#56 – Morgane Sézalory : Lâcher prise

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« À un moment ton corps te dit d’arrêter ».

J’aime quand je suis invincible, quand j’ai une énergie inépuisable. Je pourrais sortir 3 épisodes par semaine et en avoir en rab. Et tous les chiffres augmentent et les gens en parlent. Il y a deux semaines, un type m’a reconnu dans le métro. Ça ne m’était jamais arrivé.

Mais la suite est toujours la même : quelques jours plus tard, je me lève et je sais que c’est fini. J’ai la flemme, je ne veux plus faire d’interviews. Je ne veux plus me lever ni répondre aux gens. Je voudrais juste dormir ou marcher sur les bords du canal Saint Martin quand il fait beau. La dernière fois, il y avait un canapé posé devant l’eau avec un type assis dessus. Je n’ai pas osé lui demander si c’était son canapé.

Au lieu d’arrêter, je force. Je m’installe à mon bureau et j’ouvre Trello. Il faut être productif : créer, administrer, grossir. Battre le fer tant qu’il est chaud. Je dois écrire un certain nombre de pages et faire Nouvelle École et il y a le film qui sort. Il faut le promouvoir.

Mais comme rien n’y fait, je me lamente : « je ne serai jamais [X Y Z] comme tous ces gens qui bossent 18heures par jour ».

Ces gens existent-ils ?

Morgane Sézalory m’a raconté l’histoire de son « burnout ». Il y avait des signes avant-coureurs qu’elle n’a pas remarqués. Jusqu’au jour où son corps a dit « stop ».

Je suis loin du burnout, mais la route est longue. Si je continue à traiter mon corps comme un Vélib en fin de soirée, je ne suis pas sûr d’aller au bout.

Il faut se forcer à arrêter.

Il y a quelques jours, je me suis réveillé épuisé. Alors j’ai continué à dormir, longtemps. Et comme j’en avais marre de ne pas avoir le temps, j’ai bloqué toutes mes matinées pour écrire et faire des choses que j’aime. Je vais dans un café, je ne prends pas mon téléphone et parfois je travaille, parfois je ne fais rien. J’observe la rue et j’écoute les gens.

Je suis allé au canal Saint Martin mais il n’y avait plus le type au canapé. Je m’en suis voulu de ne pas avoir pris le temps de lui parler. J’avais peur de ne pas être productif alors j’ai raté son histoire.

Quand je travaille avec mon pote Léo on passe souvent les mêmes moments : on s’assied à la terrasse d’un bar et on commence par se raconter nos vies. Ensuite, on parle de filles. Ensuite, on se moque de certains films qu’on a vus mais on dit aussi du bien des autres. On fait des blagues assez mauvaises, mais on est bon public. Quand il est l’heure de partir, je dis toujours un truc du genre : « Mince, on n’a rien fait… » .

Et Léo répond toujours la même chose :

« Ça fait partie du processus ».

Morgane Sézalory est la créatrice de la marque Sézane, anciennement « Les Composantes », la première marque de mode 100% en ligne.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 03:00 Le besoin de sens de Morgane, les projets humanitaires de Sézane
  • 08:00 Le parcours atypique de Morgane, de l’Afrique à la découverte de son talent artistique
  • 23:00 Son burnout : l’histoire, ses causes et ses conséquences sur la vie de Morgane
  • 37:00 Éviter le burnout : reconnaître les signes, faire le plus important, se forcer à s’arrêter
  • 51:00 « Pas de regrets » : les questions de la fin.

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Références : 

#55 – Raphaël Descraques : Apprivoiser la peur


Raphaël Descraques est scénariste. Il est le cofondateur des Suricates, un collectif créé en 2013 avec Vincent Tirel, Julien Josselin et FloBer et qui a largement contribué au succès de Golden Moustache. Parmi leurs films, on compte notamment le long-métrage Les Dissociés, publié fin 2015 directement sur Youtube. Depuis, Raphaël continue d’écrire pour lui et pour les autres et c’est de ça qu’on parle !

