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EP 24 – Oussama Ammar : Le but c’est d’être légendaires

Ça faisait longtemps que je voulais rencontrer Oussama Ammar.

J’avais toujours une bonne raison :

  • j’ai un projet entrepreneurial
  • j’aimerais que tu sois le tuteur de mon mémoire
  • je viens de démarrer un podcast et je souhaite t’inviter.

A chaque fois, j’avais envoyé un mail. A chaque fois, il n’avait pas répondu. Alors j’avais abandonné. Après tout, je venais d’inviter Alice, son associée chez The Family.

J’étais donc agréablement surpris que ce soit lui qui me relance. Certains invités prennent un jour à convaincre, d’autres un an.

En préparant cette interview, je suis tombé sur une vidéo dans laquelle il explique à des élèves comment écrire un bon email.

C’était exactement l’inverse de tous les mails que je lui avais envoyés par le passé. J’étais mi-amusé, mi-gêné. Je suis très prompt à conseiller les autres, mais j’ai beaucoup de mal à m’appliquer mes propres conseils.

Depuis, j’ai progressé.

J’ai fait beaucoup de vente. J’ai eu le temps de goûter à « l’entrepreneuriat » et de prendre un peu de recul. Je me suis fait une meilleure idée de ce que j’attends de la vie. C’est aussi un an de plus à entendre parler de The Family à droite comme à gauche. Entre ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux qui envient et même ceux qui en rient.

Alors avant de d’interviewer Oussama, j’ai appelé plusieurs personnes. Je ne voulais pas faire la même interview que les autres. Je voulais qu’on comprenne qui il est.

Voici ce que j’en ai retenu :

1. Often wrong, never doubted

Navo m’a dit que ses parents avaient tellement confiance en lui qu’il avait fini par se convaincre qu’il lui était impossible d’échouer. Oussama semble avoir connu la même chose :

« Il faut donner le crédit à ma maman ».

Moi, quand j’ai une idée, mon schéma de pensée suit à peu près ce chemin :

  1. Euphorie
  2. Doute
  3. Position latérale de sécurité

Quand Oussama pense quelque chose, sa réaction naturelle est de l’affirmer haut et fort, quitte à se tromper. S’il réalise qu’il a tort, il changera d’avis :

« Je ne dis jamais deux fois la même chose ».

Il avoue ne jamais douter et souligne l’importance de croire très fort en ce qu’on avance :

« La moindre des politesses quand on énonce une idée c’est d’avoir le courage de l’assumer ».

Je vais essayer de garder ça en tête pour mes prochaines phases de doute. Et si tu t’autorisais à penser comme Navo ou Oussama, qu’est-ce que ça donnerait ?

2. Le bonheur ou la gloire

« Il y a 2 types d’entrepreneurs : ceux qui cherchent le bonheur et ceux qui cherchent la gloire. « 

Lui et moi, on a un rapport au risque complètement différent. Je pense que je cherche le bonheur. Je vous laisse deviner dans quel camp il se place.

C’est le dilemme d’Achille : Est-ce que tu veux une vie paisible, ou est-ce que tu veux qu’on parle de toi dans 400 ans ? Veux-tu construire Basecamp ou le prochain Facebook ?

C’est ce dont il faut décider avant de se lancer.

Le modèle d’Oussama est Alexandre Le Grand.

« Moi je rêvais de conquérir le monde ».

Et vous ?

3. Le succès est une illusion

Il bloque quand je lui demande à qui le mot « succès » lui fait penser :

« Le succès est une illusion ».

Le succès et l’échec sont des mots qu’on place sur une situation, à un instant T. À posteriori, difficile de discerner les échecs des succès.

On entend beaucoup que sa première société, Hypios, était un ratage monumental. Mais sans cet épisode, il n’en serait pas là aujourd’hui.

Il y a du succès dans cet échec.

« Je connais plein de millionnaires qui sont misérables. Est-ce que c’est le succès ? »

C’est ce que la plupart des invités de Nouvelle École répondent quand je leur demande ce qu’ils diraient à une version plus jeune d’eux-mêmes. Ils ne veulent pas s’empêcher de commettre des erreurs, pour ne pas compromettre leur succès futur.

4. Ne jamais s’auto-évaluer

Reste la question de l’évolution. Comment progresser si on ne sait pas quand on échoue et quand on réussit ?

