai à essayer de faire mieux.

2. Ne pas se limiter

« Je voyais Golden Moustache et je me disais : « Ah, c’est génial, mais bon, moi je pourrai jamais faire ça. «  »

Je me suis marré quand il a dit ça. J’étais en train de me dire la même chose à son sujet : « Ah, c’est génial, mais bon ce n’est pas pour moi ce genre de métier ».

Je crois que les choses qui m’intéressent sont réservées aux autres. Si je ne suis pas à leur place, n’est-ce pas qu’il y a une raison ? Je me sens trop vieux pour commencer.

Récemment, on m’a demandé quel est le meilleur aspect de Nouvelle École.  C’est d’avoir l’opportunité de voir les gens tels qu’ils sont et de leur poser les questions que je me pose :

  • comment on fait ?
  • est-ce que c’est difficile ?
  • est-ce que tu as peur parfois ?

Moi j’ai un peu peur, tout de même. J’essaie de ne pas le montrer, mais j’ai assez de nuits blanches à mon actif pour prétendre le contraire.

La bonne nouvelle, c’est que je ne suis pas seul. À chaque interview, je découvre un nouvel humain avec ses forces et ses failles, ses convictions et ses doutes.

Je découvre des gens qui ont encore le syndrome de l’imposteur et d’autres qui pensent n’avoir rien fait d’important. De l’extérieur, je n’y aurais pas cru.

Surtout, je découvre des gens qui se sont dit : « Allez, je le fais ».

En 4 ans, Adrien Ménielle s’est réinventé. Il est passé de spectateur à acteur. À se remémorer quand on se dit « je ne pourrai jamais faire ça ».

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 06:30 : L’introversion : tentative de définition
  • 12:30 : Ses soucis d’adaptation à l’école
  • 20:00 : Ses débuts en tant qu’illustrateur
  • 26:30 : Vine et la transition vers Golden Moustache
  • 31:30 : Son rapport à l’autopromotion, au succès et au fait de se vendre
  • 41:00 : Ses débuts chez Golden Moustache
  • 52:00 : L’importance de démarrer sans attendre
  • 01:05:00 : Ne pas s’enfermer dans un rôle
  • 01:18:00 : Les questions perso

Notes et références :

  • Role Models
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  • Son site Adrien.cool
  • Défense Personnelle

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EP 30 – Maxime Braud : Ne respecte pas le Règlement

Maxime Braud est à part.

Dès qu’il s’absente 5 minutes, il revient avec une nouvelle idée brillante. Sauf qu’il l’a déjà lancée. Et qu’elle marche.

Comme sur Règlement Radio, qui passe des morceaux de rap 24/7 sur Youtube. Il m’en avait vaguement parlé, je l’avais à peine écouté. Il l’a lancée en moins de 2 semaines et maintenant, des centaines de fans de rap squattent sa chaîne jour et nuit.

Moi, j’ai des carnets remplis d’idées que je ne lancerai jamais. J’aime trop fantasmer. J’ai une idée, puis j’en parle, puis j’en parle, puis je ne fais rien.

Alors j’essaie de décortiquer les gens comme Maxime, et voilà ce que j’en tire :

1. Fais-le

Il y a quelques semaines, un auditeur m’a appelé. Il voulait des conseils pour l’aider à se lancer. J’aurais du lui dire qu’il avait appelé la mauvaise personne, mais j’ai un égo. Alors je lui ai dit « fais-le! », d’un ton assuré.

Toujours prendre un ton assuré quand on donne des conseils.

Mais c’est vraiment le meilleur conseil. Je sais de quoi je parle. J’ai lu tous les livres d’entrepreneuriat ! J’ai écouté tous les podcasts. J’ai participé à des meetups. J’ai pitché des idées et j’ai même appris à coder.

Si la clé de la réussite était la connaissance, on serait tous des millionnaires avec des abdos parfaits.

J’ai 140 livres sur mon Kindle, peu d’abdos, 0 millions.

Maxime a découvert le rappeur Django. Le lendemain, il a acheté un micro. Le surlendemain, il a sorti le premier épisode du Règlement. En 2 jours, il est passé de l’idée à l’exécution. Aujourd’hui le Règlement a 160 000 abonnés sur Youtube.

Plus tu réfléchis à ton idée, moins tu as de chances de la réaliser. Il y a trop de bonnes raisons de ne pas se lancer.

Alors je ne réfléchis plus. Je lance. J’avise ensuite. Et si vous me retrouvez dans le caniveau, aidez-moi.

2. Fais ce que tu veux voir

J’entends ce conseil partout depuis que Navo me l’a donné. Comme quand j’apprends un nouveau mot.

Il est tellement simple, ce conseil, que j’ai toujours fait l’inverse. Je ne cherchais pas à faire ce que je voulais voir, mais ce qui me rendrait riche, célèbre, et qui rendrait toutes les filles amoureuses de moi.

J’avais plein de supers idées que je n’allais jamais lancer. Impossible de me motiver sur le long terme quand je ne fais pas les choses pour moi. Recruter des gens pour des startups, bonne idée, mais tu te vois faire ça pendant 10 ans ?

Autre problème : vouloir faire un truc qui marche, c’est la garantie ne pas être original.