Dans cet épisode, on aborde donc la peur de montrer son travail (03:00), sa philosophie pour combattre cette peur (13:00), ses méthodes pour utiliser la peur comme moteur (19:00). Il donne des conseils à ceux qui n’osent pas se lancer (34:00) et décrit même en détail ses habitudes et les routines (41:00).

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Références : 

Raphaël :

Les livres :

  1. Save the Cat de Blake Snyder (version française)
  2. On Writing de Stephen King (version française)

#54 – Marion Séclin : Rien à perdre

 

« J’ai rien à perdre. On ne meurt pas d’humiliation on ne meurt de rien à part de la mort. »

Cette semaine j’accueille Marion Séclin. Marion est comédienne, auteure, et « championne de France de cyberharcèlement ». Après avoir partagé une vidéo au sujet du harcèlement de rue, Marion a été…harcelée, sur internet, par des dizaines de milliers d’anonymes, pendant des mois.

Dans cet épisode, on aborde donc sa résilience et sa relation à l’adversité, mais aussi tout ce qui touche à son métier. Elle m’explique l’importance de lancer et d’entretenir la « machine à créativité ». On discute du syndrome de l‘imposteur et de ce qu’elle a fait pour dépasser le sien. Enfin, on parle de se donner les moyens de ses ambitions, de ne pas se trouver d’excuses et de savoir ce qu’on veut.

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Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:10 : La résilience face au harcèlement

  • 03:30 : Lancer et entretenir sa machine à créativité, pourquoi elle lance sa chaîne Youtube

  • 11:00 : Le syndrome de l’imposteur, comment le dépasser

  • 19:00 : « Il faut se sortir les doigts » – Comment se donner les moyens de ses ambitions

  • 27:00 : Savoir ce qu’on veut et trouver son moteur

  • 39:00 Apprendre à s’écouter, apprendre à bien s’entourer
  • 45:00 : » Try again, fail better ». L’importance du travail et de la répétition.

Références : 

Marion :

Les livres :

  1. Pouvoir illimité – Tony Robbins – (version originale en anglais)
  2. Réfléchissez et devenez riche (l’angoisse des traductions françaises) de Napoleon Hill – (version originale en anglais)
  3. Antifragile de Nassim Taleb. J’en parle lorsque j’évoque la croissance post-traumatique – (version originale en anglais)

 

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#53 – Fibre Tigre : Les « cheat-codes » de la vie

Je ne sais pas qui est Fibre Tigre.

Je l’ai vu deux fois. Je sais que son prénom est « Fibre » et son nom de famille « Tigre ». Le pseudo est l’un de ses « cheat-code ».

Si quelque chose lui arrive demain, s’il « dérape » ou se trompe et que son nom est sali, il lui suffira d’en changer.

Tandis que moi, je peux au mieux changer de prénom. Mes parents avaient peur que j’en manque alors ils m’en ont donné quatre : trois normaux et un nom de chef indien qui fera rire mes potes jusqu’à la fin des temps.

Mais je ne peux pas repartir à zéro et ça me terrorise. J’ai peur de déraper et que tout le monde me déteste.

Dans l’épisode avec Shirley, je dis que j’ai acheté le Coran mais que je n’ai pas réussi à le lire parce que ça m’ennuie. Et là, alerte rouge, j’ai peur d’avoir dit une bêtise, je stresse.

Ça m’arrive de plus en plus. Je lutte pour garder l’insouciance du début alors que Nouvelle École est encore minuscule. Je reçois des messages de gens qui sont d’accord et de gens qui ne sont pas d’accord, on me demande mon avis alors que je change tout le temps d’avis. Ne m’écoutez pas, écoutez-vous.

Mais si j’anticipe les réactions en permanence, je ne pourrai jamais créer quoi que ce soit d’intéressant. J’aime les choses radicales. J’aime qu’on me tabasse avec des idées tellement fortes qu’elles éclatent mes convictions. Et il est temps que je m’applique mes préférences.

Je veux m’inspirer de Fibre Tigre.

