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EP 25 – Nicolas Hernandez : Faire disparaître le manager

« Le seul but d’un projet, c’est de ne pas faire comme les autres »

Ce n’est pas une phrase de Nicolas Hernandez. C’est une phrase de King Ju de Stupeflip, mais elle s’applique bien ici.

Plusieurs personnes m’ont parlé spontanément de 360 Learning et de la manière unique qu’ils ont de fonctionner. Alors j’ai voulu rencontrer leur CEO, Nicolas Hernandez.

Monter une entreprise, c’est l’opportunité de créer son propre monde, avec ses propres règles. On peut créer l’endroit dans lequel on aurait aimé travailler. J’aime rencontrer les gens qui poussent cette logique jusqu’au bout. Je n’ai pas toujours eu le courage de le faire.

Il me reçoit sur le toit de ses bureaux, dans un superbe immeuble du XVIe. A chaque étage, une division différente, avec une ambiance différente. Ça me fait penser à Charlie et la chocolaterie. Je manque peut-être de références.

On fait l’interview en plein soleil, sur une terrasse, à la coule (et non à la cool).

Le cerveau de Nicolas tourne un peu plus vite que le mien, alors je m’accroche. Il me parle de Platon et je hoche la tête. Je n’ai jamais lu Platon.

Merci podcast.

Grâce à toi, je peux rencontrer plein de gens intelligents.

Et merci à tous de suivre ce projet un peu égoïste dans lequel vous avez l’air de trouver votre compte.

Voici ce dont on a parlé :

[04:00] Les origines de Nicolas Hernandez

Nicolas raconte son envie de créer, présente chez lui depuis l’enfance. On parle de son long chemin après Polytechnique, de son passage en finance qui ne lui a pas vraiment plu et de son besoin de construire. Il raconte un passage assez marrant à base de Suprême NTM, qui illustre l’éducation que lui ont donnée ses parents.

[14:00] La traversée du désert de 360 Learning

Aujourd’hui, 360 Learning vend son produit à plus de 60% du CAC 40. Mais il y a quelques années, ils vendaient leur produit à 0% du CAC 40.

« C’était aride. J’ai eu 30 ans, on se payait pas, j’avais pas d’argent ».

Ce passage est important. Pour tous ceux qui ont peur de ne jamais réussir ou que les autres réussissent mieux. Les gens comme moi.

Navo dit que le succès, c’est une sélection naturelle. Plus tu survis longtemps, plus tu as de chances de réussir. Dans le cas de 360 Learning, toutes les raisons auraient dû les pousser à abandonner. Mais ils ont continué, un peu par conviction, un peu par folie.
Et la mayonnaise a pris. Nicolas raconte ça.

[32:00] Les racines philosophiques de 360 Learning

C’est pour les fans de philo. Nicolas retourne à Platon et aux « idées qui volent dans le ciel » pour m’expliquer les origines de la culture d’entreprise qu’il met en place. C’est un moment très deep de podcast, pour ceux qui ont aimé le dilemme d’Achille énoncé par Oussama Ammar.

[43:00] L’organisation réinventée de 360 Learning

Chez 360 Learning, Nicolas s’applique à faire disparaitre le manager en le rendant obsolète. Ils ont développé une théorie : la convexité. L’explication de ce concept a buzzé comme jamais (2 millions de vues). Vous en comprendrez plus sur la culture de leur organisation :
– transparence
– bienveillance
– feedback, dont il donne la bonne recette
– collaboration

[55:00] Les questions perso de la fin

Celles-ci, vous commencez à les connaitre. J’essaye d’en introduire de nouvelles à chaque fois. N’hésitez pas à m’en suggérer.

Nicolas Hernandez est le CEO de 360 Learning, la plateforme de formation de l’ère digitale. Leur produit permet aux entreprises de former leurs employés continuellement. Ces dernières années, 360 Learning a explosé et compte aujourd’hui plus de 60% du CAC40 parmi ses clients.

Notes et références :

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EP 24 – Oussama Ammar : Le but c’est d’être légendaires

Ça faisait longtemps que je voulais rencontrer Oussama Ammar.

J’avais toujours une bonne raison :

  • j’ai un projet entrepreneurial
  • j’aimerais que tu sois le tuteur de mon mémoire
  • je viens de démarrer un podcast et je souhaite t’inviter.

A chaque fois, j’avais envoyé un mail. A chaque fois, il n’avait pas répondu. Alors j’avais abandonné. Après tout, je venais d’inviter Alice, son associée chez The Family.

