Le rallye boursier observé dès les premiers jours d’août a surpris ceux qui s’attendaient aux « August scaries », porté par les poids lourds technologiques des États‑Unis et quelques secousses macroéconomiques. Si vous suivez les indices, le mouvement mérite qu’on le décortique pour séparer signal et bruit.
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Quelles preuves indiquent un vrai renversement de tendance ?
Un indice qui remet en cause la prudence ambiante est le franchissement de résistances majeures par le S&P 500, avec un repositionnement des anciens plafonds en zones de support. Techniquement, cela crée une base plus solide pour la suite, la zone de support citée récemment se situant autour de 7580–7620. Toutefois, un breakout n’est convaincant que s’il s’accompagne de confirmation : volumes soutenus, jours de clôture au‑dessus des seuils, et amélioration de la participation (nombre d’actions atteignant de nouveaux sommets).

Attention aux erreurs fréquentes : confondre une forte séance isolée avec un retournement durable ; négliger la faiblesse structurelle d’un secteur clé ; ou baser une décision uniquement sur un indice de prix sans regarder la breadth du marché.
La rotation sectorielle : signe de santé ou simple réallocation ponctuelle ?
Depuis l’été, plusieurs secteurs se relaient en tête. Si Energy, Health Care et Financials ont montré de la vigueur plus tôt, les derniers jours ont vu Technology, Industrials et Communication Services surperformer l’indice large. Ce va‑et‑vient est typique d’un marché haussier sain : les gains se diffusent plutôt que de se concentrer sur quelques titres.
Pourtant, la rotation peut être trompeuse. Un secteur leader peut afficher une surperformance temporaire sans feu vert micro‑structurel (profitabilité, valuations, flux d’investisseurs). L’ETF S&P 500 Equal Weight (RSP) grimpant à un sommet illustre que la hausse n’est pas uniquement portée par les méga‑caps, mais cela n’exclut pas des rechutes localisées.
Pourquoi les semi‑conducteurs restent un point sensible ?
Les semi‑conducteurs occupent une place centrale : leur secteur alimente la thématique IA et soutient une partie importante de la performance technologique. Pourtant, l’ETF VanEck Semiconductor (SMH) demeure environ 13,9 % sous son record du 22 juin, ce qui montre que le segment n’a pas encore pleinement récupéré.
Signes techniques à surveiller pour SMH
Regardez le niveau des sommets précédents, la tenuta des moyennes mobiles longues, et la dynamique du RSI ; une cassure au‑dessus du pic de juin fournirait une confirmation robuste. Tant que le secteur reste en retrait, il peut limiter la montée durable des indices axés technologie.
Les actions internationales peuvent‑elles rattraper les États‑Unis ?
La performance relative s’est rapprochée entre les marchés domestiques et internationaux. Les fonds VTI (marché total US) et VEU (ex‑US) affichaient tous deux des gains à deux chiffres sur l’année, avec un écart de rendement restreint d’environ 1,4 point. Malgré cela, VEU n’a pas encore effacé son sommet de mi‑juin et se trouve légèrement en retrait.

Des éléments techniques soutiennent néanmoins l’argument d’un redressement pour VEU : la moyenne mobile à 200 jours est en pente haussière et les prix sont restés sur cette tendance lors du repli de mars. Pour valider un véritable retournement, le RSI devrait idéalement franchir 70 et le cours dépasser la barre psychologique évoquée récemment, autour de 86 dollars.
Quelle influence a le dollar et l’intervention sur USD/JPY ?
Le comportement du dollar a joué un rôle non négligeable. Une cassure sous une zone autour de 100,3–100,6 pour l’indice du dollar a servi de catalyseur risk‑on, complétée par des interventions ponctuelles sur USD/JPY et un affaiblissement général du billet vert. Cette dynamique profite aux actions ex‑US si elle se confirme, mais l’effet n’est pas mécanique : l’appréciation locale des devises, la qualité des bilans et la volatilité sectorielle restent des facteurs limitants.
Quels marchés ex‑US sont tirés par l’IA ?
La poussée d’IA est largement concentrée sur certains pays d’Asie. Des marchés comme la Corée du Sud et Taïwan font figure de locomotives dans les indices internationaux, fortement corrélés aux fabricants de puces et aux acteurs technologiques. Lorsque le segment semi‑conducteur faiblit, ces pays ressentent l’effet plus fortement que l’Europe ou le Japon, qui jouent un rôle plus modérateur.
Quels signes concrets faut‑il suivre cette semaine ?
Plusieurs catalyseurs peuvent accélérer ou tempérer la tendance actuelle. Parmi les éléments à surveiller :
- Les résultats d’entreprises technologiques majeures, avec en point d’attention le rapport de NVIDIA prévu le 26 août, susceptible d’impulser le compartiment semi‑conducteur.
- La lecture des marchés du crédit et de la volatilité : un apaisement côté actions asiatiques aiderait VEU.
- L’évolution du dollar et ses seuils techniques, notamment autour de 100 sur l’indice USD.
- La dispersion des nouveaux sommets parmi les actions; une expansion de la liste des 52‑week highs confirmerait un vrai élargissement du marché.
Une erreur fréquente consiste à anticiper un mouvement unique et à négliger ces confirmations croisées. Les investisseurs réactifs privilégieront la patience : attendre clôtures, volumes, et signaux sectoriels alignés avant d’augmenter significativement l’exposition.
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Clément est un passionné de la finance, expert en bourse et trading, avec une solide expérience dans l’immobilier et les cryptomonnaies.