Il affirme, mais s’autorise l’erreur. Il est conscient que s’il se trompe, il lui faudra s’excuser ou changer d’avis mais que ce n’est pas grave. Ce droit à l’erreur, il se l’est accordé et je dois faire de même car personne ne viendra frapper à ma porte pour m’autoriser à me tromper. Comme ça je pourrai dire ce que je pense, me tromper, m’excuser et puis recommencer.

Sauf que je n’ai pas de pseudo.

Alors si Antonin est traîné dans la boue et que Nouvelle École s’écroule, si on vous dit que je suis raciste, sexiste, homophobe, transphobe et que je mets des cadres blancs sur mes photos Instagram, croyez tout. Mais pardonnez moi.

Et guettez les pseudonymes avec un nom de chef indien.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 02:00 : Produire une oeuvre importante

  • 23:00 : Résister au poids de la société quand on est hors des cases

  • 31:00 : Son organisation dans le détail : bonheur, image et priorités

  • 44:00 Les « cheat-codes » de Fibre Tigre : comment hacker sa vie

  • 1:03:00 : Les questions de la fin : autodiscipline, nécessité de l’échec, théorie du million de dollars et recommandations de livres

Références : 

La newsletter à laquelle tu dois t’inscrire : http://bit.ly/newsletterNE

Les bouquin de Science Fiction :

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#BONUS4 : Écoute toi, tu vas mourir.

Mon premier « marché parlé » à la Navo.

J’y parle de 2 choses importantes que j’ai apprises en 2017 (j’espère pour de bon).

Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu peur de publier quelque chose. Je rentre dans ma zone de confort moi aussi, il était temps !

Dites moi dans les commentaires ce que vous en avez pensé, si vous voulez que j’en fasse plus, et sur quoi. Bon week-end !

#52 – Shirley : S’écouter pour être libre


« J’ai mis longtemps à comprendre que j’étais dans une équipe, que je portais un maillot ».

Moi aussi, j’ai mis longtemps à comprendre que je portais un maillot. Je me croyais libre et puis, un jour, ma liberté me faisait trop mal au ventre alors j’ai tout envoyer balader.

Depuis, je déconstruis, mais ça me fait peur. Peut-on tout déconstruire ? Doit-on tout déconstruire ? Et si on y arrive, que reste-t-il ? Devient-on mystique et bizarre comme Jim Carrey ?

À un moment, Shirley a trop déconstruit. Derrière, il y avait le vide et la dépression et je ne veux plus tomber dans le vide et la dépression.

Shirley dit que le standup c’est comme la vie.

Ce sont des cycles : réussir pour échouer, échouer pour réussir. J’aime cette idée. On recommence tous les jours, mais on ne répète jamais. On apprend à s’écouter, pour prendre la meilleure décision au prochain embranchement. Parfois on rit, parfois non. On ajuste.

C’est peut-être ça la solution : reconnaître qu’on porte un maillot. Ne pas le jeter par terre pour le piétiner, mais accepter de jouer avec. L’enlever un peu, pour voir, mais le remettre pour se rassurer. Et ne plus chercher à l’échanger avec ceux d’en face.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 04:00 Le pouvoir de l’instant présent
  • 11:00 Jusqu’où peut-on se déconstruire ?
  • 18:00 Faut-il souffrir pour être libre ?
  • 36:00 Shirley et le standup : « C’est fini de penser au grand public ! »
  • 44:00 « Le standup, c’est la vie » : réussir pour échouer, échouer pour réussir.

Références : 

Shirley :

Les ressources :

  • Le pouvoir du moment présent – Eckhart Tolle (la « bible des dépressifs »)
  • Le prince – Machiavel (le livre que Shirley recommande)
  • Mémoires de l’enfer, la biographie de Marilyn Manson par Neil Strauss. C’est juste mentionné mais j’ai tellement aimé ce livre que je vous le recommande.
  • Jim and Andy, the great beyond – l’excellent documentaire sur Jim Carrey et son rôle dans Man on The Moon (dispo sur Netflix)
  • Un café au Lot7, bon podcast sur lequel j’avais entendu Shirley. C’est Louis Dubourg, qui interview (bien) des humoristes.