Et je crois que le but de tout projet créatif, c’est d’être original.

Comme tout a déjà été dit et fait, il ne reste plus qu’à partir de soi-même en se demandant « qu’est-ce que j’ai envie de voir ? ».

Sinon, on se retrouve tous avec des cadres blancs sur nos photos Insta.

Maxime avait envie de regarder le Règlement. Il voulait des vidéos de rap différentes qui parlent aux acharnés comme lui. Alors il a créé sa première vidéo. S’il obtenait 2000 vues, il s’engageait à en faire une seconde.

Cette vidéo a maintenant plus 800 000 vues. Comme souvent, il n’était pas seul à vouloir voir quelque chose de différent.

3. Amuse-toi

Un autre conseil cliché. Pourtant, il s’oublie facilement. J’en ai fait les frais.

J’ai peur de ne pas être pris au sérieux. Quand on me demande ce que je fais, j’ai le sentiment de passer pour un clown.

Un passage en école, un stage où tout le monde tire la gueule et tu te mets dans la tête que la vie d’adulte se doit d’être sérieuse. C’est à dire chiante. Comme si s’amuser devait rester un truc d’enfants.

Mais le monde entier glorifie ceux qui réussissent à s’amuser : les musiciens, les acteurs, les joueurs de foot. C’est bien qu’on veut tous un peu plus de jeu dans nos vies.

L’erreur, c’est de croire que les choses sérieuses impliquent un costume gris, un immeuble gris et un ciel gris quand tu sors du métro.

Le Règlement, c’est violet fluo, mais c’est très sérieux.

Il suffit de voir l’attente que génère chacune des vidéos de Maxime. L’engouement de tous ceux qui veulent l’aider gratuitement.

On a tous envie de se sentir gamins. De travailler sans avoir l’impression de travailler, de ne plus voir le temps passer.

S’amuser, c’est très sérieux. Et je ne veux plus oublier ça.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 05:00 : De ses difficultés dans le monde professionnel à la création de Mangrove
  • 15:00 : Comment avoir des repères en tant qu’indépendant
  • 24:00 : L’école, la prépa et ses difficultés à rentrer dans le moule
  • 29:00 : Le Règlement : des origines au succès
  • 42:00 : Cultiver sa créativité
  • 47:00 : Règlement Radio, les idées viennent en exécutant
  • 54:00 : Les questions perso

Notes et références :

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EP 29 – Alban Denoyel : Sculpter le futur

Le monde avance trop vite pour ne pas faire attention.

Si je pouvais changer le passé, je supprimerais MSN et Age of Empires de mon PC d’adolescent et je m’intéresserais à la technologie. J’apprendrais à coder, j’apprendrais internet. Un peu moins de distractions, un peu plus d’apprentissage de ce qui a façonné le monde dans lequel je vis aujourd’hui.

Mais j’aimais trop Age of Empires.

Alors j’ai ramé. Je me suis cogné la tête contre les murs à essayer de comprendre ce qu’était le Cloud et comment coder une application. Aujourd’hui j’essaie de suivre, je ne veux plus me sentir paumé comme il y a 3 ans. Et je ne veux pas me sentir paumé dans 10 ans.

Voilà pourquoi je voulais rencontrer Alban Denoyel.

Plutôt que de rester spectateur, Alban a décidé de participer à la construction du monde. Aujourd’hui, Sketchfab sert à publier, partager et découvrir du contenu en 3D et en Réalité Virtuelle. Une plateforme sur laquelle 1 million d’utilisateurs sculptent le futur.

Vous voyez ce que ça fait déjà, 1 million ?

Je voulais en savoir plus sur son parcours et ce qui l’a aidé à sentir le coup avant les autres. Je voulais parler technologie : réalité virtuelle et impression 3D.

Il y a 2 ans, Bold m’a donné une mesure de la vitesse à laquelle le futur arrive. Et Alban a choisi de vivre en plein dedans. Aujourd’hui, il partage des photos de son fils en 3 dimensions.

Mon futur, c’est déjà son présent.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 0:00 : Son parcours, sa passion pour la sculpture
  • 13:00 : Les débuts de Sketchfab
  • 24:00 : Sketchfab aujourd’hui
  • 32:00 : La réalité virtuelle, aujourd’hui et dans le futur
  • 38:00 : Quelques pensées sur le recrutement
  • 44:00 : Entreprendre quand on est père
  • 48:00 Les questions de la fin

Notes et références :

  • Polka Magazine
  • Adam Smith
  • Fab2pro fait par Lenovo et Google
  • James Altucher
  • The Social Network
  • The Facebook Effect
  • Tiltbrush (peindre en réalité virtuelle)
  • Hatching Twitter
  • Sapiens
  • Noah kagan et le Coffee challenge
  • Pinterest
  • Sketchfab.com/alban
  • Denoyel.com

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EP 28 – FloBer : Rester enfant, rester sincère

Je suis jaloux de FloBer.

On a le même âge mais on est pas dans les mêmes bails. À l’heure où j’écris cet article, FloBer a :

  • conquis le Youtube Game avec les Suricates
  • conquis le TV game avec Bloqués
  • conquis les coeurs avec des dizaines de vidéos qu’il a écrites ou réalisées, des Suricates à Golden Moustache en passant par le Studio Bagel.