Oussama a une technique :

« Il ne faut jamais s’auto-évaluer. »

Il s’est créé un groupe d’advisors, des gens qu’il admire et qui lui donnent des conseils sur des zones spécifiques de sa vie : le business, l’argent, l’amour, etc.

Il recommande de se former un groupe de ce genre. Wale m’avait donné le même conseil. Je ne l’ai toujours pas fait, il est peut-être temps.

Peut-être même que j’ai trouvé un bon advisor.

Mais cette fois, il faudra bosser l’email.

Antonin

Notes et références :

Se retrouver dans l’épisode :

04:50 La confiance en soi

[
11:00] Ses débuts d’entrepreneur

[15:20] Ses références culturelles

[18:10] Les deux types d’entrepreneurs : le dilemme d’Achille

[22:00] Sa relation au bonheur

[28:00] Son échec Hypios

[36:00] Ce qu’il ne veut pas ramener de la silicon Valley

[41:00] Sa spécialité

[51:00] La réinvention et l’extension de The Family à l’Europe

[56:00] sa relation au succès

[1:03:00] Comment il s’évalue et progresse

[1:11:00] Le doute

[1:15:00] Le problème de l’École en France

[1:20:00] Son rapport aux critiques qui le visent

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EP 17 – Mehdi Maizi : La passion, OKLM

Mehdi Maizi est rédacteur en chef et animateur de La Sauce.

C’est l’émission quotidienne d’OKLM radio (lancée par Booba). Il gère l’éditorial Rap&Rnb de Deezer, anime le No Fun Show  et est l’auteur du livre « Rap Français : Une exploration en 100 albums ». Je l’ai découvert lorsqu’il était rédacteur en chef adjoint pour l’abcdrduson.

A première vue, rien ne le destinait à une carrière de journaliste. Des études de commerce, quelques stages et un CDI en audit. Un parcours dans les clous.

Pourtant, depuis petit, il développe sa passion pour l’écriture.

Fan de Lois & Clark, Mehdi commence par écrire des histoires de Superman. En grandissant, il se passionne pour le rap et passe des jours entiers à écouter les albums dans sa chambre, en lisant le livret.

Cette passion, il tente de la communiquer lors des examens d’entrée en école de commerce. On lui fait comprendre qu’en France, il y a des passions plus classes. Pas assez pour l’éloigner du rap, qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

« Je voulais matérialiser ça par quelque chose. Comme j’avais toujours aimé écrire, le plus simple était d’écrire sur le rap. »

Il envoie une chronique à l’abcdr et commence à exercer ses deux passions simultanément. Pourtant, il est encore loin de s’imaginer en faire une carrière.

Cette histoire du type qui se retrouve par hasard dans son boulot de rêve, on l’entend souvent. Ce n’est pas un hasard. En cultivant ses intérêts, on favorise l’arrivée de l’opportunité qui peut tout changer.

Cette opportunité arrive en 2013.

Une émission payée. Mehdi hésite alors à quitter son job pour se consacrer pleinement au rap :

« J’étais très peureux par rapport à ce genre de choses. T’as un CDI, etc. Le quitter pour l’inconnu, c’est pas mon tempérament à la base ».

Sa femme l’encourage. Dans le pire des cas, il reprendra sa carrière dans l’audit ou le conseil.

« Il suffit d’une phrase pour tout déclencher ».

La suite ? Il anime des émissions pour l’ABCDR, invite les meilleurs rappeurs de France, publie un livre et se fait débaucher par OKLM radio. La station, tout juste lancée par Booba, cherche un rédacteur en chef pour créer et animer son émission phare. Mehdi prépare un pilote, le DUC valide : « La Sauce » est lancée.

En se penchant de plus près sur son parcours, on peut déchiffrer une partie de la recette : cultiver ses intérêts sans se poser de questions, trouver leur intersection, saisir l’opportunité quand elle se présente.

Aujourd’hui, Mehdi gagne sa vie en parlant de Rap.

Au calme.

Antonin

Notes et références :

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Vous aimerez également l’interview de Yérim Sar (aka Spleenter)

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Antonin

EP 16 – Alice Zagury : La Famille, sans filtre

 

Alice Zagury est CEO de The Family.

Ce n’est pas un accélérateur de startups mais « une famille pour entrepreneurs ambitieux ». Elle ne le sait pas, mais nous nous sommes déjà rencontrés.

En 2014, un cours sur les startups m’emmène rue de Poitoux. Je n’ai pas bien compris ce qu’on y fait, ni ce qu’est une startup, mais ça m’intéresse. Arrivés là bas, un type nous parle pendant 30 minutes. Je suis scotché. Je trouve ça génial. Mon pote aussi.