Les gens :

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#51 – Michel Lévy-Provençal : Comment trouver du sens

Écouter sur Apple/iTunes

Comment trouver du sens ?

Je ne peux pas répondre à cette question. C’est ce que j’aimerais dire aux personnes qui me demandent des conseils sur Instagram.

Mais j’ai un hack dans la vie : je peux trouver les gens qui m’inspirent, prétexter une interview et leur poser toutes mes questions. Alors je suis allé voir Michel Lévy-Provençal, le fondateur de TEDxParis et de L’Échappée Volée, celui qui s’entoure des cerveaux les plus innovants à la recherche de sens. Voici ce qu’il m’a dit :

1. Il faut être curieux

J’ai peur d’être largué. Je me suis trop moqué de ceux qui pensaient tout savoir mais ne savaient rien et je sens que le karma va me faire payer le prix de mon arrogance. Il m’arrive d’ouvrir une page web et de ne rien comprendre et je me dis : « Déjà ? ».

Pour éviter ça, Michel Lévy-Provençal reste curieux. Il lit « quatre à cinq heure par jour », 50 livres par an sans compter tout le reste. Moi qui pensais lire beaucoup.

C’est aussi ce que j’aime avec Nouvelle École. Je rencontre des gens qui font passer ma discipline actuelle pour une partie de Candy Crush. Ma marge de progression me force à reste humble. Plus j’en sais, moins j’en sais. C’est ce qui est excitant.

2. Il faut essayer

Dans le monde des startups, j’ai entendu qu’il fallait échouer beaucoup et vite. Je me demande si les gens qui disent ça ont déjà échoué.

Moi je n’ai pas envie d’échouer. En grandissant, j’ai vu des gens vivre avec le sentiment d’échec. Ils n’avaient pas d’argent, pas d’amis et pas de perspectives. Ils n’avaient pas envie d’en parler à la légère, en lisant un PowerPoint devant des étudiants d’école de commerce.

Je crois que ce que les entrepreneurs veulent dire, c’est qu’il faut essayer. Je suis d’accord avec ça. La meilleure manière de ne pas échouer me semble d’essayer sans arrêt, d' »itérer » comme on dit. Accumuler les petits ratés pour éviter les gros échecs.

Et quand j’observe le parcours de Michel Lévy-provençal, je vois quelqu’un qui a toujours essayé. Certains essais ont réussi et d’autres ont raté. Mais j’ai l’impression que plus il essaie, plus il réussit.

3. Il faut s’accepter

Je lui ai demandé s’il s’était déjà senti hors des cases.

« Toujours ».

Les cases m’ont perturbé. Je voulais être comme les modèles que je voyais à la télé, dans les livres, sur internet. Je voulais être musicien, faire de la politique puis être un homme d’affaires. À San Francisco, je voulais être un meilleur ingénieur que les ingénieurs. Je voulais coder et monter le nouveau Facebook et devenir milliardaire.

Je voulais rentrer dans une case et y rester au chaud.

Mais à force de rencontrer ces modèles, je comprends que ce sont les représentations qui sont binaires. Chacun est un puzzle. Mais comme personne ne sait que les autres aussi sont un puzzle, personne ne se sent bien. Nouvelle École m’apprend à accepter le puzzle et à ne plus fantasmer les modèles.

Mais parfois, je veux quand même être un artiste. Je veux marcher le long du canal Saint-Martin à 11h00 du matin, m’arrêter dans un café hors de prix et écouter les gens qui ont un problème avec « la prod ». Je veux acheter un toast avec de l’avocat et faire semblant d’écrire sur mon carnet en prenant un air inspiré.