Mais ce n’est pas pour ça que je suis jaloux.

Je suis jaloux de FloBer parce qu’il est resté enfant.

Il me dit ne jamais avoir l’impression de travailler. Il gagne sa vie en faisant ce qu’il a toujours aimé faire : écrire et réaliser des vidéos.

Ça me rappelle l’interview avec Léo Bigiaoui.

Léo, c’était mon pote depuis longtemps, on avait fait nos études ensemble. Puis j’étais parti à HEC, il était parti suivre sa passion. Au moment de l’interview, son travail commençait à buzzer et moi, j’étais en dépression. Je ne savais plus qui j’étais ni pourquoi je faisais les choses.

On était sortis diner. Il voulait tester son nouvel appareil photo et on avait pris plein de clichés de la pluie, de la lumière, de moi sous la lumière et la pluie. C’était marrant. Il était comme un gosse.

Moi j’étais malheureux. Je le regardais prendre des photos en se marrant je sentais mon coeur se serrer. Je faisais semblant de rire mais j’avais envie de pleurer. Ça faisait longtemps que je ne jouais plus.

Léo m’avait réveillé.

Je m’étais souvenu qu’il existe une version de la vie où on se marre tous les jours. Une vie où tu as le droit d’être un gosse, de prendre des photos et de n’avoir aucun plan de carrière.

Je m’étais souvenu de moi, petit. Quand je n’essayais pas de gagner plus d’argent ou de rentrer à HEC pour impressionner mes proches. Quand je voulais juste apprendre des chansons par coeur puis les chanter, écrire des histoires et puis les raconter.

Et j’avais commencé à dire stop. Moins d’adulte, plus d’enfant.

Alors merci FloBer, Navo, Léo et tous les autres.

Nouvelle École, c’est ma thérapie. C’est ce qui me permet de revenir sur les rails de ma vie quand je m’en écarte trop. C’est ce qui me rappelle de m’amuser le plus possible, parce que je peux. Et parce qu’il n’y a rien de plus triste que de sentir son coeur se serrer quand ses potes réussissent.

Aujourd’hui, je publie un épisode de podcast. Demain, je vais faire un peu de musique.

Pour la suite, on verra.

SE RETROUVER DANS L’ÉPISODE :

  • 0:00 : Florilège de bêtises
  • 08:00 : Ses choix de vie, ses choix artistiques
  • 15:00 Son enfance, la naissance de sa passion
  • 30:00 La nostalgie au coeur de son travail
  • 38:00 Sa carrière, le départ de Suricates
  • 48:00 Observer la vie (moment cadeau !)
  • 53:00 Son processus créatif
  • 1:06:00 Sa relation au succès, aux critiques
  • 1:15:00 Les questions de la fin et ce qu’il ferait s’il était riche

Notes et références :

  • Le Manoir
  • Lego Batman
  • Ce qui nous lie – Cedric Klapisch
  • Shaun of the dead
  • 8 Mile
  • Bernie
  • Bref
  • Pio Marmaï
  • Steve Carell
  • Kyan Kohjandi
  • Clément Cotentin
  • Orelsan
    • Perdu D’avance
    • No Life
    • Plus rien ne m’étonne
  • Bloqués
  • Mister V
  • Rémi Bezançon : Le premier jour du reste de ta vie
  • LOUIS CK
  • Studio Bagel
  • Les Suricates
  • Golden Moustache
  • Studio Movie
  • Le FLOODCAST (écoutez c’est très drôle)
  • Flashback Museum
  • J’ai vomi dans mes cornflakes

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EP 27 – Guillaume Gibault : Au pire, j’aurai des slips toute ma vie !

Il est plus facile de sortir de Polytechnique que de sortir de l’ordinaire.

 En 2013 j’ai eu ma première expérience « startup ».

Je participais à un programme de deux semaines dans mon école. On devait trouver une idée, construire un prototype et le présenter devant un jury.

Notre idée : livrer des cadeaux dans tout Paris. Notre algorithme trouverait les meilleures idées de cadeau en fonction de la personnalité des utilisateurs. Nos livreurs apporteraient les cadeaux dans toute la capitale.

En théorie.

C’était l’illustration parfaite de la fausse bonne idée. On se savait pas coder, ni ce qu’était un algorithme. Mais ça sonnait bien et tout le monde en mettait dans les présentations.

Dans le jury il y avait Guillaume Gibault du Slip Français.

On avait appris ça quelques jours avant le concours de « pitchs ». Alors on avait mis des références au Slip Français dans toute notre présentation. Jean Dujardin était notre utilisateur type. Quand il faisait tourner notre (faux) algorithme, on lui proposait un Slip Français.

C’était la seule option disponible. Il ne faut pas croire les démonstrations d’algorithmes dans les concours de pitchs.

Guillaume Gibault n’avait pas voté pour nous.

On n’était même pas sur le podium. Pas grave. J’avais passé 2 semaines différentes de ce qu’on avait toujours fait à l’école.

