L’abandon de poste entraîne, selon les récentes législations, une présomption de démission. Cette présomption de démission prive automatiquement le salarié de ses allocations chômage, sauf cas de motif légitime à prouver (§ L. 1237-1-1 du Code du travail). À compter de 2025, dans le même cadre, les bénéficiaires peuvent toutefois récupérer leur droit à l’allocation jusqu’à 4 mois après avoir quitté un emploi repris, si la rupture intervient dans les 88 jours suivant la prise de poste, étendant ainsi le délai précédent de 65 jours. Malgré ces évolutions, de nombreux employeurs ne communiquent pas clairement ces règles ni les recours possibles en cas d’abandon involontaire (harcèlement, raison de santé, etc.). Cet article détaille les conditions légales, les exceptions permettant de contester la démission et les conseils pratiques pour préserver vos droits à l’allocation chômage.
Sommaire
Abandon de poste et présomption de démission : Que retenir ?
L’abandon de poste se définit comme l’absence injustifiée et volontaire du salarié à son poste de travail pendant plusieurs jours consécutifs. Depuis la loi “marché du travail” de décembre 2022, tout abandon de poste sans justificatif légitime est présumé constituer une démission, et le droit à l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) est supprimé . Cette mesure a été mise en place pour combler une faille “détournée” permettant auparavant de toucher le chômage après un abandon volontaire.
Les conséquences immédiates de cette interprétation de l’abandon de poste est :
- le refus d’indemnisation : France Travail (ex-Pôle emploi) refuse les allocations chômage si l’abandon est jugé injustifié ;
- le licenciement pour faute : la plupart des employeurs sanctionnent l’abandon de poste par un licenciement pour faute, confirmant la démission présumée.
Les exceptions et motifs légitimes
Pour contrer la présomption de démission, le salarié peut faire valoir un motif légitime, notamment :
- harcèlement moral ou sexuel prouvé ;
- raisons de santé ou arrêt maladie non pris en compte par l’employeur ;
- non-paiement des salaires ou modification unilatérale du contrat.
Dans ces cas, l’absence peut être requalifiée, permettant le pris en compte du chômage comme un licenciement non volontaire.

Réforme 2025 : prolongation du délai pour récupérer ses droits
D’autres dispositions légales sont récemment entrées en vigueur. Il s’agit de la réforme entrée en vigueur le 1ᵉʳ avril 2025. La réforme étend à 88 jours (au lieu de 65 jours) la durée maximale du contrat repris pour conserver ses droits à l’allocation chômage en cas de rupture volontaire dans cette période. Cette disposition vise à :
- limiter les démissions opportunistes pour bénéficier du chômage ;
- offrir plus de flexibilité aux allocataires reprenant un emploi avant de revenir au chômage.
Quelles sont les démarches pour contester un refus d’indemnisation ?
Lorsque vous estimez que l’administration de votre entreprise a faussement interpréter votre abandon de poste comme une démission ou vous oppose un refus d’indemnisation, vous pouvez suivre les démarches suivantes :
- saisir France Travail en exposant votre situation (harcèlement, santé, non-paiement) ;
- produire des preuves : certificats médicaux, courriels, témoignages ;
- faire un recours hiérarchique auprès du médiateur interne de France Travail ;
- faire un recours contentieux : saisir le tribunal judiciaire pour contester la présomption de démission.
Abandon de poste : quels sont les conseils pratiques ?
Lorsque vous vous retrouvez en position d’abandon de poste pour des raisons qui ne dépendent pas de vous, vous pouvez suivre les conseils ci-après :
- réagir vite : contestez dans les 2 mois suivant la notification de radiation ;
- se faire accompagner : syndicats, avocats spécialistes du droit du travail ;
- documenter chaque absence : conservez tous les justificatifs (arrêts, échanges) ;
- anticiper : informez-vous avant toute absence prolongée pour connaître vos droits.
En conclusion, l’abandon de poste est désormais automatiquement présumé démission depuis avril 2023, supprimant le droit au chômage, sauf exceptions. La loi de 2025 allonge toutefois la fenêtre de réemploi sans perte de droits de 65 à 88 jours. Face à ce contexte, informez-vous, préparez vos dossiers et n’hésitez pas à contester toute décision injuste pour faire valoir vos droits.
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Clément est un passionné de la finance, expert en bourse et trading, avec une solide expérience dans l’immobilier et les cryptomonnaies.