Je veux arrêter de réfléchir et prendre le temps de regarder le film de ma vie. Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Alors s’il arrête de pleuvoir, j’irai faire ça.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 Est-on dans un pays pessimiste ?
  • 08:00 Le chemin vers la passion
  • 17:00 « Ne pas être dans la bonne case, j’en ai fait une théorie »
  • 24:00 Comment ne pas être largué
  • 31:00 Son organisation, ses routines
  • 40:00 La prise de parole en public, savoir convaincre
  • 51 : Faut il donner son opinion ? Vaincre le syndrome de l’imposteur

Références : 

Michel Lévy-Provençal :

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#50 – Solange te parle : Ça paye d’être généreux

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Solange (de son vrai nom Ina Mihalache) est une comédienne québécoise installée en France. Depuis 6 ans, elle parle sur Youtube. 180 vidéos, 40 millions de vues, 2 livres et 1 un long métrage plus tard, elle vient parler sur Nouvelle École. Voici pourquoi je voulais absolument l’inviter :

1. Elle est drôle

J’ai lu qu’un enfant rit en moyenne 400 fois par jour. Un adulte, 15 fois.

Quand j’étais petit, je me bidonnais devant Ace Ventura et au moindre gros mot. Aujourd’hui, je sais souvent comment les sketchs vont finir. Je suis de moins en moins surpris.

Adrien Ménielle dit que c’est la surprise qui fait rire. Quand je regarde les vidéos de Solange (qui ne sont même pas des vidéos humoristiques),  je ne sais jamais ce qu’il va se passer. Je suis surpris, alors je ris.

(Aparté : Adrien Ménielle est l’homme le plus drôle d’Instagram, si vous ne le saviez pas encore.)

2. Elle est bienveillante

On me reproche d’être trop tendre avec les invités, de ne pas assez les gêner.

Mais il y a tout le reste d’internet pour ça. Les journalistes, Twitter, les commentaires Youtube…

Et il y a assez de négativité dans ma tête. Assez de mauvaises intentions que je combats. J’ai souvent envie de dire du mal des gens, je suis jaloux et il m’arrive de faire rire aux dépens des autres. Parce que c’est facile.

Mais la gentillesse et la bienveillance, c’est difficile. Ça demande du travail et j’ai une bonne marge de progression.

Je veux que Nouvelle École soit un îlot de bienveillance, d’autant que je ne suis pas aussi sympa dans la vraie vie. Le podcast m’oblige à faire des efforts. Je vous montre mon meilleur côté en espérant qu’il déteigne sur l’autre.

3. Elle produit en quantité

Petit résumé de ce que Solange a publié :

  • 180 vidéos vues 40 millions de fois
  • un long métrage (Solange et les vivants)
  • deux livres Solange te parle et Très intime

C’est ce qu’elle a publié. Elle a produit beaucoup plus.

Pour produire beaucoup, il faut se débarrasser du perfectionnisme. On ne peut pas faire 180 vidéos cultes. Mais on peut faire de son mieux à chaque fois et respecter la chance.

Faut y aller. Sur internet, ça paye d’être généreux.

La quantité d’abord et la qualité suivra. Enfin, j’espère.

4. Elle dit la vérité

« Je suis jalouse de Léa Seydoux. »
« Je suis une bobo ».
« Je me compare aux autres Youtubeurs ».
« Je suis narcissique ».

Solange dit la vérité. C’est rare et c’est pour ça que son travail résonne, qu’elle polarise. La vérité fonctionne.

Mais la vérité est encore plus difficile à dire qu’à entendre. Parfois, j’aide des gens à écrire des choses et ils me disent « Je veux que ça buzze ! ». Alors je leur dis « D’accord, quelles sont les choses que tu as peur de dire ? Commençons par là !».

Et ils me répondent « Non, je ne peux pas dire ça, c’est trop personnel. ».

Alors pas de buzz.

Tout a déjà été dit. La seule façon d’être original est d’essayer de dire la vérité. Je dis essayer, car c’est terrifiant et que je n’explore encore que 5% de la mienne. Mais j’ai toute la vie.