Pendant 2 semaines, on avait fait ce qu’on voulait. On avait beaucoup plus travaillé que d’habitude, mais on s’en fichait. On travaillait pour nous, entre potes, en écoutant de la musique. C’était l’aventure.

Pour la première fois, personne ne nous disait quoi faire. On créait, on décidait, on planifiait nous mêmes. Et ça faisait du bien.

Du coup, on faisait n’importe quoi. On avait marché dans tout Paris pour trouver des partenaires pour notre startup qui n’existerait jamais. Une sacrée perte de temps. Mais seule l’expérience pouvait nous apprendre cette leçon. Et c’était amusant.

On avait appris à se vendre.

Pour la première fois, j’entrais dans des magasins pour convaincre des gens de travailler avec moi. J’avais appris à améliorer mon histoire, petit à petit. À la fin, je vendais presque quelque chose de crédible. Pourquoi n’apprenait-on pas à se vendre en école de commerce ?

Je me souviens d’un cours de « leadership » dans lequel on lisait des textes de la Harvard Business Review. C’était censé nous apprendre à devenir des leaders.

Il valait mieux perdre du temps en vendant une idée stupide dans Paris que dans ce cours.

Et j’étais décidé à tenter ma chance. À faire les choses moi-même. J’étais nul, j’avais peur et je manquais de confiance en moi. Mais j’avais constaté qu’on pouvait apprendre rapidement, sur le tas.

4 ans plus tard, je me suis à nouveau retrouvé devant Guillaume Gibault.

Comme Oussama Ammar, il ne pouvait pas se souvenir de moi.

Mais je me souvenais bien de lui. Il était là quand j’avais décidé de tenter ma chance. Je n’ai rien créé d’équivalent au Slip Français, loin de là. Mais j’ai le sentiment d’être sur la bonne voie.

Et pour reprendre ses mots :

J’encourage ceux qui se posent des questions à tenter leur chance.

Voici ce dont on a parlé :

  • 02:00 : Les origines : enfance et parcours
  • 14:20 : Se lancer dans l’entreprenariat
  • 21:00 : Le Slip Français : son rôle, son évolution et ses difficultés
  • 38:00 : La créativité, ça se travaille
  • 41:50 : Les questions personnelles

Notes et références :

Livres : 

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EP 26 – Autodisciple : Comment dépasser ses limites

En 2015, je me suis remis à lire.

J’allais terminer mon stage à San Francisco. En 6 mois j’avais plus appris qu’en 10 ans, mais je n’avais jamais été aussi stressé. Je croyais avoir fait le plus dur en étant pris en école de commerce.

Dans la Silicon Valley, j’étais largué. Tout le monde était plus jeune, plus compétent, plus confiant et plus ambitieux que moi. Ils avaient tous déjà monté une startup.

J’étais convaincu que seule la vie de « founder » valait le coup, et mon environnement renforçait cette croyance. Je n’arrivais pas à dormir. Il fallait que je sois entrepreneur, il me fallait une idée de startup :

« Une app pour apprendre à jouer de la musique ! »

« Un service pour livrer des repas ! »

J’étais à deux doigts de la boîte qui fait « Meuh » et du réseau social pour chiens.

La journée, j’apprenais ce qu’étaient qu’internet, le cloud, AWS. Le soir, j’apprenais à coder sur Codecademy avec de la musique répétitive dans les oreilles. J’étais nul, nul, nul ! Alors j’allais chercher un Falafel en bas et je mettais The Office.

Les plus belles années de ma vie.

J’avais commencé à suivre un cours du Y Combinator : How to Start a Startup. Ils recommandaient des bouquins à la fin de la première leçon et j’avais tout acheté.

Je me souviendrai toujours de ces 3 bouquins :

  • The Facebook Effect
  • Never Eat Alone
  • Crucial Conversations

J’avais lu The Facebook Effect en 1 jour, comme un bon vieux Harry Potter. Là aussi tout était magique. Une bande de potes qui font un site pour les étudiants. Le site explose, ils partent en Californie et deviennent milliardaires. Je voulais vivre ce genre d’aventure. Je voulais du Facebook Effect dans ma vie.

Never Eat Alone avait retourné mon cerveau. J’y  avais appris comment contacter des gens, comment maintenir des relations, comment faire TOUT différemment des autres. Ne jamais postuler à un job en envoyant une lettre de motivation, mais rencontrer l’équipe, créer des liens, jouer sur l’humain. Aujourd’hui, je ne rencontre jamais quelqu’un sans avoir fait mes devoirs au préalable. Et ça a tout changé.

Avec Crucial Conversations, j’avais réalisé que l’échec de mes relations amoureuses tenait à mes piètres compétences de communicant. J’étais incapable de dire quelque chose de difficile, je préférais me cacher en attendant que la tempête se calme. Une mauvaise stratégie, en amour comme dans le reste.

Ce que ces lectures m’ont apprises, c’est que je ne savais rien.

J’étais un amateur, un débutant. Je me pensais intelligent, j’avais été pris dans une grande école. Ces livres m’avaient fait dégonfler. J’étais tout en bas de la pente et il fallait monter. Pas à pas.

Mais ces bouquins m’avaient également donné de l’espoir. Il suffisait de s’y mettre. Il suffisait de lire ! J’avais appris beaucoup de choses inutiles depuis plusieurs années, mais c’était fini. J’allais commencer à apprendre ce dont j’avais besoin.