Je veux faire des startups.

Ce type, c’est Oussama Ammar. L’un des fondateurs de ce qui s’appelle alors « TheFamily », tout attaché. Ce que je viens de vivre, c’est « l’effet Oussama ». Je l’écoute et j’ai l’impression de comprendre quelque chose d’évident. Les startups, c’est évident. Le reste ne m’intéresse déjà plus.

Quelques années plus tard, j’ai grandi, et les choses me semblent moins évidentes. Mais l’effet perdure. The Family a beaucoup grossi et s’étend à l’international. Sur Nouvelle École, les invités en parlent, les auditeurs les demandent. Moi aussi à vrai dire, j’aimerais discuter avec eux.

En arrivant à mon rendez-vous avec Alice, j’ai mon idée préconçue de ce qu’est The Family. Je ne suis pas étanche et toute personne qui gravite autour de l’écosystème startup parisien en entend parler au moins une fois par jour. The Family, c’est clivant. Ca ne laisse personne indifférent.

Avant de rencontrer Alice, je lis tous ses articles et regarde toutes ses vidéos. J’ai peur de me trouver face à quelqu’un d’évasif, ou pire, de froid. J’ai peur de ne pas arriver à gratter sous le storytelling. Après tout Nouvelle École, ça parle des gens, pas des boites.

Heureusement pour moi, je suis complètement à coté de la plaque. Une fois n’est pas coutume. Me voilà face à la personne la plus sympathique du monde. Deux minutes d’interview me font réaliser mon erreur de jugement. Je suis désarçonné.

Quelques jours auparavant, Jean de La Rochebrochard m’avouait avoir rejoint The Family pour « l’authenticité ». J’avais hoché la tête comme un idiot. Je n’avais aucune idée de ce dont il parlait.

Mais là, j’écoute Alice me raconter son histoire, sans filtre. Et je commence à comprendre.

C’est criant d’honnêteté.

Antonin

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Antonin

EP 15 – Jean de La Rochebrochard : Organisé comme une machine pour vivre comme un humain

Je le contacte sur Twitter. Il me répond dans la minute : « rendez-vous le lendemain ». Je n’aurai que quelques heures pour préparer l’interview. Je voulais lui offrir un livre, pas le temps de passer à la Fnac.

Jean de La Rochebrochard est Partner chez Kima Ventures, le fonds d’investissement financé par Xavier Niel. Kima investit dans 2 à 3 startups par semaine et gère un portefeuille de 500 sociétés. À titre personnel, Jean a levé une centaine de millions d’Euros pour plus de 30 startups durant les différentes étapes de sa carrière. Il est au board de plusieurs sociétés dont Zenly, Payfit (une merveille), Sourced et ibanFirst.

Une chose m’interpelle chez lui. Alors qu’il a passé son adolescence à lancer des projets, il dit ne pas être un entrepreneur :

Je n’ai rien fait entre 0 et 25 ans.

J’aurais aimé faire la moitié de ce qu’il appelle « rien ». À l’âge où il développait des sites Web, je jouais du Tryo dans les parcs de Chambéry. Il maintient qu’il n’a rien fait de « meaningful ».

J’avais pas la niaque. Je faisais pas les choses jusqu’au bout.

Dans ce qu’il qualifie d’“erreurs de jeunesse“, je vois les itérations successives de celui qui a fini par trouver sa voie. Son « product/market fit ».

Mon boulot c’est d’aider les entrepreneurs.

Plus d’hésitations. Du focus et une discipline de fer. Jean poursuit l’efficience : Inbox Zero deux fois par semaine, règles d’agenda hyper strictes et 2 raccourcis clavier : NoDealFR et NoDealEN. Explicite.

Ces règles lui permettent d’investir chaque semaine dans plusieurs nouvelles startups, de se lever le matin pour s’occuper de ses 3 enfants, et d’aller à Coachella le temps d’un week-end (avec l’accord de sa femme et la promesse de faire la prochaine édition ensemble 😉). L’organisation, Jean l’enseigne même aux étudiants de Lion, la formation de The Family. Le titre :

S’organiser comme une machine pour vivre sa vie comme un humain.

Je lui demande son adresse, je veux lui envoyer un livre. Il me répond « jean@kimaventures.com ». Un humain dans le futur.

Notes et références :

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Antonin