Amplitude du marché en amélioration tandis que le SPY consolide et devient survendu

Le breadth boursier revient souvent dans les conversations des investisseurs quand les indices majeurs semblent donner des signaux contradictoires : il mesure la participation réelle du marché et aide à distinguer un mouvement soutenu d’une hausse concentrée sur quelques valeurs.

Qu’est-ce que le breadth boursier et comment il se lit ?

Le terme « breadth » renvoie à la qualité de la hausse ou de la baisse, autrement dit combien de titres contribuent réellement au mouvement d’un indice. Deux lectures courantes sont utiles : le pourcentage d’actions au-dessus de la moyenne mobile à 200 jours et le « High‑Low Percent », soit la différence entre les nouveaux plus hauts et les nouveaux plus bas. Ensemble, ces indicateurs donnent une idée de l’amplitude et de la leadership du marché.

Concrètement, un large pourcentage d’actions au-dessus de la moyenne mobile 200 jours signale que la tendance haussière est répandue et non concentrée sur quelques poids lourds. De même, un High‑Low Percent positif et élevé indique que de nombreuses valeurs établissent des sommets, ce qui renforce la validité du rallye.

Que disent les chiffres récents sur la participation du marché ?

Les relevés récents montrent une proportion notable d’actions en tendance haussière sur plusieurs indices. Approximativement 70 % des titres du S&P 500 évoluent au‑dessus de leur moyenne mobile 200 jours, ce qui traduit une dominance haussière large. Du côté du Nasdaq 100, la part est plus modérée mais significative : elle a dépassé 50 % au printemps et a atteint 65,69 % à la dernière lecture.

Graphique montrant le pourcentage d'actions au-dessus de la moyenne mobile 200 jours pour différents indices boursiers
Les indices S&P 500, Nasdaq 100 et les petites capitalisations affichent une forte participation haussière.

Les indices médiums et smalls sont particulièrement dynamiques : les S&P MidCap 400 et SmallCap 600 affichent tous deux plus de 70 % de leurs composantes au‑dessus de la 200 jours, signe d’un leadership qui vient des capitalisations moyennes et petites.

Pourquoi l’expansion des nouveaux plus hauts est importante ?

Un nombre croissant de nouveaux sommets au sein d’un indice indique une poussée de leadership. Pour le S&P 500, l’écart entre nouveaux plus hauts et nouveaux plus bas a dépassé +10 % à plusieurs reprises en juillet, culminant à +13,20 %, un niveau élevé par rapport aux derniers mois. Cela signifie que la hausse n’est pas seulement portée par quelques titres isolés mais bénéficie d’une participation plus large.

Cependant, ce phénomène peut masquer des rotations sectorielles : en juillet, des flux ont quitté certains thèmes comme l’IA pour privilégier des secteurs comme le logiciel ou le cloud. Une expansion des nouveaux plus hauts demeure positive, mais il faut regarder qui mène la danse.

SPY : consolidation actuelle, survente et scénarios plausibles ?

Le SPDR S&P 500 ETF (SPY) reste dans un contexte haussier de long terme, après une progression d’environ 21 % qui a nécessité une phase de digestion. Cette consolidation a pris la forme d’un mouvement latéral plutôt que d’un recul brutal, ce qu’on qualifie souvent de « time correction » : le prix met du temps à digérer la hausse plutôt que de corriger profondément.

Graphique de prix du SPY montrant une phase de consolidation et une zone de survente technique
Le SPY consolide après une hausse de 21 % et forme une zone de survente court terme.

Un signal technique notable est l’entrée en zone de survente court terme débutant le 29 juillet, lorsque l’indicateur %B a basculé sous zéro — signe que la clôture est passée sous la bande de Bollinger inférieure. Dans un marché globalement haussier, ce type de survente peut offrir des opportunités d’achat à court terme, surtout si l’ETF forme un creux plus haut puis sort d’une figure de consolidation.

Deux scénarios restent plausibles : un retour progressif vers la moyenne mobile 200 jours en cas de correction de prix, ou une poursuite du range avant reprise. La confirmation se fait par la formation d’un creux significatif suivi d’un breakout net.

Erreurs fréquentes à éviter quand on se sert du breadth

  • Confondre leadership apparent et leadership durable : quelques titres très lourds peuvent masquer un marché faible.
  • S’appuyer seulement sur la 200 jours sans vérifier la répartition sectorielle.
  • Interpréter une survente court terme comme un signal de renversement systématique.
  • Ignorer la dynamique des small et mid caps, qui précèdent parfois les retournements.

Quels signaux surveiller maintenant pour rester cohérent avec la tendance ?

Pour suivre la santé du marché, surveillez quelques éléments complémentaires : l’évolution du pourcentage d’actions au‑dessus de la 200 jours sur plusieurs indices, l’amplitude du High‑Low Percent sur le S&P 500, et le comportement du SPY autour de son triangle de consolidation et de sa 200 jours. Une relance des nouveaux plus hauts tout en maintenant une large proportion d’actions au‑dessus de la 200 jours constituerait un signal technique robuste. À l’inverse, si l’élan se réduit seulement aux grosses capitalisations pendant que la majorité retombe sous la 200 jours, le risque de divergence augmente.

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