J’étais donc agréablement surpris que ce soit lui qui me relance. Certains invités prennent un jour à convaincre, d’autres un an.

En préparant cette interview, je suis tombé sur une vidéo dans laquelle il explique à des élèves comment écrire un bon email.

C’était exactement l’inverse de tous les mails que je lui avais envoyés par le passé. J’étais mi-amusé, mi-gêné. Je suis très prompt à conseiller les autres, mais j’ai beaucoup de mal à m’appliquer mes propres conseils.

Depuis, j’ai progressé.

J’ai fait beaucoup de vente. J’ai eu le temps de goûter à « l’entrepreneuriat » et de prendre un peu de recul. Je me suis fait une meilleure idée de ce que j’attends de la vie. C’est aussi un an de plus à entendre parler de The Family à droite comme à gauche. Entre ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux qui envient et même ceux qui en rient.

Alors avant de d’interviewer Oussama, j’ai appelé plusieurs personnes. Je ne voulais pas faire la même interview que les autres. Je voulais qu’on comprenne qui il est.

Voici ce que j’en ai retenu :

1. Often wrong, never doubted

Navo m’a dit que ses parents avaient tellement confiance en lui qu’il avait fini par se convaincre qu’il lui était impossible d’échouer. Oussama semble avoir connu la même chose :

« Il faut donner le crédit à ma maman ».

Moi, quand j’ai une idée, mon schéma de pensée suit à peu près ce chemin :

  1. Euphorie
  2. Doute
  3. Position latérale de sécurité

Quand Oussama pense quelque chose, sa réaction naturelle est de l’affirmer haut et fort, quitte à se tromper. S’il réalise qu’il a tort, il changera d’avis :

« Je ne dis jamais deux fois la même chose ».

Il avoue ne jamais douter et souligne l’importance de croire très fort en ce qu’on avance :

« La moindre des politesses quand on énonce une idée c’est d’avoir le courage de l’assumer ».

Je vais essayer de garder ça en tête pour mes prochaines phases de doute. Et si tu t’autorisais à penser comme Navo ou Oussama, qu’est-ce que ça donnerait ?

2. Le bonheur ou la gloire

« Il y a 2 types d’entrepreneurs : ceux qui cherchent le bonheur et ceux qui cherchent la gloire. « 

Lui et moi, on a un rapport au risque complètement différent. Je pense que je cherche le bonheur. Je vous laisse deviner dans quel camp il se place.

C’est le dilemme d’Achille : Est-ce que tu veux une vie paisible, ou est-ce que tu veux qu’on parle de toi dans 400 ans ? Veux-tu construire Basecamp ou le prochain Facebook ?

C’est ce dont il faut décider avant de se lancer.

Le modèle d’Oussama est Alexandre Le Grand.

« Moi je rêvais de conquérir le monde ».

Et vous ?

3. Le succès est une illusion

Il bloque quand je lui demande à qui le mot « succès » lui fait penser :

« Le succès est une illusion ».

Le succès et l’échec sont des mots qu’on place sur une situation, à un instant T. À posteriori, difficile de discerner les échecs des succès.

On entend beaucoup que sa première société, Hypios, était un ratage monumental. Mais sans cet épisode, il n’en serait pas là aujourd’hui.

Il y a du succès dans cet échec.

« Je connais plein de millionnaires qui sont misérables. Est-ce que c’est le succès ? »

C’est ce que la plupart des invités de Nouvelle École répondent quand je leur demande ce qu’ils diraient à une version plus jeune d’eux-mêmes. Ils ne veulent pas s’empêcher de commettre des erreurs, pour ne pas compromettre leur succès futur.

4. Ne jamais s’auto-évaluer

Reste la question de l’évolution. Comment progresser si on ne sait pas quand on échoue et quand on réussit ?

Oussama a une technique :

« Il ne faut jamais s’auto-évaluer. »

Il s’est créé un groupe d’advisors, des gens qu’il admire et qui lui donnent des conseils sur des zones spécifiques de sa vie : le business, l’argent, l’amour, etc.

Il recommande de se former un groupe de ce genre. Wale m’avait donné le même conseil. Je ne l’ai toujours pas fait, il est peut-être temps.

Peut-être même que j’ai trouvé un bon advisor.