Rentré en France, j’avais passé 6 mois à lire minimum 2 heures par jour. Cette période a été un tournant.

Alors j’étais ravi de discuter avec Autodisciple.

On avait lu les mêmes livres. On s’était intéressés aux mêmes choses. On allait pouvoir parler de sa période pick up artist. Evidemment, j’avais lu The Game. Évidemment, j’avais essayé toutes les techniques. Et évidemment, ça marchait.

Je voulais connaitre son parcours. Il s’était intéressé à tout cela bien avant moi. Je lui ai demandé comment il gagnait de l’argent. Aussi, je voulais comprendre sa motivation à dépasser ses limites en permanence.

Raj, c’est une startup humaine.

Il a des hypothèses :

« Puis-je vivre uniquement avec des Bitcoin? »

« Puis-je dire oui à tout ce qu’on me demande ? »

Il teste ces hypothèses de manière intensive pendant 30 jours.

Si tu ne testes pas sur le long terme, tu ne peux pas analyser le résultat correctement.

Enfin, il décide de s’il a envie d’explorer cette piste ou s’il préfère trouver un autre défi. Comme tout le monde, Raj se cherche et c’est agréable de l’entendre l’admettre. Il a compris une chose que je n’avais pas compris il y a deux ans :

Lire, c’est bien. Faire, c’est mieux.

Voici ce dont on a parlé :

[01:50] Les origines de Raj

Y’avait un côté Fight Club, société secrète.

[10:00] La communauté séduction

Le fait de voir des mecs aussi courageux, ça m’a vraiment inspiré.

[25:00] Son épopée sur Youtube

Quand tu travailles dans une boîte, t’as pas besoin d’être discipliné. Ce sont les gens qui te disciplinent.

[43:00] Le mode de vie d’Autodisciple

J’ai toujours des routines différentes sur plusieurs mois.

[53:00] Sa relation au succès et les questions personnelles

Les gens me disent beaucoup « ah ouais je déteste le développement personnel, mais toi je t’aime bien ».

 

Notes et références :

Livres : 

Les gens : 

Plus sur Raj : 

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EP 23 – Navo : La chance respecte ceux qui la respectent

J’ai failli arrêter Nouvelle École.

En février 2017, j’ai changé 90% de ma vie en l’espace de deux semaines. Je n’avais aucune idée de ce que me réservait la suite.

J’avais commencé Nouvelle École en juin 2016 et enchainé plusieurs interviews sur les conseils (indirects) de Tim Ferris. Mais dans la foulée, j’avais lancé une société et je manquais de temps. Comme le dirait Patrick Beja, faire un podcast demande beaucoup plus de travail que ce qu’on croit. Je n’arrivais pas à le faire toute les semaines, alors je l’ai fait n’importe quand. Un épisode par ci, un par là…

Evidemment, personne n’écoutait. Je me souviens d’un Facebook Live devant lequel les gens étaient restés 1 seconde en moyenne.

« Tout le monde s’en fout de ton truc. »

Alors en février dernier, au moment d’évaluer mes options, j’ai pensé à arrêter le podcast.

Personne ne le remarquerait. Je pourrais l’enterrer discrètement, comme les autres projets. Je pourrais commencer autre chose.

Mais deux évènements inattendus se sont produits dans la même journée.

Une fille qui vient de la même école que moi, que je connais à peine et que je n’avais pas vu depuis 4 ans est venue me parler. Hasard, elle travaillait dans le même immeuble.

« J’adore Nouvelle École, je le fais écouter à plein de gens ! Continue. »

Quand tu crées un truc, la meilleure chose qu’il puisse t’arriver c’est que les gens en parlent autour d’eux. J’étais surpris, mais si elle avait aimé au point de le recommander, ça valait peut-être le coup.

Une heure plus tard, un type à qui j’avais écrit sur Twitter pour l’inviter sur Nouvelle École a répondu.

J’avais envoyé mon message comme une bouteille à la mer, parce qu’on sait jamais. Je n’avais aucun espoir qu’il réponde.

Ce type, je l’avais découvert avec ses podcasts. Il marchait dans la rue en parlant. Ca m’avait fait penser à quand je parle tout seul chez moi et je trouvais ça cool qu’il ait eu l’idée de s’enregistrer.

En fait, ce type, je le connaissais depuis longtemps.

Il avait accompagné mes premières années d’études avec Bref. Comme tout le monde, je m’étais identifié à son pote Kyan tant mes problèmes du quotidien (surtout les filles) ressemblaient aux siens.

Il avait aussi co-écrit Bloqués, avec Orelsan et Gringe. Ceux là avaient accompagné toute mon adolescence de provincial et mes soirées à « boire ou à fumer au parc ou au lavoir ».

Ce type, c’était Navo.

Il avait vu l’épisode sur Wale :

« Oh cool ! Y’a Wale. »

Ils avaient bossé ensemble sur la communication de Bref.  Wale en avait parlé dans l’épisode 10. Mais j’ai une mémoire sélective et j’oublie tout ce qui se dit dans mes podcasts. Peu importe.

