Arguments en faveur des fonds à gestion active

Les fonds gérés activement continuent de diviser les investisseurs : la majorité des études montrent que les fonds indiciels tirent mieux leur épingle du jeu, et pourtant certains fonds actifs—souvent pilotés par des équipes expérimentées—parviennent à surperformer. Ce texte examine quand un fonds actif peut mériter votre attention, quels signaux observer et quelles erreurs éviter.

Pourquoi les fonds indiciels l’emportent souvent

Plusieurs tendances expliquent la supériorité statistique des fonds indiciels. Leur structure suit un indice et leurs coûts sont très faibles : par exemple, deux fonds répliquant le S&P 500 facturent autour de 0,03 % et un autre fonds indiciel majeur affiche 0,015 %. À l’inverse, les fonds gérés facturent en moyenne beaucoup plus, autour d’1 % selon des observations institutionnelles. Sur des horizons longs, cet écart de frais grignote la performance nette pour l’investisseur.

Comparaison de frais entre fonds indiciels et fonds actifs montrée sur une feuille
Les frais réduits des fonds indiciels érodent la performance nette sur le long terme.

Les chiffres de marché confirment le mouvement : la part d’actifs détenue par des titres indiciels est passée d’un niveau modeste en 2010 à plus de la moitié des encours fin 2025, et pour les fonds exposés aux actions américaines, la proportion indicielle dépasse les six dixièmes. Cela illustre un basculement vers des solutions peu coûteuses et transparentes.

Un fonds actif peut-il vraiment faire la différence ?

Oui, parfois. Quelques fonds activement gérés battent régulièrement leur indice et leurs pairs, mais ils restent rares et difficiles à identifier à l’avance. Un exemple souvent cité est un grand fonds de croissance américaine qui a affiché une surperformance moyenne sur dix ans malgré des frais supérieurs à ceux d’un ETF S&P 500. Son gérant a pris des positions précoces sur des titres devenus majeurs et a su conserver des convictions fortes.

Cependant, la persistance de la surperformance est incertaine : une analyse d’un fournisseur d’indices a montré que de nombreux fonds qui figurent dans la moitié supérieure après une année ne restent pas systématiquement dans cette position au fil des ans. Après deux ans, beaucoup avaient redescendu dans le classement, et encore moins après quatre ans.

Traits communs des gérants qui réussissent

Quand un fonds actif dépasse l’indice sur le long terme, on retrouve souvent plusieurs constantes : un management présent et stable, une philosophie d’investissement claire (contrariante ou axée sur la valeur), une capacité à prendre des positions concentrées et à les tenir, et parfois une continuité familiale ou une culture d’entreprise qui préserve la discipline. Plusieurs fonds historiques, maintenus par des équipes reliées aux fondateurs, illustrent ces caractéristiques.

Autre signal utile : la composition du portefeuille. Certains gestionnaires ont pris des positions significatives sur des entreprises qui sont devenues des moteurs de performance et, parfois, ils ajustent l’allocation sectorielle en dehors des pondérations du marché quand leur conviction l’exige.

Comment évaluer concrètement un fonds actif en pratique ?

  • Vérifiez les frais nets et comparez-les à un indice comparable ; un écart de frais important doit être justifié par une espérance de surperformance claire.
  • Examinez l’horizon et la qualité des performances : préférez une longévité de gestion sur plusieurs cycles économiques plutôt qu’une seule année exceptionnelle.
  • Regardez la concentration et le style : un portefeuille très concentré peut surperformer mais aussi amplifier le risque.
  • Analysez la gouvernance et la succession : qui remplacera le gestionnaire en place et quelle est la profondeur de l’équipe d’analystes ?
Investisseur examinant des rapports de performance de fonds
Vérifier l’horizon de gestion, la concentration et la gouvernance aide à évaluer un fonds actif.

Pièges fréquents à éviter

La tentation de « courir après la performance » est omniprésente : acheter un fonds juste après une année exceptionnelle est l’un des pires réflexes, car la persistance n’est pas garantie. Ignorer l’impact des frais est une autre erreur courante ; des frais élevés peuvent annuler des années de surperformance. Il faut aussi se méfier des fonds qui deviennent trop volumineux pour continuer à appliquer la même stratégie et des fonds fermés aux nouveaux souscripteurs—leur réouverture est possible mais incertaine.

Enfin, ne considérez pas la surperformance passée comme une promesse : même des portefeuilles concentrés et convaincus, qui ont permis à certains gestionnaires de devancer l’indice de plusieurs points annuels, peuvent se retrouver en difficulté si leurs paris se retournent.

Comment concilier fonds indiciels et fonds actifs ?

Une approche pragmatique consiste à constituer un « cœur » indiciel peu coûteux pour assurer l’exposition de base au marché, puis à ajouter un ou deux « satellites » actifs pour tenter de générer de la valeur ajoutée. Cela permet de limiter l’impact des frais élevés tout en donnant une place à la sélection de titres et à la conviction du gestionnaire.

Gardez à l’esprit que la place accordée aux fonds actifs doit correspondre à votre tolérance au risque et à vos objectifs : plus un fonds est concentré et plus il peut amplifier gains et pertes.

FAQ

Faut-il acheter immédiatement un fonds actif qui a surperformé récemment ?

Non. Une surperformance récente n’assure pas qu’elle se poursuive. Préférez analyser la durée et la cohérence des résultats, la philosophie d’investissement, les frais et la stabilité de l’équipe de gestion avant de prendre une décision.

Un fonds concentré est-il nécessairement trop risqué pour un investisseur particulier ?

Pas nécessairement, mais il implique une volatilité plus forte. Si vous tenez un fonds concentré, limitez sa part dans votre portefeuille global et assurez-vous de comprendre pourquoi le gestionnaire détient peu de titres et quelles positions pèsent le plus.

Les frais font-ils vraiment une grande différence sur le long terme ?

Oui. Un écart de frais se compense par une réduction directe du rendement net. Si un fonds actif ne surperforme pas de manière récurrente l’indice d’un montant au moins égal à la différence de frais, l’investisseur est perdant par rapport à une stratégie indicielle.

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