Mais cette fois, il faudra bosser l’email.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

04:50 La confiance en soi

[
11:00] Ses débuts d’entrepreneur

[15:20] Ses références culturelles

[18:10] Les deux types d’entrepreneurs : le dilemme d’Achille

[22:00] Sa relation au bonheur

[28:00] Son échec Hypios

[36:00] Ce qu’il ne veut pas ramener de la silicon Valley

[41:00] Sa spécialité

[51:00] La réinvention et l’extension de The Family à l’Europe

[56:00] sa relation au succès

[1:03:00] Comment il s’évalue et progresse

[1:11:00] Le doute

[1:15:00] Le problème de l’École en France

[1:20:00] Son rapport aux critiques qui le visent

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EP 20 – Paul Duan : La disruption bienveillante

 

Paul Duan avait fait un sans faute.

Des études à Sciences Po, un passage par Berkeley. A 20 ans, il était le premier data scientist chez Eventbrite, une startup en hypercroissance dans la Silicon Valley. Il était responsabilisé, sécurisé et payé 6 chiffres.

Mais quelque chose manquait.

J’ai grandi avec des problèmes de dépression. Je me suis toujours demandé à quoi je servais, quel était le sens de ma vie.

En 2015, il décide de chercher une réponse.

Il quitte Eventbrite et renonce au pont d’or. Avec un ami, ils créent Bayes Impact : une ONG qui utilise la technologie pour résoudre des problèmes de bien public.

Avec leur technologie, ils s’attaquent à des problèmes de service public aux Etats-Unis. Grâce à l’utilisation des données, ils améliorent le système ambulancier de la baie de San Francisco.

Mais ils font face à des résistances. Après plusieurs mois de travail, certains projets n’ont pas l’impact souhaité. Des décisions politiques viennent les bloquer et un projet tombe à l’eau. Paul se demande s’il a bien fait de tout risquer.

Je me suis dit c’est complètement impossible, c’est dur, je sais pas comment on fait, je vais me faire bouffer tout cru.

Et puis les planètes s’alignent.

Rentré en France pour refaire son visa, il participe à une conférence et évoque l’idée d’utiliser ses méthodes pour faire baisser le chômage. Les médias s’emballent, la sphère politique est conquise et Bayes Impact signe un partenariat inédit avec Pôle Emploi.

Pour la première fois, une administration collabore avec une startup dans une relation de confiance, d’égal à égal.

L’Etat donne à 5 personnes le pouvoir de changer la vie de millions. Et Paul parvient à convaincre des stars de la Silicon Valley de diviser leur salaire par 5 pour le rejoindre. Eux aussi choisissent le sens.

Aujourd’hui, Bob Emploi (le projet phare de Bayes Impact) accompagne des dizaines de milliers de chômeurs dans leur parcours professionnel. Paul crée lentement un nouveau mode de service public dans lequel des startups à but non lucratif collaborent avec l’Etat. Un genre de disruption bienveillante.

On a tous notre définition de l’impact.

Certains veulent toucher tout le monde, que ce soit énorme. D’autres veulent aider, quitte à commencer petit.

Il y a ce vrai truc qu’on a construit qui aide les gens, et ça c’est cool.

Quel que soit l’impact qu’on recherche. La bonne question à se poser n’est pas « Quoi? » mais « Pourquoi? ».

Moi, je pensais avoir fait un sans faute.

J’avais coché toutes les cases : j’avais fait HEC, j’étais enfin devenu un entrepreneur, j’avais signé des gros clients. L’argent rentrait et ma famille me disait bravo.

Mais quelque chose manquait.

Je me levais avec la boule au ventre. J’allais me coucher sans jamais trouver le sommeil. J’avais peur du matin et de devoir recommencer.

Je ne savais pas à quoi servait ma vie.

Je ne savais pas pourquoi j’étais entrepreneur. Je l’étais pour l’être, pour prouver. J’avais l’impression de n’aider personne et j’étais malheureux.

Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève.

Et quand je vois Paul, ses cernes et son t-shirt blanc de la veille, je me dis que lui aussi.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 La technologie au service du bien commun
  • 14:00 Définir l’impact
  • 20:00 Les limites de l’entrepreneuriat social
  • 30:00 Les nouveaux mode de service public – Bob Emploi
  • 53:00 Sa vie, sa quête de sens
  • 58:00 Ses conseils à ceux qui veulent avoir un impact

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EP 18 – Loic Le Meur : Made In California

 

 

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je me serais dit : « Il s’en fout de ton podcast ».