5. Elle se concentre sur le positif

Dans son long métrage « Solange et les vivants », une femme lui tient compagnie en lisant les journaux à voix haute. À un moment, elle s’arrête et demande à Solange : « Comment fais-tu pour te tenir informée si tu ne lis pas les journaux ? Si ça se trouve, la France a attaqué la Syrie ! »

Et Solange répond :

« Ça changerait quoi de le savoir ? On a juste peur. »

Avant, je lisais les informations tous les jours : Le Monde, le Wall Street Journal, The Economist, BFM TV. Je voulais être informé, il fallait être informé. Il y avait plein des gens qui criaient : « la guerre ! », « la bourse ! », « Obama ! ».

Et puis j’ai arrêté, pour essayer. Et je ne lis plus les informations. Après tout, qu’est-ce que j’y peux à la guerre en Syrie ?

Je veux me concentrer sur le positif. Il n’y a rien de positif dans les informations. Pour attirer l’attention, il faut faire peur, je n’invente rien. On ne lit jamais en première page « DEUX AMOUREUX RACONTENT LEUR PLUS BEAU SOUVENIR ».

Peut-être que j’achèterais ce journal.

Et les informations importantes arrivent quand même jusqu’à moi. Donald Trump a été élu, ça chauffe avec la Corée du Nord, les gens vivent moins bien qu’avant. Je laisse à mon grand père le soin de me raconter le monde quand on se voit. C’est toujours ça de partagé.

Au lieu de lire les informations, je me lève et je lis un livre. Ensuite, je regarde des vidéos de Solange pour préparer l’interview. On discute, puis je sors acheter un croissant et je vais marcher dans le parc en regardant les gens. J’amène ma soeur à la gare et je lui dis que je l’aime.

Dire je t’aime, c’est plus important que les informations. Je suis d’accord avec Solange là dessus.

Se retrouver dans l’épisode :

  • 02:00 « J’ai pas une tête que tout le monde aime. » Comment se protéger.
  • 11:00 « Tu perds de ta libido ». Comment trouver la satisfaction, comment évaluer son travail.
  • 17:00 « Apporter du réconfort » Pourquoi elle fait Solange, comment vivre quand on est Youtubeuse
  • 33:00 « Y’a pas mal d’humilité hypocrite ». Se connaitre, découvrir ses masques, accepter son narcissisme
  • 48:00 « Faut balancer ! » Comment elle crée, travailler le muscle de sa créativité

Références : 

Solange :

Le reste :

Des idées pour aider Solange à gagner sa vie sur internet ? Laissez les dans les commentaires !

 

#49 – Jean-Daniel Guyot : Ne pas réinventer la roue


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Jean-Daniel Guyot est le fondateur de Capitaine Train. En huit ans, lui et ses associés ont construit le meilleur service de vente de billets de train en ligne. En 2017, ils ont été acquis par leur principal concurrent : Trainline.

« Les gens me disent qu’ils aimeraient se lancer mais n’ont pas d’idée. Je leur dis : « Fais une boulangerie ». »

C’est un conseil que j’aurais aimé entendre. Je cherchais toujours des idées qui n’existaient pas. Pendant mes études, je remplissais des Lean Canva pour créer un service de suggestions de cadeaux de Noël. J’aurais mieux fait de monter un stand de limonade sur le campus. Tout le monde aime la limonade.

Chez Capitaine Train (puis Captain Train), ils n’ont pas réinventé la roue. Ils ont fait la même chose que Voyages SNCF – vendre des billets de train – en mieux.

Il y a une citation de Jeff Bezos dans laquelle il conseille aux entrepreneurs de se focaliser sur ce qui ne change pas. Les gens auront toujours besoin d’acheter du pain, d’utiliser les transports et je serai toujours en quête d’un bon coiffeur.

C’est peut-être moins ambitieux. Je ne sais pas. Jeff Bezos a créé Amazon, et Captain Train s’est vendu pour 200 millions d’Euros. Ces entreprises sont-elles des startups ? Est-ce vraiment important ?

[bctt tweet= »« Je n’ai jamais créé de startup. J’ai toujours créé des entreprises ». Jean-Daniel Guyot » username= »_nouvelleeecole »]

J’essaie de penser comme ça désormais. Ça m’aide à mesurer la distance qui me sépare de l’arrivée, à prendre en compte la quantité de travail requise et à ne plus fantasmer sur des succès éclairs. De toute façon, personne ne sait où est cette ligne d’arrivée ni comment la passer. Et personne ne nous donnera de note sur 20 à la fin.