Navo était ok.

Et je n’avais plus envie d’arrêter le podcast.

J’allais rencontrer quelqu’un qui faisait ce que j’avais rêvé de faire dans la vie : écrire, inventer des histoires, faire marrer les gens ou les rendre tristes.  J’avais 1000 questions à lui poser. Il m’a invité chez lui, on s’est installés dans le petit jardin et voici une partie de ce qu’il m’a dit :

1. Tu es ce que tu crois que tu es.

Je lui ai raconté une anecdote sur Kanye West. Dans l’entrée de sa maison, Kanye affiche un grand poster de lui même. Un journaliste lui a demandé : « pourquoi cet immense poster de toi dans l’entrée ? »

Ce à quoi Kanye a répondu :

« Avant que les autres puissent me célébrer, je dois me célébrer. »

Navo est d’accord. Ses parents ont toujours cru en lui, même quand il a arrêté l’école à 16 ans. Sa mère disait à ses professeurs : « un jour vous paierez pour voir ce qu’il fait » et ne s’inquiétait pas. Alors il ne s’inquiétait pas non plus.

« Tu es ce que les autres croient que tu es et par extension, ce que tu crois que tu es. »

La bataille se gagne d’abord sur le plan mental. Ce dont tu te penses capable définit ce dont tu es capable.

Comme le disait ce bon vieux Steve.

2. Fais-le !

Dans le milieu des startups on dit : « les idées ne valent rien, l’exécution vaut tout ».

Ce n’est pas vrai. Avoir des bonnes idées est difficile et on n’a encore vu personne réussir le Facebook pour chiens.

Cependant, ce qui bloque les gens dans leurs volontés créatives est un manque d’action, pas d’idées.

« Avoir une idée c’est comme une drogue. Quand tu as l’idée c’est géniale, mais quand tu l’appliques c’est chiant. »

Pourtant, l’action est plus simple qu’il n’y parait. Navo m’a raconté l’histoire de son pote Kheiron écrivant son premier film :

« Il a pris un fichier doc et il a écrit. »

Y a-t-il une autre façon d’écrire un film que de le faire ?

3. Aie de la chance.

C’est le conseil de Kyan et Navo à ceux qui veulent réussir.

« Au Poker, tu tires des cartes au hasard. Pourtant il y a des types qui sont champions de Poker tous les ans. »

Il y a des gens qui respectent la chance. Navo raconte l’histoire de Valentin, devenu monteur de Bref après avoir aidé Kyan à monter des vidéos de mariages, plusieurs années auparavant. À l’époque, il ne pouvait pas savoir où ces vidéos de mariage le mèneraient. Mais il l’a fait à fond, comme si c’était le boulot de sa vie.

Il a « respecté la chance ».

Avoir de la chance, ça veut dire faire les choses à fond ou ne pas les faire, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer.

« Quand tu as 4 vues, si ça se trouve dans ces 4 vues il y avait Steven Spielberg ».

J’ai eu la chance que Navo connaisse Wale, la chance d’avoir rencontré Wale et travaillé dans ses locaux et la chance que Wale soit passé sur Nouvelle École. Qui sait quelle personne acceptera d’être interviewée grâce à Navo ?

Peut-on appeler ça de la chance ?

4. Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi.

J’ai couru dans tous les sens pendant des années à la recherche d’une bonne idée de startup. Je voulais être ENTREPRENEUR !

Je pourrais faire un service de recrutement pour les ingénieurs !

Je pourrais faire des films en réalité virtuelle !

Le problème quand on fait les choses pour les mauvaises raisons, c’est qu’on a de mauvaises idées.

Les bonnes idées viennent lorsqu’on crée ce qu’il nous manque. « Scratch your own itch », disent les américains.

« Bref, c’était ça. On a juste fait un truc qu’on aurait aimé voir en 2011. Un truc pour nous, par nous, qui va vite et qui est pas saoulant ».

Nouvelle École, c’est l’émission que j’avais envie d’entendre. Et c’est l’une de mes rares bonnes idées.

5. Ne t’ennuie pas.

Bref n’a duré qu’une saison, Bloqués aussi.

Quand ils commencent à s’ennuyer, Navo et Kyan changent de sujet. Si tu t’ennuies, tu n’es plus en train de faire ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi. Tu n’es plus en train de chercher la pièce manquante du puzzle. Il est temps de changer.

J’essaie d’appliquer ça à ma vie quotidienne. Moins d’ennui, plus de jeu. M’amuser chaque jour, comme quand j’étais gamin. On oublie trop vite d’être des gamins.

Bref, j’ai failli arrêter Nouvelle École.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • (02:00) Sur le fait de se répéter
  • (06:00) Son parcours : tu es ce que tu crois que tu es
  • (09:00) Les débuts avec Kheiron – Fais le !
  • (16:00) Fais ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi
  • (27:00) Créer des relations, suivre son instinct
  • (35:00) Ayez de la chance !
  • (54:00) Sa méthode de travail, l’école de l’oisiveté
  • (01:00:00) Les questions de la fin 🙂

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EP 21 – Patrick Beja : On récolte ce qu’on sème

C’est un mec qui habite dans un pays scandinave et qui fait des podcasts.