L’autocensure.

Voilà comment j’ai tué dans l’oeuf des dizaines de projets, viables ou non. Je ne saurai jamais.

J’ai grandi dans un village de 600 habitants. Il n’y avait pas de Loic Le Meur là bas. Il y avait la télé, à travers laquelle je voyais des choses qui ne me concerneraient jamais : le festival de Cannes, Paris, le business.

L’environnement façonne les perspectives. Je me suis laissé limiter, convaincre que je ne pourrais pas faire telle chose ou rencontrer telle personne.

Depuis, je lutte quotidiennement contre l’autocensure et le syndrome de l’imposteur. Avant de commencer quelque chose, je ne m’en crois pas capable. Une fois le projet démarré, je ne me sens plus légitime.

Comme avant de discuter une heure avec Loic Le Meur. J’ai envie de me mettre en boule dans un coin de mon appartement. J’ai trop peur de passer pour un idiot.

Alors, quand il explique qu’il pense n’avoir « rien fait de significatif » dans sa vie, j’écoute. Ca m’intrigue.

J’aurais aimé faire le quart de ce qu’il a fait.

Je me demande si lui aussi doit combattre l’autocensure, le syndrome de l’imposteur.

Deux histoires incomparables et pourtant, je me retrouve dans ses paroles.

Moi, j’ai peur de démarrer car je n’ai rien prouvé.

Lui me dit que « la peur de passer pour un con, tu l’as encore plus à 44 ans. »

Il me raconte sa première boite, montée à 23 ans et qui employait une cinquantaine de personnes. Je l’écoute et je me demande ce que je fais de ma vie.

Mais quand Elon Musk prend la parole à TED et parle des fusées qu’il veut envoyer sur Mars, il a une réaction similaire : « Je me demande ce que je fais de ma vie ».

Peut être qu’on fait tous face aux mêmes peurs finalement. Alors, que faire ?

J’essaie de m’inspirer de sa méthode pour avancer.

  1. Produire. Puisque rien ne fera disparaitre la peur de démarrer, autant se lancer. Lui écrit, lance des projets, organise des conférences, fait des Facebook live. Il n’attend pas que quelque chose soit parfait pour le lancer.
  2. Montrer son travail, partager ce qu’on fait. Lui a pratiqué cette transparence tout au long de sa carrière, jusqu’à monter son dernier projet, Leade.rs, à travers sa newsletter. Une manière de rester au contact de la réalité et un incroyable vecteur d’opportunités. C’est en bloggant que Loic est devenu le premier investisseur dans Linkedin, une dizaine d’années plus tôt.
  3. Aller plus loin. Faire de chaque succès une rampe de lancement vers le prochain essai et conquérir ses peurs, une à une. Loic aurait pu s’arrêter après Le Web, ou lorsque Linkedin s’est vendue pour 26,2 Milliards de dollars. Et pourtant, à 44 ans, il lance son projet le plus ambitieux.

Il faut s’inspirer de cet enthousiasme.

Nouvelle Ecole, c’est ma thérapie contre mes croyances limitantes.

Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit à Loic Le Meur.

Je progresse !

Antonin

Notes et références :

Les gens :

Pour le fun :

Et si vous voulez vous former à l’art du « networking », deux bouquins qui m’ont beaucoup aidé :

 

Si vous avez aimé :

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EP 17 – Mehdi Maizi : La passion, OKLM

Mehdi Maizi est rédacteur en chef et animateur de La Sauce.

C’est l’émission quotidienne d’OKLM radio (lancée par Booba). Il gère l’éditorial Rap&Rnb de Deezer, anime le No Fun Show  et est l’auteur du livre « Rap Français : Une exploration en 100 albums ». Je l’ai découvert lorsqu’il était rédacteur en chef adjoint pour l’abcdrduson.

A première vue, rien ne le destinait à une carrière de journaliste. Des études de commerce, quelques stages et un CDI en audit. Un parcours dans les clous.

Pourtant, depuis petit, il développe sa passion pour l’écriture.

Fan de Lois & Clark, Mehdi commence par écrire des histoires de Superman. En grandissant, il se passionne pour le rap et passe des jours entiers à écouter les albums dans sa chambre, en lisant le livret.