Je voulais savoir ce que ça fait de devenir millionnaire du jour au lendemain, mais j’étais gêné de poser cette question. J’ai pris cette gène comme le signe qu’il fallait demander.

Quand j’étais ado, j’avais beaucoup de rêves de richesse foudroyante, de m’échapper en jet privé de mon village de Savoie et de poser mes fesses sur une plage pour jouer de la musique. Plus le temps passe, moins j’ai envie de ça. Comme Jean-Daniel Guyot, je veux surtout continuer à faire ce que j’aime. Si je gagnais au Loto aujourd’hui, je tomberais en dépression. Je n’ai pas encore construit mon Captain Train. J’aurais l’impression d’être déposé à la ligne d’arrivée sans avoir eu besoin de courir. Mais je ne sais pas encore apprécier l’arrivée. Alors je cours.

(Bonne année à tous. En 2018 on casse tout.)

Se retrouver dans l’épisode :

  • 01:00 : Présentations
  • 04:00 Rétablir l’égalité des chances en France
  • 11:30 Innover dans l’éducation : une tâche difficile
  • 27:20 Conseils entrepreneuriaux : ne pas réinventer la roue
  • 37:00 Ce qui le motive après avoir vendu Captain Train
  • 46:00 « Fais une boulangerie ! » Il n’y a pas de mauvaises idées
  • 57:00 Ce que devenir riche a changé a sa vie
  • 1:00:00 Les questions de la fin

Références : 

Livres :

#47 – Christophe Balestra : Commence par un truc simple

Écouter sur Apple/iTunes

Christophe Balestra a été coprésident de Naughty Dog pendant une dizaine d’années, jusqu’à son départ en 2017.

Entre 2007 et 2017, Naughty Dog a sorti une série de jeux cultes (Uncharted, The Last Of Us) vendus à des dizaines de millions d’exemplaires et qui ont établi le studio comme la référence des années 2010.

Je voulais savoir comment on crée un classique. Je lui ai demandé pourquoi leurs jeux étaient meilleurs, comment ils prenaient leurs décisions :

« On se demande toujours : est-ce que ça améliore le jeu ? »

Tous les détails sont importants quand on veut sortir un chef d’oeuvre. Rien n’est insignifiant. La différence entre un projet qu’on oublie et un classique, c’est le degré d’attention qui a été portée à chaque détail.

C’est la raison pour laquelle j’écris sur un Macbook et non sur un autre ordinateur.

C’est la raison pour laquelle The Last of Us est le dernier jeu vidéo que j’aie bingé.

Et c’est le référentiel que je veux avoir en tête quand je fais Nouvelle École ou les autres projets. Quand j’ai la flemme, j’essaie de me rappeler que rien n’est insignifiant, que tout est important, que c’est comme ça qu’on finit par produire des choses qui comptent.

En anglais, ils disent « how you do anything is how you do everything ».

Se retrouver dans l’épisode :

– 05:00 Être dans le moment présent : ses débuts dans la programmation
– 11:00 Comment trouver sa place dans le monde
– 22:00 Entreprendre ou rejoindre une entreprise existante ? Ses débuts chez Naughty Dog
– 42:00 Comment sortir des jeux cultes : la philosophie de Naughty Dog
– 52:00 Sa vie après Naughty Dog, les questions de la fin

Références : 

Livres :

  • Bird By Bird, le livre d’écriture dont je parle (La quantité s’occupe de la qualité)
  • The 80/20 Principle (pourquoi 20% du travail crée 80% du résultat)
  • Naughty Dog dont on mentionne les jeux cultes Uncharted, The Last Of Us, Crash Bandicoot, Jak & Daxter
  • Limbo, le jeu en noir et blanc dont parle Christophe
  • Christophe sur Twitter et Instagram
  • Obstri, son projet autour du triathlon