J’avais demandé à mon cousin quels podcasts il écoutait. Pas le mien (traître), mais il ne ratait aucun épisode du RDV Tech animé par Patrick Beja.

Patrick Beja, c’est le pionnier du podcast. Depuis 10 ans, il produit des émissions. En 2014, il quitte son job de rêve chez Blizzard pour se consacrer à plein temps à sa passion : faire des podcasts.

Aujourd’hui, il produit plusieurs émissions écoutées par des centaines de milliers de personnes. Plus incroyable encore, il est financé uniquement par ses auditeurs via Patreon, un sytème de crowdfunding récurrent. Pas de pub, Patrick est un pur indépendant. Il fallait l’inviter sur Nouvelle Ecole.

Je voulais savoir comment me faire financer par mes auditeurs (oui, vous)

1% de ton audience te donnera entre 2 et 3 euros.

J’ai fait le calcul rapide, ça ne fait pas assez pour acheter des pâtes, alors on attendra !

 

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • La nécessité de prendre des risques quand on est jeune (07:00)
  • Ses débuts dans les podcasts, époque World Of Warcraft (18:40)
  • Son job de rêve chez Blizzard et sa vie d’employé (23:00)
  • Son switch pour devenir podcaster à plein temps et l’importance de Patreon(25:30)
  • Ses conseils à tous ceux qui veulent se lancer dans un projet créatif (36:30)
  • Comment construire une audience et l’importance de l’authenticité (45:00)
  • Sa vie perso, ses combats, ses conseils et ce qu’il ferait s’il n’avait pas peur (56:00)

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EP 20 – Paul Duan : La disruption bienveillante

 

Paul Duan avait fait un sans faute.

Des études à Sciences Po, un passage par Berkeley. A 20 ans, il était le premier data scientist chez Eventbrite, une startup en hypercroissance dans la Silicon Valley. Il était responsabilisé, sécurisé et payé 6 chiffres.

Mais quelque chose manquait.

J’ai grandi avec des problèmes de dépression. Je me suis toujours demandé à quoi je servais, quel était le sens de ma vie.

En 2015, il décide de chercher une réponse.

Il quitte Eventbrite et renonce au pont d’or. Avec un ami, ils créent Bayes Impact : une ONG qui utilise la technologie pour résoudre des problèmes de bien public.

Avec leur technologie, ils s’attaquent à des problèmes de service public aux Etats-Unis. Grâce à l’utilisation des données, ils améliorent le système ambulancier de la baie de San Francisco.

Mais ils font face à des résistances. Après plusieurs mois de travail, certains projets n’ont pas l’impact souhaité. Des décisions politiques viennent les bloquer et un projet tombe à l’eau. Paul se demande s’il a bien fait de tout risquer.

Je me suis dit c’est complètement impossible, c’est dur, je sais pas comment on fait, je vais me faire bouffer tout cru.

Et puis les planètes s’alignent.

Rentré en France pour refaire son visa, il participe à une conférence et évoque l’idée d’utiliser ses méthodes pour faire baisser le chômage. Les médias s’emballent, la sphère politique est conquise et Bayes Impact signe un partenariat inédit avec Pôle Emploi.

Pour la première fois, une administration collabore avec une startup dans une relation de confiance, d’égal à égal.

L’Etat donne à 5 personnes le pouvoir de changer la vie de millions. Et Paul parvient à convaincre des stars de la Silicon Valley de diviser leur salaire par 5 pour le rejoindre. Eux aussi choisissent le sens.

Aujourd’hui, Bob Emploi (le projet phare de Bayes Impact) accompagne des dizaines de milliers de chômeurs dans leur parcours professionnel. Paul crée lentement un nouveau mode de service public dans lequel des startups à but non lucratif collaborent avec l’Etat. Un genre de disruption bienveillante.

On a tous notre définition de l’impact.

Certains veulent toucher tout le monde, que ce soit énorme. D’autres veulent aider, quitte à commencer petit.

Il y a ce vrai truc qu’on a construit qui aide les gens, et ça c’est cool.

Quel que soit l’impact qu’on recherche. La bonne question à se poser n’est pas « Quoi? » mais « Pourquoi? ».

Moi, je pensais avoir fait un sans faute.

J’avais coché toutes les cases : j’avais fait HEC, j’étais enfin devenu un entrepreneur, j’avais signé des gros clients. L’argent rentrait et ma famille me disait bravo.

Mais quelque chose manquait.

Je me levais avec la boule au ventre. J’allais me coucher sans jamais trouver le sommeil. J’avais peur du matin et de devoir recommencer.

Je ne savais pas à quoi servait ma vie.

Je ne savais pas pourquoi j’étais entrepreneur. Je l’étais pour l’être, pour prouver. J’avais l’impression de n’aider personne et j’étais malheureux.

Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève.

Et quand je vois Paul, ses cernes et son t-shirt blanc de la veille, je me dis que lui aussi.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 La technologie au service du bien commun
  • 14:00 Définir l’impact
  • 20:00 Les limites de l’entrepreneuriat social
  • 30:00 Les nouveaux mode de service public – Bob Emploi
  • 53:00 Sa vie, sa quête de sens
  • 58:00 Ses conseils à ceux qui veulent avoir un impact

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EP 19 – Patrick Pelloux : Développer l’instinct de vie

Je n’avais jamais entendu parler de Patrick Pelloux.