Cette passion, il tente de la communiquer lors des examens d’entrée en école de commerce. On lui fait comprendre qu’en France, il y a des passions plus classes. Pas assez pour l’éloigner du rap, qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

« Je voulais matérialiser ça par quelque chose. Comme j’avais toujours aimé écrire, le plus simple était d’écrire sur le rap. »

Il envoie une chronique à l’abcdr et commence à exercer ses deux passions simultanément. Pourtant, il est encore loin de s’imaginer en faire une carrière.

Cette histoire du type qui se retrouve par hasard dans son boulot de rêve, on l’entend souvent. Ce n’est pas un hasard. En cultivant ses intérêts, on favorise l’arrivée de l’opportunité qui peut tout changer.

Cette opportunité arrive en 2013.

Une émission payée. Mehdi hésite alors à quitter son job pour se consacrer pleinement au rap :

« J’étais très peureux par rapport à ce genre de choses. T’as un CDI, etc. Le quitter pour l’inconnu, c’est pas mon tempérament à la base ».

Sa femme l’encourage. Dans le pire des cas, il reprendra sa carrière dans l’audit ou le conseil.

« Il suffit d’une phrase pour tout déclencher ».

La suite ? Il anime des émissions pour l’ABCDR, invite les meilleurs rappeurs de France, publie un livre et se fait débaucher par OKLM radio. La station, tout juste lancée par Booba, cherche un rédacteur en chef pour créer et animer son émission phare. Mehdi prépare un pilote, le DUC valide : « La Sauce » est lancée.

En se penchant de plus près sur son parcours, on peut déchiffrer une partie de la recette : cultiver ses intérêts sans se poser de questions, trouver leur intersection, saisir l’opportunité quand elle se présente.

Aujourd’hui, Mehdi gagne sa vie en parlant de Rap.

Au calme.

Antonin

Notes et références :

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Vous aimerez également l’interview de Yérim Sar (aka Spleenter)

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Antonin

EP 16 – Alice Zagury : La Famille, sans filtre

 

Alice Zagury est CEO de The Family.

Ce n’est pas un accélérateur de startups mais « une famille pour entrepreneurs ambitieux ». Elle ne le sait pas, mais nous nous sommes déjà rencontrés.

En 2014, un cours sur les startups m’emmène rue de Poitoux. Je n’ai pas bien compris ce qu’on y fait, ni ce qu’est une startup, mais ça m’intéresse. Arrivés là bas, un type nous parle pendant 30 minutes. Je suis scotché. Je trouve ça génial. Mon pote aussi.

Je veux faire des startups.

Ce type, c’est Oussama Ammar. L’un des fondateurs de ce qui s’appelle alors « TheFamily », tout attaché. Ce que je viens de vivre, c’est « l’effet Oussama ». Je l’écoute et j’ai l’impression de comprendre quelque chose d’évident. Les startups, c’est évident. Le reste ne m’intéresse déjà plus.

Quelques années plus tard, j’ai grandi, et les choses me semblent moins évidentes. Mais l’effet perdure. The Family a beaucoup grossi et s’étend à l’international. Sur Nouvelle École, les invités en parlent, les auditeurs les demandent. Moi aussi à vrai dire, j’aimerais discuter avec eux.

En arrivant à mon rendez-vous avec Alice, j’ai mon idée préconçue de ce qu’est The Family. Je ne suis pas étanche et toute personne qui gravite autour de l’écosystème startup parisien en entend parler au moins une fois par jour. The Family, c’est clivant. Ca ne laisse personne indifférent.

Avant de rencontrer Alice, je lis tous ses articles et regarde toutes ses vidéos. J’ai peur de me trouver face à quelqu’un d’évasif, ou pire, de froid. J’ai peur de ne pas arriver à gratter sous le storytelling. Après tout Nouvelle École, ça parle des gens, pas des boites.

Heureusement pour moi, je suis complètement à coté de la plaque. Une fois n’est pas coutume. Me voilà face à la personne la plus sympathique du monde. Deux minutes d’interview me font réaliser mon erreur de jugement. Je suis désarçonné.

Quelques jours auparavant, Jean de La Rochebrochard m’avouait avoir rejoint The Family pour « l’authenticité ». J’avais hoché la tête comme un idiot. Je n’avais aucune idée de ce dont il parlait.

Mais là, j’écoute Alice me raconter son histoire, sans filtre. Et je commence à comprendre.

C’est criant d’honnêteté.

Antonin

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Antonin

EP 15 – Jean de La Rochebrochard : Organisé comme une machine pour vivre comme un humain

Je le contacte sur Twitter. Il me répond dans la minute : « rendez-vous le lendemain ». Je n’aurai que quelques heures pour préparer l’interview. Je voulais lui offrir un livre, pas le temps de passer à la Fnac.