Il m’a contacté sur Facebook pour participer à Nouvelle Ecole. J’en ai parlé à des gens. Ils m’ont dit : « il est vachement connu ! ». J’ai tapé son nom sur Google. Il était connu.

En 2003, il avait été le premier à alerter les médias du danger de la canicule. « Les gens meurent », avait-il dit.

Le 7 janvier 2015, d’autres gens sont morts. A l’époque, il est encore chroniqueur chez Charlie Hebdo. Il échappe à l’attentat, pas ses amis.

Moi je ne veux pas parler de Charlie Hebdo. On lui en parle en permanence et j’ai peur de dire n’importe quoi. Ca tombe bien, il n’a pas envie d’en parler non plus.

J’ai envie de parler de son parcours aux nombreux rebondissements. Je veux savoir comment on développe « l’instinct de vie ». Même quand les critiques sont dures. Même quand les gens meurent.

Voilà les 3 choses que j’ai apprises de Patrick Pelloux :

1. Ne rien s’interdire

On aime bien mettre les gens dans des cases. J’ai fait une école de commerce et les personnes que je rencontre ont du mal à voir le lien entre ça et un podcast.

Comme si 2 ans sur un campus devaient déterminer mes 40 prochaines années.

Le résultat, c’est beaucoup d’autocensure. On a pas fait telle école alors on ne se sent pas en mesure de cultiver ses intérêts.

Patrick Pelloux a décidé de ne rien s’interdire.

Quand on lui a proposé d’écrire pour Charlie Hebdo, il a répondu « oui ». Ses collègues médecins n’ont pas compris. On lui a dit : « Mais t’es médecin ? T’es écrivain ? T’es quoi ? »

Comme s’il fallait choisir une seule chose. Ecrire n’est pas facile. Il faut de la discipline, il faut apprendre. Mais l’avantage c’est qu’on n’a pas besoin de diplôme.

En fait à part pour la médecine et le droit, on a rarement besoin d’un diplôme pour avancer.

Une dizaine de livres plus tard dont certains vendus à des centaines de milliers d’exemplaires, il a bien fait de ne rien s’interdire.

2. Se faire le porte-parole de ses idées

À chaque fois que j’avais quelque chose à dire je l’ai dit.

La plupart du temps, j’ai peur de dire ce que je pense. J’ai peur de ce que les gens vont en penser et d’être critiqué très durement. Parfois, je publie puis je supprime.

Les gens ne disent pas ce qu’ils pensent par peur d’être jugés.

Forcément, c’est risqué. Quand on donne son avis, certains ne sont pas d’accord. On peut s’attirer des ennemis.

Mais c’est en donnant son avis qu’on ouvre la porte à toutes les opportunités. On signale au monde qui on est, pourquoi on se lève le matin et on invite ceux qui pensent comme nous à nous rejoindre.

A chaque fois que j’ai vaincu cette peur, des choses positives sont arrivées.

Patrick Pelloux s’est attiré de nombreux ennemis en se faisant le porte-parole de ses idées. Mais s’il ne l’avait pas fait, les bonnes choses ne seraient pas arrivées non plus. On ne lui aurait pas proposé d’écrire pour Charlie Hebdo. Il n’aurait pas publié de livres. Il ne serait pas en train de faire le tour des salons pour discuter avec des lecteurs dont il a changé la vie.

Il aurait moins vécu.

3. Ne pas écouter les méchants

Quand on s’exprime, on s’expose. Plus on est connu, plus on risque d’être attaqué.

La notoriété entraine toujours de la jalousie.

Et on a sacrément parlé de lui. C’est rare de se retrouver au coeur de deux évènements à l’ampleur médiatique internationale.

Ceux qu’il appelle les « méchants » ont sonné la « chasse », allant jusqu’à dire : « dommage qu’ils n’aient pas tué Pelloux. »

Pourtant, il a continué à écrire, créer, avancer.

C’est très fragile, la créativité. Quand j’étais adolescent, j’avais un groupe de musique. J’écrivais les chansons, les paroles, la musique. J’y mettais toute mon âme.

Parfois des gens en disaient beaucoup de mal, ou disaient du mal de moi. J’étais effondré. Je ne comprenais pas qu’on puisse m’en vouloir à ce point.

Ca n’a rien de comparable avec son histoire, mais il est facile de se laisser décourager par la méchanceté ambiante. Ce n’est pas un hasard si j’ai arrêté la musique.

La solution de Pelloux c’est de ne pas écouter les méchants. Ne pas lire les commentaires. Ne pas répondre.

Juste tracer sa route, partager ses expériences et continuer à vivre comme il l’entend. Malgré les critiques, malgré les méchants, malgré les épreuves de la vie.

On y va.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

02:00 Ses études

12:00 La canicule de 2003

18:00 Ses débuts d’écrivain, ne rien s’interdire

30:00 Se faire le porte parole de ses idées

36:00 Lui et les critiques

44:00 La reconstruction

51:00 Questions bonus

Si vous avez aimé :

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