Jean de La Rochebrochard est Partner chez Kima Ventures, le fonds d’investissement financé par Xavier Niel. Kima investit dans 2 à 3 startups par semaine et gère un portefeuille de 500 sociétés. À titre personnel, Jean a levé une centaine de millions d’Euros pour plus de 30 startups durant les différentes étapes de sa carrière. Il est au board de plusieurs sociétés dont Zenly, Payfit (une merveille), Sourced et ibanFirst.

Une chose m’interpelle chez lui. Alors qu’il a passé son adolescence à lancer des projets, il dit ne pas être un entrepreneur :

Je n’ai rien fait entre 0 et 25 ans.

J’aurais aimé faire la moitié de ce qu’il appelle « rien ». À l’âge où il développait des sites Web, je jouais du Tryo dans les parcs de Chambéry. Il maintient qu’il n’a rien fait de « meaningful ».

J’avais pas la niaque. Je faisais pas les choses jusqu’au bout.

Dans ce qu’il qualifie d’“erreurs de jeunesse“, je vois les itérations successives de celui qui a fini par trouver sa voie. Son « product/market fit ».

Mon boulot c’est d’aider les entrepreneurs.

Plus d’hésitations. Du focus et une discipline de fer. Jean poursuit l’efficience : Inbox Zero deux fois par semaine, règles d’agenda hyper strictes et 2 raccourcis clavier : NoDealFR et NoDealEN. Explicite.

Ces règles lui permettent d’investir chaque semaine dans plusieurs nouvelles startups, de se lever le matin pour s’occuper de ses 3 enfants, et d’aller à Coachella le temps d’un week-end (avec l’accord de sa femme et la promesse de faire la prochaine édition ensemble 😉). L’organisation, Jean l’enseigne même aux étudiants de Lion, la formation de The Family. Le titre :

S’organiser comme une machine pour vivre sa vie comme un humain.

Je lui demande son adresse, je veux lui envoyer un livre. Il me répond « jean@kimaventures.com ». Un humain dans le futur.

Notes et références :

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Antonin

EP 13 – Nicolas Bustamante : Discipline, Focus et on voit dans 10 ans

Nicolas Bustamante est le fondateur de Doctrine.fr, le moteur de recherche des décisions de justice qui révolutionne le travail des avocats et des juristes.

A 20 ans et après avoir été admis à Normale Sup, Nicolas arrête ses études. Il sent que « le salariat n’est pas la tendance du futur ». Une décision difficile, mais qu’il dit ne pas regretter. Il rappelle que son but dans la vie reste de « pouvoir se lever tous les matins avec le sourire ».

Discipliné, ambitieux, « monomaniaque » selon ses propres mots, Nicolas est tout sauf un rêveur idéaliste. Plus fan des entrepreneurs terre à terre comme Jason Fried que d’Elon Musk, il rappelle que son entreprise est là sur le long terme et l’oppose au monde des startups qu’il dit ne pas beaucoup aimer.

« Plus personne ne sera là dans 10 ans ».

Nouvelle École, peut être ?

EP 12 – Candice Gasperini : Ne rien regretter à 40 ans

C’est l’interview la plus bizarre de Nouvelle École, puisque Candice a décidé d’échanger les rôles et de finir en me posant des questions.

EP 11 – Rand Hindi : Toujours un coup d’avance

 « La seule chose remarquable chez l’être humain c’est qu’il n’a rien de remarquable. »

Rand a pourtant un côté assez remarquable. Il commence à coder à 7 ans, puis enchaîne les diplômes (computer science, PhD en bioinformatics et les distinctions (Forbes 30 under 30). En créant Snips.AI, il choisit de consacrer sa vie à sa passion : l’intelligence artificielle.

Dans cet épisode, il évoque se réussites, ses erreurs, ses lubies (« je traque tout ce que je fais ») et donne ses conseils pour se préparer au monde de demain.

Extraits choisis :

« J’ai fait pas mal d’erreurs de jugement. Une vision sur 10 ans, c’est parfois dur à exécuter sur le court terme. »
« Je traque tout ce que je mange, tout ce que je bois, toutes mes histoires romantiques. »
« J’ai tendance à avoir toujours un coup d’avance. »
« Si ce qu’on fait c’est de la merde, dis le moi ! »